Numerus clausus, tarifs, sectorisation régionale... on vous explique pourquoi les chauffeurs VTC en colère manifesteront le lundi 8 janvier

Les chauffeurs de VTC marseillais répondront à la journée de mobilisation nationale de leur profession, le lundi 8 janvier, en organisant une opération escargot vers l’aéroport Marseille Provence. Des difficultés de circulation sont à prévoir dès 7 h 00 sur l'autoroute A7.

Ils ne répondront pas aux demandes des clients des plateformes Uber et Bolt ce lundi 8 janvier. Et si vous devez vous rendre à l'aéroport Marseille Provence, demain, prenez vos précautions. Les chauffeurs de VTC marseillais descendent dans la rue pour exprimer leur mécontentement.

Dès 7 h 00, ils se rassembleront dans le secteur de la cathédrale de la Major pour mener une opération escargot depuis le boulevard des Dames. Les organisateurs attendent 300 voitures de Marseille, Toulon et Montpellier. Le cortège prendra la direction de l'aéroport Marseille Provence, à Marignane. La circulation risque d'être très difficile dans ce secteur toute la matinée.

Les revendications sont à la fois nationales et locales. France 3 Provence Alpes vous explique pourquoi les chauffeurs de VTC manifesteront demain dans toute la France. 

Ils ne veulent pas que leur nombre double en 2024

Les VTC marseillais réclament l'instauration d'un numerus clausus pour limiter l'installation de nouveaux chauffeurs sur le secteur. Depuis qu'Uber s'est implanté à Marseille, les chauffeurs de VTC ont régulièrement augmenté. Ils sont aujourd'hui environ 5 000 à travailler pour les plateformes, selon Haouri Benali, président de l'association des VTC marseillais.

Mais une nouvelle règlementation est entrée en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier, qui va multiplier par deux ou trois le nombre de VTC dans la ville en 2024. "On ne comprend pas pourquoi la chambre des métiers a multiplié par quatre le nombre de places d'examen de chauffeur VTC, c'est énorme", a expliqué Haouri Benali à France 3 Provence-Alpes. De 200 candidats par trimestre, il est passé à 800 pour la ville de Marseille.

On va doubler le nombre de chauffeurs sur la ville d'ici à la fin de l'année, alors que l'activité n'a pas repris depuis le Covid.

Haouri Benali, président de l'association des VTC marseillais

France 3 Provence Alpes

Le porte-parole s'inquiète déjà de voir "débarquer" dans sa ville un grand nombre de concurrents de villes voisines au moment des épreuves de voile des Jeux olympiques l'été prochain. 

Ils s'opposent aux accords signés sur le tarif kilométrique 

Les VTC marseillais dénoncent les accords conclus sous l'égide de l'Autorité des relations sociales avec les plateformes d'emploi (ARPE) pour améliorer la rémunération des chauffeurs. "Ces accords ont été signés en décembre sans avoir consulté les chauffeurs concernés pour faire plaisir à Uber", dénonce Haouri Benali.

L'un des accords instaure notamment un revenu minimum de 30 euros par heure d'activité et de 1 euro par kilomètre parcouru pour les chauffeurs. Ce dernier point suscite la grogne des Marseillais. "Si on reste une heure dans un bouchon, on sera perdant, parce que l'accord ne prévoit que le tarif kilométrique", conteste le représentant marseillais, soulignant que "Marseille est la ville la plus embouteillée de France".

Ils sont pour "une sectorisation régionale" avant les JO de Marseille 

"L'activité à Marseille est saisonnière, l'hiver, on galère, il n'y a pas de touristes, affirme Haouri Benali, on travaille généralement surtout l'été". Et selon lui, pendant la saison estivale, les chauffeurs d'autres villes, comme Lyon et Paris, viennent faire concurrence aux VTC locaux. "Si on ne travaille pas l'été alors que déjà qu'on ne travaille pas l'hiver, on va mettre la clé sous la porte". D'où la demande d'une sectorisation régionale qui imposerait que "chaque chauffeur devrait travailler dans sa région, celle de son siège social, avec les plateformes numériques". 

Pour porter cette revendication régionale, les VTC du sud-est vont unir leurs forces. "On va manifester toutes les semaines à partir de début février, à Marseille, Toulon et Nice, tant qu'il n'y a pas de réelles solutions, annonce Haouri Benali. Et ils n'excluent pas de perturber les JO à Marseille pour se faire entendre.