C’est la première médaille d’or pour les Bleus dans ces Jeux Paralympiques, à Pékin. Arthur Bauchet, originaire du Var et habitant des Hautes-Alpes, vient de remporter l’or sur la descente, catégorie debout.

Ce samedi matin, Arthur Bauchet n’a pas tremblé. Il a dévalé la piste à toute vitesse, guidé par sa fougue déjà légendaire. À seulement 21 ans, le roi Arthur devient le roi de la descente. Il vient de remporter la première médaille d’or des Bleus aux Jeux Paralympiques. À Yanqing, en Chine, le briançonnais laisse éclater sa joie, la langue tirée et les bras levés, avant de verser quelques larmes dans les bras de Manoël Bourdeux, son coéquipier arrivé, lui, 7e dans la même course.  

L’image est belle, la surprise encore plus. Car, plus attendu dans les disciplines techniques (le Super G ski alpin, dès demain), Arthur Bauchet s’est lancé dans cette épreuve "sans trop de pression". Il la voyait comme son point faible mais elle est désormais gravée à jamais dans sa mémoire.  

Le regard fixé sur le chronomètre en bas de la piste, le quadruple vice-champion paralympique à Pyeongchang en 2018, en a manqué de tomber dans les bâches rouges, quelques secondes après son arrivée. Seul l’or paralympique manquait à son palmarès et voilà qu'il le rafle d’entrée !  

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Vive émotion depuis la station de ski Serre-Chevalier après l'or d'Arthur ! ©France Télévisions

"Il est vraiment phénoménal" chante en chœur sa famille depuis la station de ski Serre-Chevalier, dans les Hautes-Alpes. Impérial même. Le jeune skieur, originaire du Var (né à Saint-Tropez), est atteint d’une paraparésie spastique, une maladie génétique rare qui affecte son système nerveux et ses membres inférieurs. En d’autres termes, il a un trouble de la moelle épinière qui fait trembler ses jambes et pourrait l’empêcher un jour de marcher. 

"C’est sûr que je n’arrive pas toujours à me contenir" confie-t-il à nos équipes de France tv sport, les muscles tremblants après une séance, quelques semaines plus tôt. "Mais je continuerai à m’adapter, il n’y a pas de soucis et peut-être que je ferai une deuxième carrière, assis cette fois" plaisante-t-il. Arthur Bauchet est du genre à avoir beaucoup d’humour et d’auto-dérision. On devine un large sourire derrière son masque à chaque fois qu’il prend la parole.

D'un naturel optimiste, ce jeune de 21 ans, déjà 7 fois champion du monde et détenteur de 4 globes de cristal, abordait la compétition en Chine avec confiance. Et sept kilos en plus depuis ses premiers Jeux Paralympiques en Corée. 

Une meilleure préparation mais un handicap toujours présent : "J’ai évolué physiquement mais la maladie a aussi évolué. Donc voilà c’est un peu une course entre qui évoluera le plus rapidement" lance-t-il dans sa salle de sport.  

Ce samedi matin, c’est donc le Arthur vainqueur qui a pris le dessus. Et chez lui, à Serre-Chevalier, c’est une vraie légende. Preuve en est : les télécabines sont à son effigie. "C’est une grande fierté, c’est vrai que ça fait toujours quelque chose de voir sa tête sur les bennes de Serre-Chevalier" s’exclame le skieur, dans les remontées mécaniques. Ici, tout le monde le connait et lui serre la main.  

Et s’il en est une, surtout, qui le connait depuis le plus jeune âge, c’est Laure, sa kinésithérapeute. "C’est un enfant qui a grandi et qui est devenu un homme. Je trouve qu’il n’est pas déformé par la compétition, par les succès. C’est toujours Arthur !" dit-elle pour le décrire. "Simple" pour le résumer en un mot.  

"Je kiffe ma vie, j’adore cette vie-là, je me dis que de toute façon si tu ne portes pas des chaussures de ski, on va te remettre des atèles et tu auras mal mais tu ne prendras pas de plaisir. Alors que là j’ai mal mais je prends du plaisir !" conclut-il. Le choix est donc vite fait pour Arthur Bauchet.