TÉMOIGNAGE. Incendie en Grèce : "On a connu de grands feux dans le sud de la France, mais jamais une telle situation"

Depuis deux semaines la Grèce, tout comme la Turquie, est en proie à de nombreux incendies favorisés par la canicule. Sur place, le lieutenant-colonel Nicolas Faure et 39 autres pompiers français luttent déjà auprès des locaux. Un deuxième groupe rejoint aujourd'hui Athènes en renfort.

Depuis 13 jours, les pompiers se mobilisent pour faire face aux incendies en Grèce. L'île d'Eubée, plus grande île du pays, la région d'Athènes et la péninsule du Péloponnèse sont en proie aux flammes.

Face à ce désastre, la solidarité internationale s'est organisée. La France a envoyé mercredi 5 août 40 pompiers. Dans l'équipe six sont originaires des Bouches-du-Rhône, dont le lieutenant-colonel Nicolas Faure, qui s'occupe du commandement.  

Pour renforcer les équipes, un nouveau contingent de 101 pompiers et 38 véhicules rejoint aujourd'hui la capitale grecque. 

Intervention à plus de 1.600 kilomètres de Marseille

Partis de Marseille le 5 août, la première équipe est actuellement en intervention dans la région d'Athènes. Sur place, le lieutenant-colonel Nicolas Faure dirige les équipes. Choisit pour sa qualification, niveau feu de forêt 5 (le plus élevé) ce pompier des Bouches-du-Rhône est impressionné par l'ampleur de la catastrophe : "On a connu de grands feux dans le sud de la France, mais jamais une telle situation."

Après avoir protégé un village encerclé par les flammes, c'est maintenant sur un massif montagneux à 20 kilomètres d'Athènes que les pompiers français interviennent.

Cependant une lueur d'espoir pour les équipes :"La situation s'améliore sur notre terrain d'opération, explique le lieutenant-colonel. Depuis hier le vent s'est calmé et le feu est stabilisé, mais pas éteint."

Terrain à haut risque

D'ici deux jours, les pompiers pourraient être déplacés vers un autre secteur. L'Île d'Eubée à l'est de la Grèce est la plus touchée par les incendies, mais pour le moment les pompiers veillent aux risques de reprise dans la région d'Athènes : " La sécheresse est tellement intense que le moindre départ de feu peut être catastrophique." 

Un terrain à risque, une situation hors-norme mais aussi du matériel grec avec lequel les pompiers n'ont pas l'habitude de travailler : "Le maitre mot c'est l'adaptation." Pour les pompiers le terrain montagneux sec ressemble beaucuoup à celui du sud de la France, mais ils font face à une problématique majeure : la manque d'infrastructure. "On n'a pas de chemin d'accès dans le massif montagneus, donc on doit en créer un pour intervenir."

Entraide internationale

Les pompier partis le 5 août sont qualifiés pour des intervention en milieu escarpé. Ils viennent du Var, du Vaucluse, de l'Ardèche ou encore de la Savoie. L'équipe formée en moins de 24 heures a dû tout de suite se mettre au travail. "La plupart ne se connaissait pas, mais avec des gens bien formés qui ont la même mentalité, ça se passe très bien."

L'équipe française travaille avec les pompiers grecs, mais aussi d'autres nationalités, la communciation se fait en anglais. "Hier on a fait la jonction avec une équipe israélienne sur un massif montagneux", raconte le lieutenant-colonel. 

Sur Twitter, Kyriakos Mitsotakis, premier ministre grec, a salué cette aide internationale : "Au nom du peuple grec, je voudrais exprimer notre sincère gratitude à tous les pays qui ont envoyé de l'aide et des ressources pour aider à lutter contre les incendies de forêt. Nous vous remercions d'être restés aux côtés de la Grèce en ces temps difficiles."

Risque d'accident

Sur place, les journées des pompiers sont intenses. Départ à 7 heures d'Athènes, point avec le commandement grec puis intervention dans le massif, pour un retour à 20 heures. Ce lundi matin, une partie de l'équipe va devoir marcher deux kilomètres en montagne, avec le matériel, car il n'y a pas de chemin d'accès. "On a intérêt à ne rien oublier", sourit le lieutenant-colonel Nicolas Faure. 

Il s'inquiète tout particulièrement des risques de blessure. Si l'équipe compte un médecin pompier et un médecin-infirmier pour veiller à leur santé, le risque est toujours présent en intervention. Dimanche 8 août dans l'après-midi, un avion bombardier d'eau s'est écrasé sur l'île grecque de Zante, le pilote s'en est sorti sain et sauf. 

Quand on est dans l'action on n'écoute plus notre corps, on oublie de s'hydrater et de manger. Plus le temps passe, plus on risque de se blesser.

Lieutenant-colonel Nicolas Faure, commandant de l'opération.

Solidarité 

Bien dormir, bien manger, pas toujours facile dans le feu de l'action, mais sur place la population apporte son soutien aux pompiers : "Chaque fois qu'on s'arrête quelque part, on nous propose de l'eau ou à manger. C'est touchant."

Si la première équipe de pompiers s'est engagée pour 15 jours, elle pourrait rester plus longtemps selon l'évolution de la situation. Pour la deuxième équipe, l'embarquement pour Athène a lieu en début d'après-midi au port italien d'Ancone, en Italie.

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