Vaccination pour les plus de 75 ans : le parcours du combattant pour prendre rendez-vous

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Écrit par Laura Cadeau
Monique Gilardino, 78 ans, a dû batailler pour avoir un rendez-vous pour se faire vacciner.
Monique Gilardino, 78 ans, a dû batailler pour avoir un rendez-vous pour se faire vacciner. © V. Danger - France Télévisions

Pour les personnes âgées de plus de 75 ans, prioritaires à la vaccination dès lundi prochain, les inscriptions sont un vrai casse-tête et relèvent même parfois de l’impossible. Nous les avons rencontrées à Marseille.

Confortablement installée devant son ordinateur, Monique Gilardino est prête à en découdre. Cette Marseillaise de 78 ans n'est pas du genre à renoncer facilement... Même quand les obstacles semblent incontournables.

Lunettes sur le nez, elle a les yeux rivés sur la liste des centres de vaccination des Bouches-du-Rhône, communiquée par l’ARS PACA sur le site santé.fr. "Veuillez noter que la prise de rendez-vous est réservée exclusivement aux professionnels de la santé !" lit-elle alors à haute voix. "Vous voyez ? Nous ne sommes pas concernés !"

Monique Gilardino n'en est pas à son coup d'essai. Jeudi matin, dès 8 heures, alors qu'elle est déjà sur le qui-vive, le site du ministère de la Santé saturé la freine dans son élan. "J’ai essayé toute la matinée, rien à faire !" Elle renouvèle donc l’expérience le lendemain. En vain.  

Changement de stratégie, Monique tente alors de joindre par téléphone l'Hôtel de ville et compose le 3013. "Tous les opérateurs sont occupés, nous vous invitons à renouveler votre appel" indique le répondeur.

"Voilà, c’est comme ça depuis 3 jours ! Et quand j’appelle directement la mairie, je tombe sur une secrétaire qui me dit "Mais Madame, ce n’est pas le peine de vous presser, vous avez tout le temps" alors qu’on nous dit le contraire à la télévision" lâche la retraitée, lassée par la contradiction des informations.

C’est finalement sur les conseils de sa fille, médecin, qu’elle se rend sur doctolib.fr et réussit à décrocher un rendez-vous... à Aubagne, le 9 février prochain.   

Mais si Monique semble à l'aise avec l'informatique, elle s'inquiète pour les autres : "Dans ma copropriété, il y a des personnes qui n’ont pas accès à internet alors comment vont-elles faire ?" 

"On va y arriver mais ça ne sera pas demain !"

Allée du Prado, à la sortie du marché, nous allons à la rencontre de quelques personnes âgées pour connaître leur avis sur la campagne de vaccination. 

"On ne sait pas du tout comment faire pour s’inscrire, je trouve ça scandaleux" lance une première dame, la chevelure courte immaculée et le visage couvert par un masque fleuri.  

"Comme toujours, il y a des informations dans tous les sens, mais c’est dans l’ère du temps, tout est déroutant" rétorque, plus loin, un homme aux cheveux grisonnants, des lunettes aviateur sur le nez et une écharpe à carreaux autour du cou. 

Ils sont pourtant nombreux dans la cité phocéenne : 83 297, soit 9,6 % de la population.  

Certains responsables politiques commencent sérieusement à s’inquiéter. C'est le cas de Lionel Royer-Perreaut, maire (LR) des 9ème et 10ème arrondissements de Marseille qui soulève un autre problème : "J’aimerais surtout qu’on nous dise comment on va traiter les personnes âgées de plus de 75 ans qui n’auront pas la possibilité de se déplacer au centre de vaccination".

Un autre problème émerge : comment s'assurer qu'il n'y aura pas des personnes qui s'inscrivent plusieurs fois ? Entre les sites municipaux, nationaux et Doctolib, il y a de quoi s'emmêler les pinceaux et peut-être faire plusieurs tentatives. L'équipe de communication de la ville de Nice répond qu'il n'y a aucune crainte à avoir de ce côté-là. Un logiciel de traçabilité vérifie grâce au numéro de Sécurité Sociale du patient qu'il ne s'est pas déjà inscrit via une autre plateforme. 

Et quand on demande aux personnes âgées si le casse-tête des inscriptions les inquiète, l'un d'entre eux, casquette sur la tête, nous répond : "Non parce que je m’y attendais. Il y a tellement de monde qui risque de s’inscrire." Avant de se moquer : "On m’a proposé Nancy comme centre de vaccination. Marseille-Nancy, ça fait un peu loin."

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