Pharaons Superstars : à Marseille, la nouvelle exposition du Mucem fait briller les rois et reines d'Egypte

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Écrit par Pauline Guigou

Toutankhamon, Néfertiti, Ramsès II, Cléopâtre ... Pourquoi certains pharaons ont traversé l'histoire, et d'autres sont tombés dans l'oubli ? L'exposition Pharaons Superstars du Mucem à Marseille, questionne le pouvoir de la représentation de ces rois et reines, qui fascinent encore aujourd'hui.

Qui se souvient d'Ahmosis, de Téti ? Ou encore Sésostris, Nectanébo ? Des noms aussi imprononçables qu'inconnus du grand public. 

Pourtant, Ahmosis est ce roi qui a réunifié l'Egypte au 16ème siècle avant notre ère. Dans le pays colonisé au début du 20ème siècle, ses faits d'armes étaient glorifiés. 

Nectanébo lui, est considéré au Moyen-Age, comme le père d'Alexandre le Grand. Une légende racontée dans de nombreux manuscrits. 

De cette histoire, il ne reste dans la mémoire collective que quelques traces… Mais Cléopâtre, Ramsès, Khéops, ou encore Toutankhamon, continuent de faire rêver les petits, fasciner les plus grands.

Toutankhamon, fils d'Akhenaton et Néfertiti pourtant, le roi maudit, a été banni lorsqu'il est monté sur le trône. "Les Égyptiens du 14ème siècle avant notre ère, ont voulu bannir sa mémoire. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont raté leur coup", explique Guillemette Andreu-Lanoë, l'une des commissaires de l'exposition : Toutankhamon, est devenu lui aussi, un Pharaon Superstar !

5000 ans d'histoire sur la notoriété posthume des pharaons

Qu'ont-ils fait pour bénéficier de cette notoriété posthume ? C'est à cette question qu'ont tenté de répondre les commissaires de l'exposition Pharaons Superstars, qui se tient au Mucem de Marseille jusqu'au 17 octobre 2022.  

"L’idée est née d’un constat. Dans les collections du Mucem, il y avait de nombreux objets du 18ème au 20ème siècle, où figuraient des noms de rois et reines d’Égypte. Pourquoi de nos jours a-t-on tant d’images de Néfertiti ou Ramsès ?", explique Frédéric Mougenot. Il est le commissaire général de l'exposition.  

"Lorsqu'on a découvert la tombe de Toutankhamon il y a cent ans dans la vallée des Rois, elle était pratiquement intacte, inviolée", raconte Guillemette Andreu-Lanoë. "On y a découvert des monceaux d’or et de beauté, qui montrent à quel point l’époque de Toutankhamon, au 14ème siècle avant notre ère, était une époque extrêmement fructueuse et prolifique de chefs d’œuvres", ajoute-t-elle. 

Ces artefacts ont largement contribué à la fascination du pharaon. "Le pharaon est un monarque absolu, au pouvoir théoriquement illimité, et donc le maître des richesses", complète Frédéric Mougenot. Cela contribue à nous le rendre fascinant, un peu terrifiant à la fois". 

L'Egyptomanie commerciale, où le règne des pharaons dans la publicité

Dans les années 60, les Pharaons Superstars entrent au Panthéon du cinéma hollywoodien. Et dans la société de consommation naissante, iels deviennent des icônes de la publicité. 

Pour vendre des savons, des dessous féminins, et même du faux plafond ! L'image de Nefertiti ou Cléopâtre est largement utilisée des années 20 aux années 90 : "ce sont des icônes de beauté, utilisées pour s'adresser à un public féminin", relate Frédéric Mougenot. 

Une beauté qui dure, comme la civilisation égyptienne. 

Cette image inspire aussi les artistes. Beyoncé par exemple, utilise le buste de Nefertiti sur ses produits dérivés, comme symbole du "féminisme afro-américain". 

Des étoiles "impérissables"

Les Egyptiens, et surtout les pharaons de l'Antiquité, avaient un objectif après leur mort : "rejoindre les étoiles qui ne s'éteignent jamais dans le ciel", conclut Frédéric Mougenot. 

En bref, que leurs noms soient toujours prononcés, au-delà des civilisations, et atteindre ainsi l'immortalité. C'est chose réussie pour nos Pharaons Superstars. 

Pour les amateurs, l'Hôtel départemental des expositions du Var (HDE Var) de Draguignan invite cet été des momies d'Egypte ! Partez sur "les chemins de l’éternité".