Covid 19 : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de l'Agence régionale de santé Paca

L'ARS a alerté, lundi, sur la hausse de la mortalité dans la région ces derniers jours. Elle a confirmé également les risques de saturation des morgues de certains hôpitaux s'il n'y a pas un ralentissement des contaminations et des hospitalisations.
L'objectif de l'ARS est de disposer de 850 lits de réa en Paca.
L'objectif de l'ARS est de disposer de 850 lits de réa en Paca. © David Rossi/MaxPPP
Les effets de deux semaines de reconfinement ne se font pas encore nettement sentir en Paca où les chiffres de l'ARS sont toujours aussi préoccupants. La circulation du virus s'est encore accentuée ces 15 derniers jours, a expliqué l'institution, lundi 9 novembre lors d'une visioconférence. Le directeur général de l'ARS a rappelé qu'en Paca "tous les indicateurs augmentent". France 3 vous résume ce qu'il faut retenir sur la situation dans la région.

• La deuxième vague est une réalité

Pas d'amélioration pour l'heure en Paca sur le plan épidémiologique. "On est sur une phase exponentielle, souligne le directeur général de l'ARS Paca Philippe De Mester, nous sommes une des cinq régions où la situation est la plus difficile". Pour preuve la hausse des taux d'incidence, "extrêmement élevés" dans les Hautes-Alpes (743) et en Vaucluse (725), les deux départements de la région les plus préoccupants. 

La situation est "tendue mais à un degré moindre" dans les Bouches-du-Rhône et dans le Var, et "moins difficile" dans les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence.

• Une personne sur 5 positive en Paca

Autre indicateur alarmant en Paca, le taux de positivité. Sur les 230 000 tests réalisés entre le 26 octobre et le 1er novembre, 20,6 % sont positifs, indique l'ARS. "On teste beaucoup dans notre région", précise Philippe De Mester. A l'intérieur de la région, la situation est très contrastée puisque ce taux culmine à 31,5 % dans les Hautes-Alpes contre 18,5 % dans l'autre département alpin. Les données de la semaine passée ne sont pas encore consolidées mais elles indiquent que cette tendance se poursuit.

• Plus de morts qu'au printemps

La courbe des décès montre une évolution encore plus dramatique qu'en mars et avril. "On arrive à des niveaux très élevés, on considère actuellement q'une trentaine de personnes décèdent chaque jour de la Covid 19 dans notre région, à un niveau que nous n'avions pas connu jusque-là", note Philippe De Mester
© ARS Paca
Cette hausse rapide des morts dans certains hôpitaux de la région s'accompagne d'"un certain encombrement des dispositifs de recueil des personnes décédées", reconnaît l'ARS qui confirme le recours à des camions frigoriques à la Timone notamment.

• Le pic de la 1ère vague dépassé en réanimation

Lors de la première vague, le pic se situait à 420 patients en réanimation. "Ce matin, nous sommes à 503 patients en réa pour cause de Covid", détaille Anthony Valdez, directeur de l'organisation des soins.
© ARS PACA
Le pic des patients Covid hospitalisés en lits de médecine est lui aussi déjà très supérieur à celui du premier épisode. "Ce sont des patients plus lourds, soignés de manière plus intensive avec de l'oxygénothérapie haut débit, que l'on voyait beaucoup moins lors de la première vague", souligne Anthony Valdez. Le total des patients Covid en Paca s'établit ainsi à près de 3 200 si on l'additionne les patients en réa (503), ceux hospitalisés en médecine (1900) et ceux en soins de suite et réadaptation (788).
 

• 280 lits de réanimation ouverts depuis septembre

 

La hausse des hospitalisations entraîne une montée en puissance des moyens dans les hôpitaux publics et privés. L'ARS Paca disposait de 480 lits armés en réanimation au début du mois de septembre. A ce jour, 760 sont ouverts.

"Notre objectif, c'est de pouvoir monter encore jusqu'à 850, ce qui nous permettrait de prendre en charge correctement tout le monde jusqu'à ce qu'on ait atteint le pic de l'épidémie fin novembre", déclare Philippe De Mester. 

Pour ouvrir ces nouveaux lits, l'ARS a dû demander aux hôpitaux, publics et privés, de déprogrammer toutes les interventions non urgentes pour quatre semaines maximum. La gestion de crise comprend cinq paliers et aujourd'hui, "on en arrive au dernier stage", constate le directeur de l'ARS Paca. Les équipes médicales apprécient la situation, à savoir si un patient pourrait se permettre d'attendre ce délai de quatre semaines, si la réponse est "oui" on reporte, si la réponse est "non" "il faut réaliser l'intervention prévue". Sont ainsi maintenues les prises en charge de cancer, greffes, les maladies chroniques graves (insuffisance rénale ou diabète) et IVG.

"Au mois de mars, on a fait des déprogrammations très brutales et on s'est aperçu  ensuite qu'il y avait eu des conséquences défavorables sur des états de santé de certains patients, on a décidé de prendre une autre approche", explique Philippe De Mester.

• Une amélioration au mieux à la fin novembre

La projection faite sur les 15 prochains jours par l'Institut Pasteur montre une poursuite de "la pression sur les services de réanimation en Paca au moins jusqu'au 22 novembre", indique Anthony Valdez qui espère alors une "phase de décélération". Cette inflexion dépend principalement des effets du confinement selon le responsable de l'ARS. "Si nous avons un ralentissement du nombre de contaminations journalières, ce sera un signe positif qui se traduira dans 8 à 12 jours par une décélération des hospitalisations et encore après des admissions en réa", prédit le directeur de l'ARS Paca Philippe de Mester, qui rappelle l'importance de respecter le confinement. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
paca économie coronavirus/covid-19 santé société