Trois questions sur le projet de piscine d'eau de mer à Marseille, "lieu unique" prévu pour l'été 2024

La conseil municipal de Marseille a voté le 20 octobre 2023 la relance du projet de piscine d'eau de mer dans le bassin est du Mucem, avorté à l'été 2023. L'association "Libres Nageurs" milite pour un bassin olympique et un espace de loisirs. Les premières baignades sont attendues pour 2024.

Tombé à l'eau en juillet 2023, le projet de piscine d'eau de mer dans le grand bassin à l'est du Mucem et de Cosquer Méditerranée refait surface. Lors du dernier conseil municipal de Marseille, le 20 octobre 2023, les élus de la Ville ont voté en faveur de la "création d'un site de baignade" sur place.

Ce projet de "Mucem plage" devrait enfin aboutir à l'été 2024, après plusieurs années de discussions. Depuis 2021, l'association des Libres Nageurs milite pour que ce "lieu unique" soit aménagé comme une piscine publique d'eau de mer, accessible à tous les Marseillais. Ses membres ont régulièrement plongé dans cet espace depuis trois ans pour réclamer leur piscine, malgré la baignade interdite, comme bon nombre de Marseillais l'été qui s'autorisent régulièrement à faire trempette près du Mucem.

Alors que le projet est en débat lors des rencontres autour de la nage en eau libre vendredi 3 novembre, France 3 Provence-Alpes fait le point sur cette ambition retardée. 

Pourquoi son inauguration a-t-elle été repoussée ?

Initialement prévue au mois de juillet 2023, l'ouverture de cette piscine maritime libre d'accès n'a finalement pas eu lieu cet été. La faute au dispositif "anti-houle", comme une sorte de fossé en profondeur, qui représentait un danger important de noyade pour les nageurs près des quais de ce port de plaisance.

En vue de la renaissance de ce projet pour l'été 2024, Benjamin Clasen, président de l'association des Libres Nageurs se montre confiant : "On voit que ces difficultés de sécurité ont été dépassées dans d'autres villes avec des bassins près de zones portuaires comme Copenhague ou Amsterdam. Partout où il y a de l'eau en Europe, les plans d'eau sont réappropriés, on sait sécuriser les quais transformés en point de baignade."

Combien va coûter cette piscine ?

Lors du dernier conseil municipal, les élus marseillais n'ont pas seulement acté le retour du projet de bassin près du Mucem. Ils ont aussi prévu un financement progressif de cette piscine unique en son genre sur plusieurs années.

Dans sa délibération, la mairie annonce un budget de 1,8 millions d'euros entre 2023 et 2026. Ce budget se veut progressif, afin un investissement légèrement plus important en 2025 qu'en 2024, afin d'adapter le bassin aux besoins des marseillais ciblés lors du premier été de fonctionnement du projet. Une partie de cette somme sera prise en charge par l'État et le Conseil départemental.

Un étalement du financement qui rassure Benjamin Clasen : "Le vote qui a eu lieu semble impliquer une volonté de bien faire, approuve le président des Libres Nageurs. Le projet est compliqué, et je vois que la mairie a prévu de l'améliorer au fil du temps. Il faut y aller étape par étape, pour l'instant l'aménagement n'aurait lieu que l'été, mais pourquoi pas le rendre accessible toute l'année par la suite ? Il faudra faire mieux au fur et à mesure."

À quoi va ressembler cette piscine ?

Le bassin de baignade du Mucem pourrait ne ressembler à aucun autre. D'abord car il devrait être uniquement composé d'eau de mer. L'association des Libres Nageurs souhaite une division bien précise du plan d'eau : "Ce plan d'eau doit avoir une partie entièrement dédiée à la nage sportive, insiste Benjamin Clasen. Sa superficie est idéale pour y délimiter une piscine olympique. En plus de ça, il faudrait également prévoir un espace plus ludique, accessible à tous les publics."

Le président de l'association insiste sur l'importance de faire du futur bassin un lieu de vie pour tous les Marseillais, dans la zone au nord du Vieux-Port où les coins de fraîcheur se font rares en été. "Les habitants veulent récupérer cet endroit et le voir se transformer en un espace de vie, de loisir et de santé, détaille le militant des Libres Nageurs. La piscine répondrait à cette demande. La nage est non polluante, accessible à tout le monde, et c'est un vecteur de lien social extraordinaire."

La municipalité de Marseille va également devoir penser à la cohabitation avec les bateaux du port de plaisance, déjà installés dans cet espace. L'espace s'annonce difficile à répartir, mais "nager coûte moins cher que louer un bateau" conclut Benjamin Clasen avec malice, convaincu que les usagers du port de plaisance devront s'adapter à la présence des baigneurs, et non l'inverse.