Déconfinement de la mer : premier assouplissement pour les professionnels, loisirs nautiques autorisés lundi à Monaco

A Monaco, où le déconfinement débute ce lundi 4 mai, les loisirs en mer seront autorisés... de jour. En France, la préfecture maritime de la Méditerranée travaille sur un plan de déconfinement par étapes, afin de permettre la reprise économique et d'éviter une trop forte affluence dans les ports...

Le port de Monaco et les eaux territoriales de la Principauté seront déconfinés dès ce lundi 4 mai
Le port de Monaco et les eaux territoriales de la Principauté seront déconfinés dès ce lundi 4 mai © Dylan Meiffret/Maxppp

A Monaco, le déconfinement débute ce lundi 4 avril, y compris pour la mer. "La pratique des loisirs nautiques est autorisée, sous réserve du respect de l'interdiction d'accès aux plages" précise la "décision ministérielle" publiée ce vendredi 1er mai au journal officiel de la Principauté.

"La navigation de plaisance à partir des ports de Monaco est autorisée dans une même journée de 9 heures à 20 heures (pour) tous les navires, quel que soit leur pavillon, ayant en Principauté, au moment de leur sortie en mer, une place à quai de façon annuelle ou de passage". Dans la limite des eaux territoriales monégasques évidemment.

Les escales de navires étrangers ayant un port d'attache en dehors de Monaco restent interdites pour l'instant. Le transit "inoffensif" reste quant à lui toujours autorisé dans les eaux monégasques.
 

Et en France ?

Quand sera-t-il possible de profiter de la mer pour les particuliers en France ? L'attente est parfois aussi difficile que la situation incompréhensible pour certains plaisanciers.

C'est le cas de ce couple avec enfant, contrôlé mi-avril au large de Hyères, et qui a tenté d'expliquer qu'il ne risquait pas plus d'attraper le coronavirus à bord de son bateau que dans son appartement...
 

Plus de 7000 signatures pour un "accès à la mer"

Un Azuréen vient de lancer une pétition en faveur d'un "accès à la mer pour la pratique des activités" dès le 11 mai. Elle rassemble déjà, ce vendredi 1er mai, plus de 7.000 signatures.

"Nous demandons de pouvoir pratiquer la natation, les activités liées à la mer (pèche, paddle, kayak, kite...). Sans jugement de valeur, c'est certainement moins risqué que dans certains endroits ou la densité de population est forte."

La décision appartient à la préfecture maritime de la Méditerranée. Elle ne sera probablement pas prise avant le milieu de la semaine prochaine...
 

D'abord les professionnels

"Nous n'allons pas faire sauter le bouchon d'un coup, le déconfinement sera progressif". Le commissaire Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime de la Méditerranée pour l'action de l'Etat en mer, a une urgence en tête : "accompagner les professionnels" pour permettre la reprise économique tout le limitant les risques de propagation du coronavirus Covid-19.

Premier assouplissement en date : depuis le 24 avril, les professionnels peuvent naviguer (sous certaines conditions) sur la base d'une simple déclaration 72 heures à l'avance. Ils devaient auparavant obtenir une autorisation écrite de la préfecture maritime.
   
"Il s'agit de permettre par exemple les convoyages de bateaux destinés à la location saisonnière, l'installation des pontons ou du balisage de la zone de baignade des 300 mètres". Bref, tous les préparatifs nécessaires à la reprise de l"économie du nautisme et du tourisme en lien avec la mer.

Dans un second temps nous autoriseront l'ouverture des plages et la plaisance des particuliers
 

Les ports sont des goulots d'étranglement

Dans un entretien le 22 avril, le commissaire Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime de la Méditerranée pour l'action de l'Etat en mer, expliquait la problématique.

"Le gros problème n'est pas tant d'être sur un bateau en mer, où effectivement on ne croise pas grand monde, que l'accès au bateau. Les ports, les pontons, les pannes sont des goulots d'étranglement où la distanciation sociale n'est pas possible s'il y a du monde" décrypte le commissaire Duchesne.
 

"Une vraie pression touristique"

La navigation peut aussi nécessiter le déclenchement de moyens de secours, moyens que l'Etat cherche absolument à préserver pour maximiser ses capacités pour faire face au coronavirus. Sans parler du risque de transmission du coronavirus au cours d'une intervention.

"Nous attendons les orientations du Centre interministériel de crise (CIC) de Beauvau, qui a dans ses sujets les plus urgents le balnéaire. En Méditerranée il y a une vraie pression touristique".
 

Très peu d'infractions relevées

En attendant, les plaisanciers font preuve d'un respect exemplaire des obligations de confinement. Les infractions ont été jusqu'à présent très rares en Méditerranée, assure la préfecture maritime.

Il y a bien eu ce baigneur, à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) qui a présenté un certificat médical de son médecin attestant qu'il avait "besoin de pratiquer les bains de mer", mais la préfecture ne recense que quelques PV par semaine.

"Nous sommes très satisfaits du comportement citoyen des usagers de la mer, note le commissaire Duchesne. Il n'a été nécessaire de déclencher aucune opération de secours depuis le 20 mars."

 
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