Valensole : les champs de lavande en proie aux incivilités

Il n'est pas interdit de faire des photos dans les champs de lavande, mais il faut veiller à respecter le lieu. / © France 3 / Gilles Guerin
Il n'est pas interdit de faire des photos dans les champs de lavande, mais il faut veiller à respecter le lieu. / © France 3 / Gilles Guerin

Chaque année, de nombreux touristes viennent admirer les champs de lavandes du plateau de Valensole. Mais les incivilités se multiplient, au grand dam des propriétaires de domaines. 

Par Astrig Agopian

Tout pour une photo 

Les champs de lavande connaissent un grand succès auprès des touristes. Shana vient de Chine. Elle est guide touristique pour des groupes venus du pays:

Déjà, la France c'est un pays de romantisme pour eux. [...] Ce champ là avec cet océan de lavande, pour eux, c'est vraiment une des top insta photo

Sur Instagram et les autres réseaux sociaux, les photos de visiteurs entourés de lavande sont très nombreuses. La lavande, symbole de la Provence, est un souvenir indispensable. Shana raconte:

Dès qu'ils arrivent, on leur fait le cours. Il faut pas marcher sur les fleurs, il faut respecter les producteurs, il faut aller visiter le musée après, acheter un minimum de produits.

 Mais ces précautions ne semblent pas être suffisantes. 

Les champs de lavande de Valensole victimes de leur succès



Des comportements irrespectueux

Chez les Angelvin, on produit de la lavande depuis quatre générations. Rémi Angelvin, constate que les incivilités se multiplient

Il y a de tout. Il y en a qui rentrent carrément avec les voitures dedans, pour prendre leur voiture en photo. Après il y en a qui se couchent sur les lavandes, il y en a qui font des bouquets. Après ne parlons pas des détritus qu'on trouve de partout. Les gens...il y a en beaucoup qui sont dégueulasses. Ils sont là, ils sont à la campagne, ils jettent.

Rémi vend des produits à base de lavande, et son activité dépend aussi de l'afflut de touristes. Cependant, "ce sont des lieux privés, que ce soit chez moi ou chez mes confrères," rappelle-t-il. 

J'essaye d'expliquer aux gens aussi en même temps que moi j'en vis, c'est mon travail. Et quand ils coupent dans la lavande, comme il passe des milliers de personnes par jour, un bouquet par un bouquet par un bouquet, ça fait beaucoup de bouquets à la fin. Donc ça fait un manque de production.

En plus de ces visiteurs qui ne sont pas toujours respectueux des cultures, des professionnels tentent parfois de réaliser des tournages et des séances photo sans demander d'autorisation. Rémi en a assez

Au bout d'un moment, il va y avoir des agriculteurs qui vont grillager et puis bon ils prendront des photos derrière un grillage et le paysage sera plus le même.

Reportage de Noémie Dahan, Gilles Guérin, Philippe Hervé et Astrig Agopian.

"Je suis agriculteur, je suis pas policier."

Rémi surveille ses champs et n'hésite pas à effectuer des rappels à l'ordre. Mais il n'est pas en mesure de surveiller l'ensemble de ses parcelles en permanence: "Je suis agriculteur, je ne suis pas policier," explique-t-il. 

Les producteurs peuvent compter sur l'aide de la gendarmerie pour gérer les problèmes que posent les véhicules des visiteurs: "Les gendarmes passent plutôt pour la sécurité, pour le stationnement," précise Rémi. La vitesse a été limitée à 70 kilomètres à l'heure sur les routes qui passent à côté des champs. 

La récolte commencera dans quelques jours. Il n'y aura plus de brins de lavande avant l'été prochain. 




 

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