La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur succombe aussi à la chasse aux galets : #trouvemongalet

Publié le Mis à jour le
Écrit par Margaux Delaunay .

Des galets peints puis déposés dans la rue ou aux abords d'une plage. Depuis un an, cette tendance venue d'Angleterre, séduit en France. Sur la Côte d'Azur, plusieurs pages Facebook lancent cette opération #trouvemongalet. Peignez, cachez, partagez vos créations, et hop le tour est joué ! 

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Comme le petit Poucet, vous avez peut-être aperçu près de chez vous de jolis galets colorés déposés sur votre chemin. C'est une tendance qui est apparue en Angleterre en 2018.

Mais depuis le premier confinement, elle s'intensifie outre-Manche, c'est le cas en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.  

Amel Jabb habite à Nice. Elle est mère de deux enfants et après avoir découvert cette activité sur Internet, elle décide à son tour de se prendre au jeu : 

J’ai voulu faire quelque chose avec mes enfants, leur donner de la joie et de la bonne humeur

Amel Jabb fondatrice de "trouve mon galet 06"

Après avoir vécu un drame familial, Amel Jabb utilise cette activité comme une thérapie. "C’est un sentiment de satisfaction, ça me rend plus heureuse", confie-t-elle émue.

Ce bonheur, elle veut le partager.  Elle décide alors de créer un groupe Facebook en mars 2020 dans les Alpes-Maritimes.

Pour moi, ça a été une renaissance, je peux libérer mes émotions. 

Amel Jabb

En quelques mois, 800 personnes s'y joignent et partagent leurs créations. "Au départ j’ai invité seulement ma famille et mes copines, nous étions seulement une vingtaine", ajoute la créatrice avec fierté, quand elle voit l'ampleur du mouvement depuis un an.   

Une activité particulièrement adaptée à cette période, entre crise sanitaire et restrictions de déplacements. L'objectif est de peindre un galet et de le cacher dans la nature, en ville comme à la campagne. Celui qui le trouve va alors le cacher à son tour et le faire ainsi voyager.

Grâce aux réseaux sociaux, et aux nombreux groupes, nés dans toute la France, les enfants comme les adultes peuvent éventuellement obtenir des nouvelles de leurs galets, grâce aux photos prises par ceux et celles qui les ont trouvés… et peut-être recachés ! Mais rien n'est obligatoire.

Ceux qui peignent et ceux qui recherchent... 

"Moi je ne les cherche pas, je veux juste peindre et laisser parler ma créativité", confie Amel Jabb. L'un de ses galets trouvé à Nice Vauban, a ensuite "voyagé" jusqu'à Villeneuve Loubet, grâce aux réseaux sociaux, elle a pu suivre le périple de son petit caillou.

Perfectionniste, elle achète aujourd'hui ses galets pour être sûre qu'ils soient "beaux, lisses et ronds", plutôt que de les ramasser dans la nature. Aujourd'hui bien équipée, Amel utilise de l'acrylique au feutre ou en peinture, puis elle vernit à la bombe, sinon quand il pleut, il n’y a plus rien.

 "Au début je me faisais avoir, je n'avais pas trop la technique, je suis partie à Valberg et avec la neige... adieu la maison provençale dessinée", raconte-t-elle, en riant. 

Amel et ses enfants ont peint une quarantaine de galets, 30 ont été cachés et au moins 5 ont été retrouvés.

Dans le Var, le mouvement s'est aussi répandu depuis le premier confinement. Nous retrouvons Myriam, 44 ans, habitante aux Arcs et à la tête du groupe Facebook varois : "il y avait une demande sur le groupe national "trouvemongalet" de certains habitants d'ici, d'avoir une groupe local. Le côté ludique, rêve d'enfant, avec une mini chasse aux trésors galets m'a aussi motivé à me lancer dans cette aventure." 

Si le jeu est avant tout de donner des nouvelles du galet avec une petite photo sur Facebook... on peut le déplacer après l'avoir trouvé. Myriam rappelle : 

"On peut le garder si on a un coup de coeur... Une majorité de mamans, précise que leur enfant a trouvé un galet et souhaite le conserver. Il faut avouer que certains galets sont l'œuvre d'artistes méconnus, leurs galets sont tellement beaux, on souhaite les garder égoïstement..."

Myriam, fondatrice du groupe trouve ton galet 83

Contrairement à Amal, Myriam a choisi de peindre mais aussi de chercher les galets. En deux mois, elle en a trouvé une vingtaine au cours de ses promenades.

Pour elle, pas de doute c'est le côté ludique qui attire, un moyen de s'échapper du contexte actuel : "il est vrai que lorsque l'on crée, on s'évade de ce qui nous entoure. C'est agréable de donner un sourire à la personne qui trouvera notre galet, le gardera ou le fera voyager. En impliquant les autres au jeu, on touche des personnes qui peuvent par la suite se lancer." 

De vraies oeuvres d'art circulent aussi par ce challenge :

Des thèmes proposés

Pour motiver les personnes du groupe, et renouveler les contenus, Amel propose des défis aux artistes en herbe. Des thématiques sont proposées, et les galets doivent être peints en fonction : 

Chaque fois qu’il y a 100 personnes qui rejoignent le groupe Facebook, un thème est proposé. Amel laisse les participants soumettre des idées, puis voter pour la meilleure.

Je suis surprise je ne m’attendais pas à autant d’engouement, j’attends maintenant les mille membres pour lancer de nouvelles idées et pourquoi pas, offrir par exemple de beaux galets. 

Amel Jabb

Pour le moment dans le groupe 83 il n'y a pas eu de thème "imposé", ni de challenge.. Mais certaines personnes font des séries : Disney, fleurs, Minions, proverbes etc. Le maître mot est de créer selon ses envies... Pour Myriam : "c'est la liberté de l'art !"

Dessins, citations, prénoms… Chacun y va de son imagination, et de ses envies. Et qu'importe l'âge ou le coup de crayon !

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