Camargue : le retour des animaux et des plantes dans les anciens marais salants

Illustration. Flamands roses en Camargue. / © Thierry GARRO / MaxPPP
Illustration. Flamands roses en Camargue. / © Thierry GARRO / MaxPPP

Depuis cinq ans, près de 6500 hectares reprennent vie en Camargue, grâce à des travaux de protection de la nature. Ces anciens marais salants s'ouvrent de nouveau à l'eau douce et permettent à des centaines d'espèces d'animaux et de végétaux de se réinstaller dans la zone. 

Par Ghislaine Milliet

Rachetés il y a cinq ans par le Conservatoire du littoral,  6500 hectares anciennement dédiés à la production industrielle du sel, s'ouvrent de nouveau à la nature. 

Cette partie du sud de la Camargue avait longtemps été consacrée à l'exploitation du sel. Les salins avaient été créés grâce à la réorganisation hydraulique des lieux, en faisant pénétrer l'eau de mer dans les terres. Canaux et vannes par dizaines avaient ainsi artificiellement redessiné le paysage camarguais. 

Pour que la faune et la flore naturelles s'installent de nouveau sur ce territoire libéré de toute industrie, il a été décidé de se rapprocher le plus possible de l'état naturel hydraulique, celui qui avait précédé l'intervention humaine. 
La Camargue abrite notamment, certaines années, la plus importante colonie de flamants roses en France, avec plus de 11 000 couples. / © HELLIO & VAN INGEN/MAXPPP
La Camargue abrite notamment, certaines années, la plus importante colonie de flamants roses en France, avec plus de 11 000 couples. / © HELLIO & VAN INGEN/MAXPPP

Plus de 300 espèces comptabilisées 

Aussi les digues et anciens bassins de sel ont été éliminés pour permettre à l'eau douce de se faufiler d'un étang à l'autre par un système de vannes communicantes. Les travaux ont permis de raccorder une partie des anciens salins à un canal d'irrigation.

Le résultat ne s'est pas fait attendre. Les oiseaux sont revenus nicher sur des îlots, protégés des prédateurs terrestres.

On comptabilise à présent plus de 300 espèces dans la zone. Poissons et crustacés peuvent aussi à nouveau circuler. 
Un pont avec de grandes ouvertures permet de nouveau aux civelles (petites anguilles dont l'espèce est menacée) d'aller se reproduire en mer. 

Ce qu'on observe, c'est qu'on a des espèces de poissons qu'on ne trouvait pas avant, qu'on retrouve maintenant comme les daurades ou les soles....

raconte Sylvain Ceyte, garde du littoral. Poursuivant : "Et on observe également quelques différences au niveau de la quantité d'espèces qui sont présentes sur le site". 

Côté flore, plus de 300 hectares ont été recolonisés par les salicornes, dont six variétés ont réapparu sur le site. 

C'est important parce que ces végétations vont reconstituer un espèce de lieu de vie pour de nombreuses espèces animales

explique Benjamin Bricault, chargé de mission scientifique auprès de la Société nationale de protection de la nature

Aux côtés du Conservatoire du littoral oeuvrent le Parc naturel régional de Camargue, la Tour du Valat et la Société nationale de protection de la nature, avec le soutien du WWF France et de la fondation Coca-Cola.

Ce travail réalisé en cinq ans seulement, pourrait servir d'exemple à d'autres territoires sensibles. 
 

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