Marseille: McDonald's offre de reprendre le McDo Saint-Barthélémy en supprimant 4 postes, les salariés s'y opposent

A Marseille, Mohamed Abbassi a déjà repris 5 des 6 McDo de l'ancien franchisé Brochiero. / © Ghislaine Millet Bouquet France 3 Provence Alpes
A Marseille, Mohamed Abbassi a déjà repris 5 des 6 McDo de l'ancien franchisé Brochiero. / © Ghislaine Millet Bouquet France 3 Provence Alpes

Lors de la table ronde mercredi en préfecture ç Marseille, le franchisé Mohamed Abbassi a fait une offre pour reprendre le McDo de Saint-Barthélémy (14e). Les salariés refusent l'offre qui prévoit la suppression de quatre postes de direction du restaurant.

Par avec AFP

Mohamed Abbasi a proposé mercredi reprendre le restaurant de Saint-Barthélémy, dans les quartiers nord de Marseille, initialement promis à devenir un halal asiatique. Mais cette offre sous conditions faite lors d'une table ronde à la Préfecture a été rejetée par les salariés du restaurant concerné.
 

Feuilleton marseillais


Ce McDo de Saint-Barthélémy fait partie des six restaurants McDonald's de Marseille et ses environs que l'ancien franchisé, Jean-Pierre Borchiero, voulait céder. Cinq d'entre eux sont passés sous la direction d'un nouveau franchisé, Mohamed Abbassi, déjà à la tête de 8 restaurants du géant américain du fast-food. Celui de "Saint-Barth", avec ses 77 salariés, devait devenir une enseigne halal asiatique, avec la société Hali Food. Mais le 8 septembre, le juge des référés du Tribunal de grande instance de Marseille a rejeté la cession à Hali Food, soulignant notamment l'"insuffisance grossière et manifeste de moyens humains, financiers et matériels" du repreneur.

Mercredi matin, une table ronde à la Préfecture a réuni autour de la Préfète déléguée pour l'Égalité des chances, Marie-Emmanuelle Assidon, et du délégué interministériel aux Restructurations d'entreprises, Jean-Pierre Floris, les délégués du personnel et M. Abbassi. Ce dernier a annoncé sa volonté de reprendre également le restaurant de Saint-Barthélémy.

Il pose comme condition la suppression de quatre postes de direction du restaurant, soit selon lui "une économie de 400.000 euros par an sur la masse salariale, soit autant que la suppression de 30 postes de salariés de base". La seule solution pour lui pour rendre viable une enseigne qui va perdre cette année "entre 600 et 700.000 euros".
 

Rejet des salariés


Hors de question d'accepter cette proposition bidon et irrecevable", a réagi Kamel Guemari, directeur-adjoint à Saint-Barthélémy et délégué du personnel FO. "M. Guemari n'est pas à vendre et n'est pas disposé à négocier son départ", a
ajouté Me Ralph Blindauer, l'avocat du CE des six restaurants cédés, rappelant qu'une audience sur le fond est prévue le 18 octobre au TGI de Marseille, sur leur demande d'annulation de l'ensemble de ce projet de cession.

Me Blindauer a précisé que les salariés des cinq autres restaurants cédés s'opposaient par ailleurs au projet de reprise actuel, car leur intégration à l'Union économique et sociale (UES) regroupant les restaurants de M. Abbassi signifierait pour eux
la perte de nombreux droits acquis, comme le 13e mois acquis au bout de 12 mois et non 24 mois et la mutuelle prise en charge à 95%.
 

" Hémorragie financière chronique"


"Pour nous ce n'est pas négociable", a insisté Me Blindauer, demandant que les six restaurants cédés restent dans une UES distincte, celle sous laquelle ils sont actuellement regroupés.     Dans un communiqué à l'issue de la table ronde, la Préfecture des Bouches-du-Rhône a salué "un dialogue constructif", "dans un climat de respect mutuel", demandant
à ce que "les discussions reprennent au sein de chaque société pour travailler sur les propositions présentées, dans le respect des obligations de consultation des organisations réprésentatives du personnel".

 Sébastien Bordas, vice-président de McDonald's France en charge des régions du Sud, a salué "la main tendue" de M. Abbassi, "sa proposition courageuse": "Il faut poser un regard réaliste sur l'équilibre économique du restaurant de Saint-Barthélémy, en hémorragie financière chronique".

Reportage Pauline Guigou et Ghislaine Millet Bouquet ; 



    

Sur le même sujet

Les + Lus