Guerre entre Israël et le Hamas : on vous explique pourquoi les magasins Carrefour sont visés par une campagne de boycott

Depuis plusieurs mois, l'enseigne de grande distribution est ciblée par un mouvement de boycott. Par ses activités en Israël, Carrefour est accusé de complicité avec l'armée israélienne. La guerre en cours à Gaza a fait plus de 20 000 morts, principalement des civils, selon le Hamas.

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Le conflit entre Israël et le Hamas s'invite dans les rayons des centres commerciaux. Drapeaux palestiniens brandis et tracts à la main, les militants de BDS Provence (Boycott désinvestissement et sanctions), manifestent chaque week-end devant les magasins Carrefour de la région. Leur mot d'ordre : "Boycott, désinvestissement et sanctions". Ils étaient présents ces dernières semaines dans les plus grands supermarchés de l'enseigne, à Grand Littoral et au Merlan à Marseille. Mais aussi devant des magasins de proximité, comme dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai, au centre-ville de Marseille début janvier.

Ils tentent de convaincre les consommateurs de ne plus faire leurs achats dans les magasins de l'enseigne, qu'ils jugent "complices" du bombardement des civils à Gaza. On vous explique pourquoi.

Des produits Carrefour offerts aux soldats israéliens

Des soldats de Tsahal qui posent, tout sourire, autour de sacs remplis de produits Carrefour. La photo, est postée sur les réseaux sociaux de Carrefour Israël en octobre dernier. Dans un autre post, l'enseigne affirme faire "don de milliers d'envois personnels aux soldats, et ce n'est que le début..."

Ces posts, supprimés depuis, ont provoqué l'indignation des défenseurs de la cause palestinienne. 

Pour BDS France, ce soutien aux soldats revient à soutenir les actions de Tsahal, l'armée israélienne, et donc les bombardements de civils. Cette distribution de denrées Carrefour a donné de la visibilité et un second souffle à une campagne de Boycott lancée en décembre 2022.

Carrefour présent dans les colonies israéliennes

Les activistes de BDS dénoncent en effet la présence de magasins carrefour dans les colonies israéliennes. Des territoires occupés de façon illégale par les Israéliens, au mépris du droit international, comme l'a rappelé en septembre dernier Tron Wennesland, le coordonnateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient. 

Carrefour a pu s'implanter en Israël grâce à un partenariat avec la firme israélienne Electra Consumer Products et sa filiale, les magasins Yenot Bitan. Ce groupe fait partie d'une liste de 112 entreprises pointées par l'ONU en 2020 qui favorisent la colonisation, et bénéficient des retombées économiques associées.

Pour l'ONG Amnesty international, l'installation de civils dans des territoires occupés s'apparente à un "crime de guerre"... dont Carrefour serait "complice" selon les militants de BDS.

De son côté, le groupe Carrefour tient à apporter une précision concernant ses activités commerciales.

"Le Groupe Carrefour n’exerce aucune activité directement en Israël et n’a aucune participation capitalistique dans notre partenaire franchisé Yenot Bitan. Le contrat de franchise est limité au territoire d'Israël et exclut la présence de tout magasin à l’enseigne Carrefour dans les territoires occupés. Aucun magasin Carrefour n’est présent dans les territoires occupés". 

D'autres marques visées par le boycott

Carrefour n'est pas la seule enseigne ciblée par le boycott. L'équipementier Puma est également taxé de "complicité" avec l'occupation et la colonisation de territoires palestiniens. La marque a récemment annoncé se retirer de son partenariat avec l'équipe nationale de foot d'Israël. Une décision qui aurait été prise avant le déclenchement du conflit, selon l'entreprise.

Les restaurants Mc Donald's ont été pointés sur les réseaux sociaux pour avoir distribué des repas gratuits à des soldats de l'armée israélienne. En novembre dernier, des militants ont répandu de la peinture rouge sur le sol d'un point de vente de l'enseigne à Lausanne, en Suisse.

McDonald's ne fait cependant pas partie de la liste des entreprises dont BDS appelle le boycott. Sur son site internet, l'organisation dit "se concentrer sur un nombre relativement restreint d'entreprises", pour que la contestation ait un maximum d'impact.