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Port-de-Bouc : un immeuble menace de s'effondrer, 17 familles évacuées sans préavis

Les immeubles 14 et 16 rue de la République menaceraient de s'effondrer / © Alexandre Daniel
Les immeubles 14 et 16 rue de la République menaceraient de s'effondrer / © Alexandre Daniel

Les deux derniers immeubles du chantier naval menacent de s'effondrer. Jeudi dernier, les occupants ont reçu l'ordre de quitter les lieux en urgence et sans préavis. La municipalité assure trois nuits d'hôtel, ensuite... rien n'est prévu.

Par Ludovic Moreau

Depuis jeudi 7 mars, la famille Daniel est sous le choc et ne s'en remet pas. Jeudi dernier donc, aux alentours de 20H30, elle a vu arriver chez elle trois femmes, représentant la mairie. Elles ont présenté un arrêté de péril grave et imminent de leur copropriété. Les occupants des immeubles numéros 14 et 16 de la rue de la République doivent immédiatement quitter les lieux, les bâtiments menaceraient de s'effondrer.

On est resté choqué, il y a bien quelques fines lézardes sur la façade, mais pour nous, il n'y a rien qui menace et qui justifie cette évacuation. En plus, sans préavis, personne ne nous a prévenus

explique Alexandre Daniel, un des occupants de l'immeuble.


Evacuation dans l'urgence

Avec son arrêté, la mairie de Port-de-Bouc indique que le syndic, la Somatrim, "doit, sans délai, prendre les mesures pour garantir la sécurité des occupants et interdire toute occupation de condamner les villas et terrasses concernées; couper l'eau, l'électricité et le gaz et établir un périmètre de sécurité".

Pour ma mère et d'autres personnes âgées qui vivent ici, c'est vraiment un traumatisme

indique Alexandre.

Sur les 23 familles qui logent dans ces deux immeubles, 17 ont quitté leur habitation et sont actuellement à l'hôtel et six ne sont concernées que pour leurs terrasses.

La ville prend en charge trois nuits d'hôtel, mais après, où allons-nous dormir ?

S’inquiète Viviane, la mère d'Alexandre, qui est propriétaire de son appartement depuis 1980.
 
Escalier dégradé des immeubles de la rue de la République / © Alexandre Daniel
Escalier dégradé des immeubles de la rue de la République / © Alexandre Daniel

Ces deux immeubles de la rue de la République sont les derniers vestiges du chantier naval de Port-de-Bouc. A l'époque, ils servaient de logements pour les cadres du chantier. Depuis, la copropriété est habitée par des propriétaires et des locataires. Des travaux de toiture ont été réalisés, mais le problème, serait un escalier commun, situé à l'extérieur. "Ça fait trois ans que je réclame des travaux de rénovation à la mairie" précise Monsieur Daniel, mais selon lui, la vrai menace vient de l'immeuble d'en face.

En face, ils sont en train de construire un lotissement de 89 logements et je pense que la mairie craint que les vibrations des travaux menacent nos immeubles


Des familles dans l'angoisse

Après le choc de l'évacuation sans préavis, la menace continue pour les propriétaires. Le syndic à un mois pour réaliser des études et faire les travaux de mise en sécurité. Un délai beaucoup trop court et un coût trop élevé.

Certes, nous sommes propriétaires, mais de très peu de moyens alors si on n'a pas tous l'argent pour payer les travaux, que va-t-il se passer ?

Le syndic a demandé aux propriétaires de contacter leurs assureurs, mais si la somme nécessaire pour engager les travaux n'est pas réunie, la municipalité avancera les fonds et se fera rembourser par la suite. Dans son arrêté, la mairie précise que "Si les copropriétaires sont défaillants, il y aura saisie immobilière."

 

La mairie de Port-de-Bouc nous décrit son action

Le dispositif OPAH permet d'attribuer des aides pour des travaux de bâtiments sains, uniquement. La copropriété, située aux 14-16 rue de la République, n'est pas dans ce cas :

"Ce dispositif a donc permis de mettre des personnes à l’abri d’un sinistre que personne n’ose imaginer. Un expert missionné par le tribunal administratif a rendu ses résultats jeudi 7 mars indiquant un péril imminent et grave. Cet expert est neutre et désintéressé. Son expertise est complétement déconnectée des projets municipaux (...)

La ville a mis en place un hébergement d'urgence dans une résidence hôtelière où sont accueillis tous les occupants, et qui continue de les accueillir (...)

Le 13 mars, nous avons rencontré les occupants accompagnés par un bureau d'étude (à la charge de la municipalité) pour accompagner l'ensemble des parties prenantes, gratuitement. Ce bureau détudes met à disposition un juriste, un travailleur social et un architecte.
  
Ce bâtiment est l'un des symboles du passé ouvrier de Port-de-Bouc. Il abritait les contremaîtres du Chantier naval et Ateliers de Provence, les élus y sont très attachés. 

Rappel de la loi

Dans le cas d'un péril imminent qui prescrit l'évacuation immédiate, les propriétaires ont l'obligation de reloger les locataires et les propriétaires occupants doivent pourvoir eux-mêmes à leur relogement. La mairie recommande de "déclarer cette situation le plus rapidement possible aux assurances pour la prise en charge des frais occasionnés par cette procédure". Dans l'urgence, la municipalité demande "de prendre contact avec le service social, le CCAS et la Maison des Services au public pour qu'une solution d'hébergement temporaire" soit proposée et "pour parer au plus pressé", trois nuits d'hôtel ont été "gracieusement" réservées pour chaque personne délogée.

 

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