“Le gros”, ancienne figure du grand banditisme des années 70, à nouveau devant la justice à Marseille

Michel Lepage dit "Le gros" au tribunal correctionnel de Marseille. / © F3 Jean-François Giorgetti
Michel Lepage dit "Le gros" au tribunal correctionnel de Marseille. / © F3 Jean-François Giorgetti

Une ancienne figure du grand banditisme, Michel Lepage "Le gros", 70 ans, comparaît depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Il est jugé avec les auteurs présumés d'un trafic ayant conduit, en mars 2014, à la saisie d'un kilo de cocaïne pure. Le procès devrait s'achever jeudi.

Par Jean-François Giorgetti

Michel Lepage, 70 ans, ancienne figure du grand banditisme des années 70 est à nouveau devant la justice. Depuis ce matin, l’ancien membre de la bande de la banlieue sud de Paris comparaît devant la 7ème chambre du tribunal correctionnel de Marseille, pour une affaire d’importation et de transport de stupéfiants en compagnie de 5 hommes (l’un d’eux est recherché), dont la majorité a déjà été condamnée pour des faits de trafic de drogue.

La justice reproche à Michel Lepage d’avoir approvisionné et fourni des moyens pour transporter de la cocaïne au départ de Paris et destiné à une équipe marseillaise. L’ancien gangster a passé de nombreux coups de téléphone dans des cabines ou bien utilisé des téléphones « occultes » et aussi participé à des rendez-vous dits «conspiratifs».

Il est poursuivi pour association de malfaiteurs et encourt au maximum 10 ans de prison. Les faits datent de courant 2013 au 13 mars 2014 Le casier judiciaire de l’ex-gangster porte quatorze condamnations dont trois en cour d’assises. Il a passé près de 25 ans de sa vie en prison.
Michel Lepage avec son avocate Valérie Coriatt. / © F3 Jean-François Giorgetti
Michel Lepage avec son avocate Valérie Coriatt. / © F3 Jean-François Giorgetti
Dans son livre intitulé « Banlieue Sud Ma Vie de Gangster », Michel Lepage décrit son parcours dans le grand banditisme en ayant commencé par voler, à 14 ans, la caisse de la cantine de son école soit environ 300 €uros. La carrière du « gros » est jalonnée de faits de braquages de banques, de fourgons blindés et de trafic de stupéfiants. L’ancien caïd de la banlieue sud s’est évadé deux fois, dont une par hélicoptère en 1992. A chaque fois il a été repris.

L’enquête dans l’affaire marseillaise qui vaut à Michel Lepage de se retrouver à nouveau devant des juges a duré un an. Les policiers ont procédé à de nombreuses filatures, écoutes téléphoniques ainsi que la sonorisation de voitures. Les fonctionnaires sont parvenus à établir des liens entre un des proches « du gros » suspecté d’avoir été en lien avec l’équipe marseillaise dirigée par Jean-Marc Santelli, le seul à être encore détenu dans cette affaire.

Le 13 mars 2014, les policiers ont interpellé non loin de la gare Saint Charles Jean-Luc Guidicelli et Jean-Marc Santelli. Le premier arrivait de Paris par le tgv, le second venait de prendre possession d’un paquet contenant 1025 grammes de cocaïne pure à 84,4 %. 
© F3 Jean-François Giorgetti
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«Un produit de tête de réseau» indique la présidente Anne Tarelli.  A la suite de ces interpellations, les fonctionnaires ont procédé à des perquisitions. Dans la cave de l’ex-beau-frère de J-M Santelli les enquêteurs ont retrouvé dans une malle métallique : trois gilets pare-balles 144 gr de pentrite, (un explosif ultra puissant) et du matériel pour couper et mélanger la cocaïne. Demain mardi, Michel Lepage pourra s’expliquer des faits qui lui sont reprochés. Le procès pourrait se terminer jeudi.

Un kilo de Cocaïne pure = quatre kilos à la revente

D’après le procureur adjoint, Jean-Jacques Fagni, le prix d’achat du produit pur est d’environ 30 000 euros le kilo. Le magistrat précise que le poids cette drogue peut-être multiplié par quatre lorsqu’elle est coupée avec de la caféïne et peut rapporter jusqu’à 240 00 euros. Soit un prix de vente au détail de 60 euros le gramme.

Selon le même magistrat, la cocaïne saisie dans cette affaire, contenait du levamisole. Ce produit vétérinaire est ajouté par les producteurs pour augmenter les effets euphorisants et stimulants de la cocaïne. Ce même produit peut entrainer une nécrose de la peau au niveau du nez selon drogues info service

 

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