Pénurie de carburant : Sud Santé 13 veut activer le plan blanc dans les hôpitaux des Bouches-du-Rhône, "On est face à une rupture dans le soin"

La pénurie de carburant pénalise l'activité des personnels soignants, qui n'ont pas de priorité aux stations-services. Le syndicat Sud Santé 13 demande l'activation du plan blanc dans tous les hôpitaux des Bouches-du-Rhône.

"On est face à un risque sanitaire élevé". Alors que la pénurie d'essence s'aggrave en France, le syndicat Sud Santé 13 tire la sonnette d'alarme. De nombreux soignants n'ont plus d'essence et n'ont pas pu se rendre au travail avec leur voiture ce lundi matin. 

Jeudi dernier, le syndicat avait adressé une lettre au directeur général de l'ARS Paca et au préfet de région pour demander que soit accordée aux soignants une priorité pour se fournir en essence. Aucune réponse ne leur est parvenue depuis. 

Face à l'urgence de la situation, et alors que toutes les stations ou presque sont à sec dans le département, le syndicat interpelle ce lundi le directeur général de l'ARS pour demander l'activation du plan blanc dans tous les hôpitaux du département. 

"Nous demandons également la mise en place du télétravail dans les hôpitaux pour tout le personnel qui le peut, et pour ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail, des navettes qui viennent les récupérer à domicile", ajoute Kader Benayed, secrétaire départemental adjoint du syndicat Sud Santé des Bouches-du-Rhône.

Cela concerne les soignants, les aides-soignants, les infirmiers, les médecins mais aussi les étudiants internes. 

"On est des fonctionnaires. Que se passe-t-il si je termine à 20h, et que la personne qui doit prendre la relève ne peut pas venir car elle n'a plus d'essence ? Je ne peux pas partir car sinon cela est considérer comme un abandon de poste", ajoute le syndicaliste. 

La plan blanc permet de mobiliser des moyens et humains et matériels supplémentaires. Il permet également d'adapter l’activité médicale de l’établissement en situation de crise.

Co-voiturage et RTT

Face à la pénurie d'essence, une des solutions pourrait être les transports en commun. Mais cela se complique pour les personnels qui habitent trop loin. "On le voit depuis le Covid, les soignants habitent de plus en plus loin, notamment par rapport aux prix de l’immobilier qui flambent. Ils se trouvent entre 60 et 80km de leur lieu de travail", explique Kader Benayed.

Marseille est mal desservie, il manque des correspondances et les horaires ne correspondent pas avec les horaires de nos métiers.

Kader Benayed, secrétaire départemental adjoint du syndicat Sud Santé des Bouches-du-Rhône

La flotte hospitalière fonctionne avec des cartes Total. Or, la loi pour la transition énergétique de 2015 imposait un quota de véhicules électriques. "Dans les hôpitaux du département, on frôle le 0%. C’est scandaleux."

Ce lundi matin, certains soignants se sont organisés par solidarité pour venir chercher leurs collègues sans essence. D'autres ont pu poser des jours de RTT. "La situation risque de s'aggraver. Le risque sanitaire est élevé, alerte l'agent hospitalier. Je travaille en psychiatrie, il y a beaucoup de visites à domicile. Ce n'est plus possible sans essence. On est face à une rupture dans le soin". 

Sans compter les repas et le linge destinés aux hôpitaux de l'assistance publique. "Les poids lourds qui doivent les acheminer depuis la plateforme logistique dans le 15e arrondissement n'ont plus de gasoil". 

"Que fait l'état pour la santé ?"

Le syndicat met en cause "le silence du gouvernement". "On demande à ce que les stocks stratégiques soient déployés", martèle le syndicat. "La grève chez TotalEnergies et Esso, ce n'est pas le problème. Mais que fait l'état pour la santé ?"

En attendant, le téléphone de Kader Benayed continue de sonner. Des soignants qui n'ont plus d'essence et qui cherchent une solution pour venir à l'hôpital. 

Six stations pour la flotte de l'AP-HM

Lundi après-midi, l'AP-HM a fait savoir aux employés via un communiqué que la flotte de véhicules ont accès à six stations référencées par la Préfecture "pour assurer leur approvisionnement". 

"Une première avancée, répond Kader. Mais ce n'est pas suffisant. Avoir des véhicules de service, c'est bien, mais s'il n'y a pas d'employés dedans cela ne sert à rien." Reste à résoudre ce problème : comment les employés parviennent à leur lieu de travail. 

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