Les habitants des Alpes du Sud sont-ils "tout shuss" derrière la candidature française aux JO d'hiver 2030, comme le montre un sondage ?

Selon un sondage commandé par la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, 73% des Alpins soutiendraient la candidature française aux JO d’hiver 2030. Un chiffre contesté par les opposants au projet, tandis que le dossier a été officiellement déposé ce mardi 7 novembre auprès du CIO.

"Nous portons ensemble cette candidature de façon unitaire et rassemblée, pour des Jeux « neige et chalets ». Cap vers les JO d’hiver 2030 dans les Alpes françaises ! » : c'est droit dans ses bottes que Renaud Muselier a officiellement déposé ce mardi le dossier de la région Paca sur le bureau du CIO (Comité International Olympique), adossé à celui de la région Aura, les deux collectivités faisant candidature commune.

Pour faire face à la levée de bouclier écologiste que cette candidature suscite, le président de la région Paca a dégainé un sondage IFOP, commandé par la Région, qui garantit l'adhésion massive des habitants des départements alpins concernés.

"Des chiffres qui demandent à être nuancés ", réclament les opposants au projet, parmi lesquels le collectif No JO, par la voix de son porte-parole, l'ancien skieur professionnel Stéphane Passeron. Selon lui, la Région s'entête à défendre une candidature qui s'affranchit de l'urgence climatique : "ce 7 novembre est un jour funeste dont on se souviendra dans quelques années quand nos enfants n'auront plus d'eau potable".

Que dit le sondage ?

Ce sondage, réalisé par l'IFOP sur commande de la Région, a été réalisé en octobre 2023 auprès d’un échantillon de 806 personnes (404 dans les Hautes-Alpes et 402 dans les Alpes-Maritimes), présenté comme représentatif de la population des deux départements et âgée de 18 ans et plus.

Il révèle tout d'abord que 70% des personnes sondées ne sont pas intéressées par les compétitions de sport d'hiver et 48 % d'entre elles n'avaient pas entendu parler de la candidature française aux Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) d'hiver 2030.

Quant à la question de l'adhésion des habitants alpins à l'organisation de JOP, 73% des personnes interrogées se disent favorables, dont 29% seulement soutiennent clairement cette candidature olympique de la France.

"Aucune consultation publique"

Selon Stéphane Passeron, ces chiffres surfent sur les intérêts de la Région, mais ne reposent sur aucune réalité : " il en ressort que 52% des sondés n'avaient jamais entendu parler de ces JO ! Et pour cause, il n'y a eu aucune consultation, aucun débat avec les populations, tout est allé trop vite". Et d'ajouter : " c'est inacceptable quand on engage des milliards d'argent public sur des années, de ne pas demander l'avis des contribuables !"

Osons parler de décroissance soutenable : au lieu de rajouter un canon à neige chaque année d'ici à 2030, on ferait mieux d'en enlever un par an.

Stéphane Passeron, ancien skieur haut-alpin

France 3 Provence-Alpes

Quant à la mention "JOP, respectueux de l'environnement " que comportait la question dans le sondage, elle est mensongère aux yeux de l'ancien skieur : " les stations de ski vont toutes mourir, on le sait, nous, on le vit, on le voit, il n'a plus de neige. Et puis le GIEC l'annonce, c'est une folie d'envisager un tel événement ". Pour le collectif No JO, le combat ne fait que commencer. Les militants préparent un tour de France pour informer sur les conséquences écologiques d'une telle candidature. 

Des Jeux en piste

La candidature des régions Paca et Auvergne-Rhône-Alpes peine à convaincre et des athlètes tels que le skieur français Alexis Pinturault, ont tenté de lui faire remonter la pente.

C'est aussi le cas du multi-médaillé paralympique Arthur Bauchet. Le jeune skieur de Briançon ne s'est pas penché sur les résultats du sondage, mais veut juste communiquer son envie dévorante de voir l'olympisme débarquer dans ses montagnes. Le sport lui a "sauvé la vie", dit-il et il veut simplement faire partager "sa passion et son bonheur de faire ce métier".

Arthur Bauchet qui poursuit ses études à l'université, dit avoir récemment travaillé sur l'urgence climatique, tentant de limiter chaque jour son impact environnemental. "Je comprends les arguments écologiques et j’y adhère, mais je vois ces jeux comme une chance et dans cette période difficile, je préfère regarder du côté du bonheur".

Enfin, côté politique, Jean-Marie Bernard, le président du Département des Hautes-Alpes, dans un communiqué, partage sa joie : " C'est fait ! Les Alpes françaises sont officiellement candidates à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030. Comment ne pas s'en réjouir, quand on voit les paysages offerts ce matin dans nos massifs, avec le retour du soleil".

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