Camargue : les ostréiculteurs victimes collatérales de la pollution des mers

La contamination de certains coquillages par le norovirus, responsable de la gastro-entérite, affecte depuis plusieurs semaines toute la production en France, une conséquence de la pollution de la mer par des eaux usées. Du côté de Carteau, les professionnels refusent d'y croire. 

Les coquillages avant leur mise sur le marché doivent rester dans de l'eau de 24 à 48h par obligation sanitaire. Ici dans les bassins de Carteau, l'eau provient d'une nappe phréatique salée et coule en continu.
Les coquillages avant leur mise sur le marché doivent rester dans de l'eau de 24 à 48h par obligation sanitaire. Ici dans les bassins de Carteau, l'eau provient d'une nappe phréatique salée et coule en continu. © Mariella Coste / France Télévisions
Le norovirus, responsable de la gastro-entérite, a été détecté dans l'un des bassins des professionnels de Carteau. Résultat : la préfecture a pris pour interdire la pêche et la vente des huîtres, moules et autres coquillages bi-valves. 
Selon le dernier décompte du ministère de l'Agriculture qui a promis d'indemniser les professionnels, 23 bassins conchylicoles, producteurs d'huîtres, mais aussi de moules ou de praires, sont fermés cette semaine en France, de la Normandie à la Charente Maritime, et même en Méditerranée, sur le bassin de Thau à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Inquiétude et incompréhension

Pour Denis Manias, président de la Coopaport de Port-Saint-Louis-du-Rhône : " c'est un arrêté de précaution qui nous porte préjudice : un des bassins d'épuration de producteurs a été infecté par des huîtres de Bretagne, et du coup on nous fait fermer toute notre filière !"

"Nous n'arrivons pas à avoir les résultats d'analyses effectuées. Je suis certain que de notre côté tout va bien. Toutes nos analyses sont bonnes depuis 30 ans !"

Pour lui, heureusement que cet arrêté est arrivé après les fêtes mais le manque à gagner risque d'être tout de même important : " si les analyses sont bonnes, dès lundi nous recommençons la production mais nous ne pourrons pas vendre avant 3 jours".
Pour Cédric Kétani, conchyliculteur à Port-Saint-Louis-du-Rhône, l'anse de Carteau est trop brassée, et avec les forts courants, il doute que la pollution ait atteint les tables de cultures.
Pour Cédric Kétani, conchyliculteur à Port-Saint-Louis-du-Rhône, l'anse de Carteau est trop brassée, et avec les forts courants, il doute que la pollution ait atteint les tables de cultures. © FTV


Première fermeture en 30 ans

Cédric Kétani, conchylicteur à Carteau est du même avis : leur lieu de production est largement brassé, et il n'y a pas eu d'assez fortes pluies pour imaginer une pollution due aux eaux usées. Il a obtenu une médaille d'or pour son huître de Camargue au Salon de l'Agriclture de 2018 et en est très fier.
    
"C'est une atteinte terrible à notre image de marque. C'est triste pour notre filière. Je suis certain que dès lundi prochain nous pourront rouvrir car la pollution n'est pas chez nous". 

L'arrêté prend fin automatiquement lundi 20 janvier sauf mauvaises analyses.

Arrêté préfectoral d'interdiction pêche et vente de moules et huître janvier 2020


Les huîtres ne sont pas malades !

Les contaminations virales proviennent de la terre, via des réseaux d'assainissement défaillants, dénoncent d'autres ostréiculteurs en France.
En cas de pluies abondantes ils se déversent directement dans la mer.

Philippe Le Gal, président du comité national de la conchyliculture rappelle quant à lui que

"Le norovirus provient des humains. Les huîtres ne sont pas malades. Elle sont porteuses du virus parce qu'il est présent dans l'eau qu'elles filtrent (4 litres par heure en hiver, 7litres en été) . Elles se trouvent juste au mauvais endroit au mauvais moment...

En parler, c'est comme rajouter de l'huile sur le feu : même les zones non contaminées subissent le contrecoup. Les consommateurs achètent moins de coquillages, alors qu'il n'y a aucun problème pour ceux qui sont sur le marché!"



  
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