Trafic de drogue : qui sont les victimes collatérales des règlements de compte à Marseille depuis janvier ?

Le décès d’une jeune femme de 24 ans mardi, touchée par des balles perdues à la cité Saint-Thys, porte à trois le nombre de victimes collatérales du narcobanditisme depuis le début de l'année à Marseille.

On les appelle les "victimes collatérales" des violences liées au narcobanditisme. Trois personnes ont été tuées à Marseille lors de fusillades depuis janvier 2023 parce qu'elles se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Et plusieurs ont été blessées ou marquées psychologiquement.

Les victimes changent tellement de visage ces derniers mois à Marseille que la procureure Dominique Laurens utilise désormais le néologisme de "narchomicide" pour les nommer. "Les victimes sont vraiment simplement des gens qui sont sur des points de stupéfiants, expliquait la procureure de Marseille à France Info début septembre. Ils ne sont pas visés pour leur participation spécifique aux trafics, mais parce qu'ils sont là simplement."

La dernière d'entre elles est une jeune femme de 24 ans, touchée dans son appartement par une rafale de kalachnikov tirée à l'aveugle et qui a traversé une baie vitrée. En 2023, ces violences liées au narcotrafic ont déjà provoqué deux autres décès collatéraux, celui d'une mère de famille et d'un retraité.

Le 11 septembre : une étudiante de 24 ans est tuée dans l'appartement familial

Il est aux alentours de 23 heures lorsque cette jeune femme est touchée en pleine tête par des tirs de kalachnikov. L'étudiante se trouve alors dans sa chambre. Elle vit avec sa mère au troisième étage d'un immeuble, dans la cité Saint-Thys du 10ᵉ arrondissement de Marseille. La balle qui l'a atteinte a traversé un contre-plaqué de bois, situé sur le bas de la fenêtre baie vitrée, selon les premières constatations.

Il résulte de l’enquête que trois autres appartements ont été impactés par les tirs : celui d’une dame âgée de 79 ans vivant au 4ᵉ étage, celui d’un homme de 71 ans résidant au 5ᵉ, et dans un bâtiment au-dessus de la pharmacie, l'appartement d'une personne de 86 ans. Par chance, aucun des trois résidents n'a été blessé physiquement par les tirs.

Le 10 mai : une mère de famille de 43 ans est mortellement touchée à l'avant de sa voiture sur un parking

Le mercredi 10 mai, c'est une mère de famille d'une quarantaine d'années qui est décèdé après une fusillade survenue vers 23 heures, dans le 14ᵉ arrondissement de Marseille. Assise côté passager, dans sa voiture à l'arrêt, avec sa fille de 19 ans, elle est atteinte d'une balle perdue à la tête et succombera de ses blessures peu de temps après avoir été transportée à l'hôpital Nord par sa fille. Cette mère de cinq enfants, parmi lesquels un bébé, a laissé endeuillée la communauté des gitans, à laquelle elle appartenait. 

Le 24 avril : un homme de 63 ans qui jouait aux cartes dans un snack décède dans une fusillade

Le sexagénaire a été tué vers 22 h 30 alors qu'il se trouvait dans un snack de la cité de La Busserine, dans le 14e arrondissement de la ville. Le retraité jouait aux cartes à l’intérieur de cet établissement dont le rideau était baissé. Le snack se situe à deux pas d'un point de deal. Un homme âgé d'une trentaine d'années avait, lui aussi, été blessé dans la fusillade.

Après le troisième décès d'une victime collatérale survenu cette semaine, l'élue des quartiers nord Samia Ghali a demandé ce mardi " la mise en place d’un statut de victime civile de guerre". "Il faut une réponse à long terme, a-t-elle déclaré, c’est l’approche globale, mais l’urgence est aussi d’aider ces victimes innocentes qui, aujourd’hui, tombent sous les balles. "

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