Trafic de drogue, loi immigration...Ce qu'il faut retenir du déplacement de Gérald Darmanin à Marseille

Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, était en visite, ce mercredi 3 janvier à Marseille. Il a annoncé vouloir renforcer sa stratégie de sécurité, en luttant notamment contre les trafics de stupéfiants. Il était l'invité du journal de France 3 Provence-Alpes à 19h.

En déplacement à Marseille ce mercredi 3 janvier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin était l’invité de notre journal télévisé ICI 19/20.

Alors que Marseille est le théâtre de nombreuses fusillades, en lien avec les trafics de stupéfiants, Gérald Darmanin est venu inaugurer la CRS 81, unité d’élite spécialisée dans les violences urbaines, dans le 13e arrondissement de la ville. Il a également annoncé plusieurs mesures visant à endiguer le trafic de drogues.

Bilan de l'année 2023

Alors que le bilan est lourd dans la cité phocéenne avec 49 morts comptabilisés en lien avec le trafic de stupéfiants, le ministre de l'Intérieur affirme que "2 800 trafiquants de drogues" ont été interpellés dans tout le département des Bouches-du-Rhône en 2023. 

Il précise par ailleurs, la "fin des deux bandes rivales", la DZ Mafia et Yoda. Selon lui, il n'y a plus de trafic de drogues aujourd'hui dans la cité de La Paternelle, dans le 14e arrondissement de Marseille. Le trafic continue toutefois dans d'autres quartiers, comme à la cité de La Castellane, entre le 15e et 16e arrondissements, des "quartiers historiques du trafic de drogues".

L'élu pointe en particulier le "rajeunissement des auteurs et des victimes". "La drogue vient ravager nos jeunes, que ce soit des trafiquants, des guetteurs ou des gens qui consomment", alarme Gérald Darmanin.

Il accuse aussi "les gens du centre-ville" d'être coupables de ce trafic. "Ce sont les bourgeois qui consomment. Ils sont eux responsables de ce qu'il se passe les quartiers, où des jeunes de 18, de 19, de 20 ans meurent ou prennent cinq ans ou trente ans de prison."

Stratégie de lutte contre le trafic de stupéfiants

Au sujet de la dépénalisation de la drogue, comme c'est le cas au Portugal depuis 24 ans, le ministre de l'Intérieur s'y oppose. "Ce n'est pas une solution. C'est de la lâcheté", affirme-t-il.

Pour sa venue à Marseille, le ministre de l'Intérieur tente surtout d'enrayer le phénomène d'"ubershit", soit, comme le précise-t-il, "les livraisons ou rendez-vous dans des appartements". "Ce sera du contrôle systématique, des techniques d'enquêtes spécifiques pour les livreurs et ceux qui ont des nourrices d'appartement, où les gens viennent chercher la drogue", explique l'élu.

Gérald Darmanin évoque également les interpellations des trafiquants de drogue notoires au Maghreb ou à Dubaï, "qui se sont cachés pendant de nombreuses années".

Loi immigration

Le ministère de l'Intérieur réitère avec le sourire être "très fier" de cette loi immigration.

"Je viens d'une famille populaire. Mes deux grands-parents viennent de l'autre côté de la Méditerrannée. Je suis moi-même issu de l'immigration. Mais moi, j'aime mon pays, déclare-t-il. Tous les étrangers qui viennent en France sont partis du principe d'aimer leur pays et d'aimer la France. Mais il y a une partie des étrangers, qui est minime, qui n'aiment pas la France. On ne leur demande pas de rester. Et moi, je suis fier de pouvoir distinguer ceux qui veulent travailler à rester dans notre pays et d'être comme mes grands-parents. Mais on n'est pas obligés de garder ceux qui viennent nous insulter."

Une future candidature aux élections présidentielles ? Ce n'est, pour l'instant, pas prévu pour le ministre de l'Intérieur. "Ce qui m'intéresse, c'est de servir mon pays. J'ai 40 ans. Et j'ai la chance d'être le ministre de l'Intérieur qui a le plus duré place Beauveau, parce que j'ai l'énergie pour protéger les Français", conclut-il.