PORTRAIT. Bernard Marty, l'ancien marin CGT candidat à Marseille

Bernard Marty, ancien secrétaire CGT du comité d'entreprise de la SNCM. / © Boris HORVAT/AFP
Bernard Marty, ancien secrétaire CGT du comité d'entreprise de la SNCM. / © Boris HORVAT/AFP

L'ancien leader de la CGT à la SNCM se présente aux élections départementales dans le canton 3 de Marseille sous l'étiquette Force du 13 de Jean-Noël Guérini. Un choix qui en surprend plus d'un à gauche de la part de celui qui se revendique toujours communiste.

Par Annie Vergnenegre

Bernard Marty connaît le port et les quartiers qui le bordent comme sa poche. L’Estaque. Saint Henri. Saint André. La Calade. Il connaît les lieux et les hommes. Et tout le monde connaît l’ancien leader CGT. Bernard Marty a navigué plus de trente dans les eaux mouvementées de la SNCM, bloquant plus d'une fois les navires à quai et défendant régulièrement les droits des marins marseillais devant les caméras de télévision.  Dans les quartiers nord, il est chez lui. C‘est sans doute pour cela que Jean-Noël Guérini l’a choisi pour venir mettre des batôns dans les roues de son principal ennemi dans ce canton, Henri Jibrayel, député socialiste et «patron» local depuis 15 ans.

Le principal ennemi sur ce canton, c’est Bernard Marandat qui est le Front national. Dans ce canton, il y a un peuple de gauche. Au 1er tour, certes, ce peuple de gauche peut s’exprimer de manière libre, mais on est dans un canton qui est foncièrement à gauche. La solution sera trouvée, le moment venu",


assure l’ex-secrétaire CGT du comité d'entreprise de la SNCM.

Exclu du PCF

Le 7 mars dernier, ne rappelle-t-il pas sur le plateau de La Voix est Libre de France 3 qu’il est « toujours communiste ». En fait, non, mais il ne le sait pas. C’est la candidate Front de Gauche, Valérie Diamanti, qui le lui apprend en direct. « Sur les statuts, il est exclu ». Son engagement sous les couleurs de la Force du 13 a été jugé incompatible avec son adhésion au PCF.

Je ne le savais pas... je continue pourtant de payer mes cotisations au PC ».


A 57 ans, Bernard Marty assume totalement ses engagements évolutifs en politique depuis qu’il a quitté la SNCM en 2008. 
Dans la lutte avec Jean-paul Israël, délégué CGT marins lors du conflit de 2005. / © GERARD JULIEN / AFP
Dans la lutte avec Jean-paul Israël, délégué CGT marins lors du conflit de 2005. / © GERARD JULIEN / AFP
Conseiller municipal élu sur la liste de la socialiste Samia Ghali à la mairie du 8e secteur (15-16), conseiller communautaire MPM (délégué au port et au littoral), il a rejoint la Force du 13, le nouveau parti de Jean-Noël Guérini parce qu’on ne lui a rien proposé à gauche.

J’ai fait ce choix-là parce qu’il y a eu plusieurs élections et que ces élections-là ne m’ont pas permis d’avoir d’accord avec les camarades communistes (…) Et je considère que la Force du 13 est un parti à construire." 


Garder le cap à gauche

Pour mener ce combat dans l’un des cantons les plus disputés à gauche, où le Front national a fait 35 % des suffrages aux dernières européennes, Bernard Marty part en binôme avec Lydia Carle-Frentzel, conseillère municipale EELV, suspendue par son parti le 30 janvier.
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Les critiques de ses "anciens" amis communistes n'ébranlent pas l'ancien marin qui met déjà le cap sur de nouvelles échéances :

Au vu des problèmes politiques à gauche aujourd’hui, je considère que la Force du 13 est une coquille qui peut être remplie de politique et de politique clairement à gauche. Derrière l’engagement de la Force du 13 aujourd’hui il y a d’autres élections et nous nous y engagerons ».

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