VIDEO. La découverte de milliers d'abeilles mortes à Marseille soulève des questions

Des milliers d'abeilles ont été découvertes mortes samedi 25 février dans le quartier de Pastré, au sud de Marseille.

Des cadavres de milliers d'abeilles jonchant le sol, près du parc Pastré au sud de Marseille, c'est la macabre découverte faite par Cleanmycalanque le samedi 25 février. La vidéo postée le dimanche 26 février sur le compte Instagram de l'association a touché plus de 2 600 internautes. Comment expliquer une telle hécatombe ? Réchauffement climatique ? 5G ? Pesticide ? Chacun a sa conviction. 

 

Gérard Jourdan, apiculteur à Auriol qui a aussi des ruches près de ce secteur à Marseille, dans le quartier de Sainte-Marguerite, confirme qu'il est exceptionnel de voir des abeilles mourir par milliers d'un coup.

Les abeilles ça ne craint pas le froid, du moment qu'elles ont des provisions.

Gérard Jourdan, apiculteur

Le spécialiste élimine d'emblée le froid : "Vous avez des abeilles en montagne à l'Alpes d'Huez, l'hiver on devine les ruches sous la neige, les abeilles ça ne craint pas le froid, du moment qu'elles ont des provisions."

Mais dans le cas de cette brutale mortalité à Marseille, les abeilles n'étaient pas dans une ruche, pas même à proximité. "On les a vues dans une ruelle, près du garage de l'association, elles étaient près d'un buisson", raconte Céline Albinet, responsable de la communication de Cleanmycalanques.

Le réchauffement climatique ?

Il n'exclut pas un lien avec le redoux dû au réchauffement climatique, qui pourrait expliquer la mort prématurée des vieilles abeilles d'hiver. "Comme ça faisait trois ou quatre semaines qu'il faisait assez bon, les colonies étaient reparties en ponte depuis un mois et demi. Si la reine se remet à pondre au 1er janvier, 21 jours plus tard les butineuses vont naître et comme ça chaque jour... quand elles atteignent 10, 15 ou 30 jours...  les vieilles de la ruche qui ont passé octobre, novembre, décembre dans la ruche vont mourir." Mais elles ne meurent pas toutes le même jour, et encore moins au même endroit ! Donc, pour lui, la piste ne tient pas. Pas plus que la mort des mâles qui intervient aussi en nombre, quand ils deviennent inutiles après la fécondation et qu'ils sont chassés de la ruche. Mais cela se produit au mois de mai, juin, jamais en hiver.

"Comme ça faisait trois ou quatre semaines qu'il faisait assez bon, les colonies étaient reparties en ponte depuis un mois et demi."

Céline Albinet, Cleanmycalanques

Procédant par élimination, l'apiculteur estime que l'hypothèse la plus probable reste une intoxication, par pesticide ou insecticide. C'est déjà arrivé à l'un de ses ruchers. "Ils étaient passés la nuit avec un hélico pour la démoustication, mais c'était en juin, c'est pas la saison." Depuis 2018, la France sous la pression de lUnion européenne a interdit les néonicotinoïdes, pesticides tueurs d'abeille sauf pour les producteurs de betteraves qui ont eu une dérogation.

Gérard Jourdan n'a pas encore été vérifier ses ruchers marseillais. Il rappelle qu'une abeille peut parcourir 3 km. "C'est peut-être les miennes qui sont venues mourir là, mais alors pourquoi ?"

Cleanmycalanques a envoyé 30 de ces abeilles mortes à des spécialistes pour tenter d'avoir une explication. A l'occasion de cette triste actualité, l'association rappelle que les abeilles sont les gardiennes de la biodiversité et que leur extinction est une menace pour la vie sur terre.