Municipales à Marseille : cette main tendue du RN Stéphane Ravier que la droite semble refuser

Les rebondissements n'en finissent plus à la veille du troisième tour des municipales à Marseille. Qui sera le nouveau maire de la ville. Le suspens est à son comble. Chaque épisode redistribue les cartes. Au point que le comptage des voix devient un véritable casse-tête.

Stéphane Ravier (RN) tend une main à la droite qui semble refuser.
Stéphane Ravier (RN) tend une main à la droite qui semble refuser. © Antoine Tomaselli / MaxPPP
Devant une droite qui se déchire, le Rassemblement national de Stéphane Ravier à Marseille a appelé jeudi soir à un pacte marseillais avec la droite. 

Stéphane Ravier a réagit au retrait de Martine Vassal et à la candidature de Guy Tessier. 

Pour le candidat du Rassemblement national, qui a perdu sa mairie des 13 et 14e arrondissements de Marseille dimanche soir, "prends acte du retrait de Martine Vassal, héritière du bilan de Jean-Claude Gaudin, ce qui tourne définitivement une page peu glorieuse de notre histoire". 

Face à des programmes qui "ne représentent pas un espoir pour notre ville", le sénateur RN propose de fédérer autour d'un pacte anti-Printemps Marseillais.
 

"J'appelle à la formation d'un "Pacte Marseillais" nécessaire pour que l'extrême-gauche la plus sectaire ne s'abatte pas sur notre ville. Ce pacte peut rassembler des hommes et des femmes de bonne volonté, débarrassés de toute idéologie et d'esprit sectaire, au service de notre ville".

Changement d'attitude pour Stéphane Ravier, lui qui au lendemain de sa défaite, expliquait vouloir se présenter comme maire de Marseille et refuser de soutenir "ceux qui ont fait couler Marseille".

"La consigne, c'est de ne pas sombrer, ne pas soutenir ceux qui ont coulé cette ville et ceux qui veulent la tuer (...). Ces deux faces de la même médaille, que ce soit côté face ou côté pile, c'est la médaille de l'échec, de la ruine", disait-il à l'adresse du LR.  

La droite refuse

"Jamais il n’y aura d’alliance avec le Front National, Jamais!", a réagi Martine Vassal.

Pour la désormais ex candidate à la mairie de Marseille, les positions idéologiques du Rassemblement national et "les valeurs de la droite républicaine et du centre ne sont pas compatibles avec les siennes et celles de son parti qui ne savent qu’incarner la haine et l’exclusion."

"Les déclarations de Stéphane Ravier sur la possibilité d’un “pacte marseillais” sont une nouvelle illustration de l’état d’esprit et de l’indécence de cet élu d’extrême-droite, qui flirte toujours entre irresponsabilité et provocation".

Un journée à rebondissements

La journée de ce jeudi a d'abord été marqué par le retrait de la candidate LR Martine Vassal au profit de Guy Tessier, député des Bouches-du-Rhône, ancien maire des 9 et 10e arrondissement de Marseille, jugé par la droite unie comme le candidat du rassemblement et du consensus.

Une décision qui va dans le sens de ce qu'avait souhaité le divers droite Bruno Gilles, candidat dissident LR, qui dispose de trois sièges au conseil municipal à mettre dans la balance.

Il avait annoncé ne pas donné ses trois voix de réserve si Martine Vassal restit candidate, ne la jugeant plus crédible après la défaite dans son secteur, la perte du fief historique de la droite des 6 et 8e arrondissement de Marseille.

Mais c'était sans compter sur son dauphin, Lionel Royer-Perreaut qui avait hérité de la mairie, lorsque Guy Tessier avait préférée garder son siège de député lors de la loi de non cumul des mandats.

Coups de théatre à droite

Lionel Royer-Perreaut (LR), qui en étant réélu haut la main dans les 9 et 10e arrondissements de Marseille, peut proposer 11 voix au conseil municipal. Voix que la droite avait comptabilisé dans son escarcelle.

Mais Lionel Royer-Perreaut en fin de journée a fait savoir qu'il ne souhaitait pas donner ses voix à son ancien mentor, mais plutôt postuler lui-même au fauteuil de maire de Marseille. La droite est à nouveau divisée.

Rapprochement à gauche

Samlia Ghali et Michèle Rubirola se sont rencontrées jeudi. Alliance, promesses, distribution de postes... Les deux femmes fortes du paysage marseillais ont-elles réussi à tomber d'accord dans ces tractations ?

La sénatrice ex-PS Samia Ghali, dont les voix sont capitales a déclaré à l'AFP avoir demandé à être sa première adjointe"Cette demande me paraît légitime. D'abord parce qu'au-delà des valeurs que nous partageons, je suis celle qui peut lui permettre samedi d'être effectivement maire de Marseille", a-t-elle déclaré.

La sénatrice des Bouches-du-Rhône souhaiterait aussi faire peser dans la balance une prolongation du métro jusque dans la quartiers Nord. Des quartiers, a-t-elle martelé depuis sa réelection dimanche, qui comptent à présent. "Marseille ne pourra plus se faire sans les quartiers Nord".

Samia Ghali aurait aussi en ligne de mire les prochaines sénatoriales de septembre. Va-t-elle tenter de se faire élire de nouveau ou pas ? La proposition pourrait alors venir de la droite. Affaire à suivre...
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