Bouffée d'air économique : 400 emplois à pourvoir au “Puy du Fou” de la Barben

Le nouveau propriétaire du château de la Barben prévoit un audacieux projet touristique et de sauvegarde du patrimoine. / © Château de La Barben
Le nouveau propriétaire du château de la Barben prévoit un audacieux projet touristique et de sauvegarde du patrimoine. / © Château de La Barben

Le domaine du Château de la Barben veut devenir en 2021 un lieu de spectacles et d'animations. Racheté fin 2019, le propriétaire de ce futur "Puy du Fou" à la provençale a lancé une grande campagne de recrutement post-confinement à destination des entreprises, artisans et citoyens.

Par Ludovic Moreau, Jean Poustis

Le recrutement bat son plein, même en période de confinement, au château de la Barben.

Le domaine ambitionne de devenir en 2021 un lieu de spectacles et d'animations à l’image du "Puy du Fou" en Vendée.

Chaque jour, son nouveau propriétaire consulte des candidatures pour pourvoir 400 offres d'emplois. En dix jours, Vianney d’Alançon en a déjà reçu plus de 1.200, depuis l’appel lancé aux entreprises, artisans, artistes et citoyens de la Région.

"C’est un gros succès. Nous avons déjà pourvu sept emplois et nous allons continuer. Nous lançons un projet très ambitieux, extrêmement difficile et nous voulons porter l’économie réelle qui souffre en cette période de crise sanitaire", indique Vianney d’Alançon.

200 emplois directs…

Sur le site internet "Rejoignez-la Barben", l’établissement propose 200 emplois directs.

Les profils recherchés sont pour des postes "diverses et variés allant de l’accueil à la communication, l’informatique ou encore aux tailleurs de pierre".

"Pour la majeure partie, cela sera des contrats à durée indéterminée, mais nous aurons aussi recours à des saisonniers", explique Vianney d’Alançon.

Le propriétaire entend s’appuyer également sur les comédiens du coin pour les futurs spectacles du château.

"Les artistes sont actuellement en souffrance. Nous désirons les avoir avec nous notamment grâce aux pôles de comédiens du coin", affirme Vianney d’Alançon.
Le domaine avec ses spectacles devrait ouvrir au public en 2021. / © Château de la Barben
Le domaine avec ses spectacles devrait ouvrir au public en 2021. / © Château de la Barben

…et 200 emplois indirects

Les entreprises et artisans sont également visés dans ce recrutement avec 200 emplois indirects.

À ce jour, près de 500 entreprises ont postulé.

L’occasion pour le propriétaire du château de "faire travailler le plus de monde possible et d’aider ceux qui en ont besoin surtout en ce moment".

Du travail uniquement pour les provençaux

Cette campagne de recrutement s’adresse uniquement aux personnes de la région. La volonté du responsable du château est "d’être dans une logique de proximité surtout en matière d’emploi".

"On ne peut pas raconter la Provence si on est hors-sol".

Vianney d’Alançon compte notamment embaucher des habitants de la commune de Barben.

"Le circuit court c’est plus dynamique. Et moins mes employés auront à utiliser la voiture, mieux ça sera", déclare le propriétaire.

"Barbin" en provençale

Lorsque l'on évoque le château de la Barben, comment doit-on prononcer "Barben" ? "Barbin" ou "Barbenne" ?

"J'avoue que je jongle entre les deux prononciations en fonction de mes interlocuteurs", reconnaît Vianney d'Alançon, le nouveau propriétaire du château.

"Pour les Parisiens, c'est plutôt "Barbenne", mais moi je préfère la prononciation provençale "Barbin"".

Vianney d'Alançon a acheté le château de la Barben en décembre dernier. Cet entrepreneur trentenaire est à la tête, avec son épouse, de la bijouterie Laudate, qu'ils ont créé en 2011.

Ce passionné d'histoire et de culture a déjà acheté en 2016, la forteresse médiévale de Saint-Vidal, près du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, région d'origine de sa mère. La forteresse de Saint-Vidal a accueilli 40.000 visiteurs en 2018.

Un patrimoine d'exception

Pour le chef d'entreprise, le château de la Barben est d'abord un bâtiment d'exception en Provence. Sur le plan architectural, bien sûr, mais aussi sur le plan historique. Il a appartenu à la famille des marquis de Forbin pendant près de 500 ans et au roi René, comte de Provence, avant elle.

Le domaine comprend le château, mais aussi 400 hectares de patrimoine naturel. "Le château est inscrit dans un massif naturel exceptionnel, qu'il faut préserver", constate le propriétaire.

"J'ai toujours connu le château de la Barben. Je le redécouvre pour en faire un projet", indique Vianney d'Alançon, vauclusien par son père.

"Il y a urgence à sauver le château, des infiltrations d'humidité menacent d'abîmer les cuirs et les fresques. Si on ne fait rien, tout sera perdu".

20 millions d'euros d'investissement

Si le prix d'achat du château de la Barben est confidentiel, Vianney d'Alançon prévoit d'investir 20 millions d'euros, cette année, pour lancer un programme de sauvegarde du château et valoriser le patrimoine.

"On constate que le public est de plus en plus sensible à ses racines, à son histoire depuis 2.000 ans", explique le passionné d'histoire.

"Ce patrimoine permet de se retrouver, de se réunir, de se fédérer autour de valeurs communes".

Le projet s'articule autour de plusieurs axes :
  • La préservation de l'environnement naturel, valoriser les 400 hectares autour du château
  • Sauvegarder le château et son patrimoine exceptionnel
  • Développer un projet touristique
"Les pierres sont là pour raconter une histoire, mais pour raconter cette histoire, il faut des hommes pour donner de la chair. Il y aura des spectacles permanents", explique l'entrepreneur.

Si on évoque un spectacle vivant et historique, on pense inévitablement au "Puy-du-fou" vendéen.
"Il y aura des similitudes forcément, mais le Puy-du-fou s'appuie sur un modèle de parc d'attraction, nous avons une approche très différente, nous sommes sur un site historique très fort, je veux de l'authenticité", précise Vianney d'Alançon. Il ajoute :

"L'objectif est d'avoir un lieu de transmission d'une histoire, d'une culture".

Le dernier axe sera de développer tout ce qui fait la culture provençale. "On ne peut pas parler de la Provence sans évoquer les saveurs, la culture populaire, le folklore, l'artisanat", conclut celui que les Auvergnats surnomment le "chevalier du patrimoine".

L'entrepreneur souhaite que ce projet soit avant tout collaboratif, intégrant les collectivités locales, la Drac, les associations culturelles et les entreprises. 

L'ouverture au public est prévue au premier semestre 2021.
 

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