Réforme des retraites : les syndicats se mobilisent à Marseille contre le 49-3 annoncé par Édouard Philippe

Près de 400 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Marseille. / © Pauline Guigou / FTV
Près de 400 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Marseille. / © Pauline Guigou / FTV

Des militants se sont mobilisés spontanément hier, samedi 29 février au soir, devant la préfecture de Marseille, suite à l'annonce du premier ministre, Édouard Philippe de l'utilisation du 49-3 pour la réforme des retraites. Les syndicats appellent à une nouvelle manifestation ce lundi 2 mars.

Par Nesrine Slaoui

L'appel a été lancé sur les réseaux sociaux par des militants et il s'est relayé rapidement de bouche à oreille... Ils étaient des dizaines hier soir place Félix Baret, à Marseille devant la préfecture, mobilisés contre le 49-3 dès 18h.

C'est un coup de force alors qu'il y a de nombreux points fondamentaux qui sont encore flous concernant le passage au système universel et la valeur du point, par exemple.

Laurent Tramoni, secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille, s'est joint à la foule vers 21h parmi d'autres syndicalistes du FSU, de la CGT et de plusieurs gilets jaunes. 

Le 49-3 contre "l'obstruction de l'opposition"

Des militants indignés face à l'annonce d'Édouard Philippe, ce samedi 29 février en fin de journée, du recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites.

Cet article de la Constitution permet au Premier ministre d'engager sa responsabilité sur un texte de loi et de le faire adopter sans vote du Parlement.

Interrogé dans le JT de TF1 hier soir, le chef du gouvernement a pointé du doigt l'opposition pour justifier cette décision.

Pendant 9h on a discuté uniquement du nom de la loi (...). C'est une logique d'obstruction assumée par Jean-Luc Mélenchon.

La France insoumise est effectivement à l'origine de plus de la moité des 40 000 amendements du texte de loi débattu à l'Assemblée depuis le 17 février. 

Laurent Tramoni reconnaît que "l'opposition a fait en sorte de ralentir le processus"  mais affirme qu'elle réclame en réalité  "un débat de fond et des réponses aux questions".

On est sur un sujet de société qui nous engage sur plusieurs décennies et le gouvernement refuse de prendre le temps.

"Une petite manoeuvre qui ne trompe personne"

Défendu par plusieurs députés LREM, la rumeur du recours au 49.3 arpentait les couloirs de l'Assemblée depuis plusieurs jours. Ce qui a donc surpris les militants est davantage le contexte de l'annonce.

Ils ont trouvé une opportunité en lien avec le Coronavirus en l'annonçant un samedi en fin d'après-midi alors qu'il n'y avait pas urgence à ce moment-là.

Le ministre de la Santé a en effet émis, plus tôt dans la journée, de nouvelles mesures contre l'épidémie. Les événements réunissant plus de 5 000 personnes dans les lieux confinés sont interdits : la Foire de Nice est, par exemple, annulée.

"Une petite manoeuvre qui ne trompe personne" indique le syndicaliste. Et les révoltés comme lui sont nombreux. Sur Twitter, le #49al3 compte plus de 60 000 tweets ce dimanche matin.

Demain, lundi 2 mars, des rassemblements sont prévus un peu partout en France. À Marseille, l'intersyndical se réunira une nouvelle fois, dès 18h, devant la Préfecture. Les syndicats des enseignants (FSU), des avocats, des étudiants (UNEF, FSE) ainsi que FO, Solidaires et la CGT seront présents.
Une mobilisation est aussi prévue le 5 mars depuis la Porte d'Aix à Marseille. Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les manifestations seront dirigées contre les inégalités de genre que provoquerait cette loi.

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