Covid 19 : 5 questions sur les tests salivaires expérimentés à Marseille par la start-up C4Diagnostics

L'entreprise marseillaise C4Diagnostics lance ses premiers essais de tests salivaires pour détecter le virus de la Covid-19. S'ils sont concluants, ces tests pourraient être commercialisés dès le mois de mars. 

Le lecteur permet d'avoir une réponse en moins de 30 minutes.
Le lecteur permet d'avoir une réponse en moins de 30 minutes. © Xavier SCHUFFENECKER / FTV

Peut-être une future alternative, moins douloureuse et plus rapide, au coton-tige dans le nez. La start-up marseillaise C4Diagnostics a reçu ce lundi le feu vert pour lancer les essais cliniques des tests de diagnostic salivaire de la Covid-19. Pourront-ils bientôt remplacer les tests RT-PCR ? France 3 revient en cinq questions sur le lancement de ces nouveaux tests.

Comment ça marche ? 

A partir d'aujourd'hui, les personnes qui se rendent au centre de dépistage du parc Chanot à Marseille peuvent, si elles l'acceptent, passer, en plus du test RT-PCR, un test salivaire.

Il suffit de cracher dans un tube, la salive est ensuite traitée "pour la débarrasser des interférents qui gênent la réaction finale", explique un scientifique de C4Diagnostics sur place.

Troisième étape, le tube est placé dans un boîtier nommé lecteur C4Reader-T8. Si rien ne se passe, le test est négatif. Si une fluorescence est détectée, le test est positif. 

Un test en trois étapes.
Un test en trois étapes. © C4Diagnostics

La fluorescence permet de détecter l'ADN du virus. "C’est le meilleur moyen pour pouvoir le suivre en temps réel, sinon à l’œil, on ne peut pas savoir ce qui se passe dans le tube".

Ce test moléculaire utilise la technologie RT-LAMP, basée sur l'amplification de morceaux d'ADN du virus. Contrairement à la technique PCR, elle ne nécessite pas d'être en laboratoire. Le lecteur de détection est petit et mobile.

Le boîter de détection du virus, C4Reader-T8.
Le boîter de détection du virus, C4Reader-T8. © Xavier SCHUFFENECKER / FTV

Deux échantillons peuvent être traités à la fois. La détection prend entre 20 et 30 minutes, sur place. "La réponse est immédiate et sur place, cela peut être très intéressant pour les Ehpad par exemple", témoigne Younes Lazrak, directeur de C4Diagnostics.

Quelle est sa fiabilité ? 

Selon le directeur de la start-up, sa fiabilité en laboratoire est autour de 95%, soit proche de celle du test PCR. "Il faut à présent le vérifier dans la vraie vie".

Grâce aux personnes volontaires pour tester leur salive, l'entreprise peut comparer les résultats du test salivaire avec celui du PCR nasopharyngé. C'est cette comparaison qui va permettre de déterminer un taux de fiabilité.

Le 11 février, la Haute autorité de santé (HAS) a validé l'utilisation des tests salivaires mais lorsqu'ils utilisent la technique RT-PCR. Les tests salivaires utilisant la technique RT-LAMP, eux, sont encore à l'étude.

Dans sa dernière revue à ce sujet, datant du 4 décembre, la HAS émettait un avis négatif : "Les performances diagnostiques (...) sont insuffisantes (sensibilité clinique de 75% et spécificité clinique de 94%) par rapport aux performances minimales requises par la Haute Autorité de santé".

Elle notait également l'absence de données cliniques "robustes" pour des personnes asymptomatiques. En revanche, la HAS a approuvé le test salivaire RT-LAMP EasyCov pour les cas symptomatiques.

Elle a reconnu sa bonne sensibilité clinique : 84% des personnes testées positives avec la PCR l'étaient également avec EasyCov.

Quel est son prix ? 

Une fois mis sur le marché, le test serait au prix de 30 €, contre 43,20 € pour la PCR. La société C4Diagnostics va demander le remboursement intégral par la sécurité sociale.

"Nous rentrons dans les critères, il faut faire preuve de notre efficacité", assure Younes Lazrak.

Que sait-on de l'entreprise C4Diagnostics ?

Fondée en 2017, C4Diagnostics est spécialisée dans le développement de tests de diagnostic dans le domaine des maladies infectieuses. La société de biotechnologie est basée à Luminy, hébergée par la pépinière Biotech, et occupe trois laboratoires dont un spécialement pour la Covid. Elle emploie une vingtaine de salariés.

La start-up a d'abord mis en place une unité mobile de prélèvements et analyses Covid-19 en collaboration avec les Marins-pompiers de Marseille. Cette plateforme baptisée "Comete" a d'abord permis de vérifier l'efficacité des procédures de décontamination dans les locaux du Sdis 13 et de la Sécurité civile.

Des prélèvements ont par la suite été effectués sur des surfaces sensibles comme les poignées de portes dans des hôtels, écoles, transports et autres locaux publics. 

Lauréate du plan "FranceRelance"du gouvernement début février, l'entreprise marseillaise a reçu une aide publique pour accélérer le déploiement de ses tests de diagnostic à usage humain, les tests salivaires. 

A quand une commercialisation à grande échelle ? 

Les essais cliniques doivent durer trois semaines, le temps d'atteindre un nombre suffisant de tests. S'ils sont concluants, le kit pourrait être commercialisé "deux, trois semaines après", assure Younes Lazrak. "L'objectif c'est une mise sur le marché avant mars."

C'est un laps de temps très court, sachant que les premières manipulations salivaires en laboratoire ont commencé mi-septembre. 

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