L’Upcling, une mode chic et éthique pour préserver la planète

Pour sa collection d'été, Natalie Coste a upcyclé des soies de stocks inutilisés de maisons de couture comme Chanel et des vêtements vintage. / © Nathalie Coste
Pour sa collection d'été, Natalie Coste a upcyclé des soies de stocks inutilisés de maisons de couture comme Chanel et des vêtements vintage. / © Nathalie Coste

L’upcycling, c'est faire du neuf avec du « bon à jeter » en lui apportant une réelle plus-value. Dans la mode, le concept prend du galon. C'est écologique, tendance et chic comme nous l’explique la créatrice marseillaise Nathalie Coste aujourd’hui installée à Londres.

Par Annie Vergnenegre

"Rien ne se perd, tout se recrée", les adeptes de l'upcycling revisitent le célèbre précepte de Lavoisier. Et les consommateurs soucieux de l’avenir de la planète y sont de plus en plus sensibles.

Upcycler, c’est chic

L’upcycling se traduit "surcyclage" en Français. L’idée est simple : recréer un produit de meilleur qualité avec un produit destiné aux déchets.
 
Pour Nathalie Coste, lestextiles anciens ont un vécu et une qualité que l’on retrouve nulle part ailleurs. / © Nathalie Coste
Pour Nathalie Coste, lestextiles anciens ont un vécu et une qualité que l’on retrouve nulle part ailleurs. / © Nathalie Coste

Cela fait une vingtaine d’années que Nathalie Coste tire son inspiration de vieilles fringues pour créer ses collections.
"J’ai commencé à créer des vêtements à bases de foulards, cravates ou dentelles anciennes en 1999, se souvient la styliste marseillaise, puis j’ai commencé à retravailler ma collection de T-shirt en 2012.

Ces matériaux proviennent d’années de chine sur des vides greniers, internet, concert de rock ou auprès de mes fournisseurs spécialisés en vintage pour les professionnels.

Pour sa collection Printemps-Eté 2019, la créatrice a réalisé tous ses modèles en organza avec des soies  provenant de stocks inutilisés de maisons de couture comme Chanel. "Le denim est "éco label" et tout le reste est confectionne avec des vêtements vintage;" précise-t-elle.

Upcycler, c’est branché

Après avoir travaillé pendant plus de 20 ans comme designer free-lance pour la fast fashion, Nathalie Coste trouve dans l’upcycling "une bouffée d’oxygène"» pour imaginer des pièces uniques.

 Cela me donne aussi une plus grande liberté créative 

"J’ai toujours été passionnée par les vêtements et tissus anciens. Pour moi les textiles anciens ont un vécu et une qualité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs", explique la créatrice qui tient désormais boutique à Londres. Il est vrai qu’ici les mentalités sont plus ouvertes et l’excès d’originalité est un point fort à l’inverse de la France.

Il y a aussi un très fort développement des marques sustainable ("durable"» ) dont l’upcycling fait partie intégrante.

Donc, c’est plutôt très positif pour moi", ajoute-t-elle.

Upcycler, c’est éthique

Les stylistes de l’Upcling ouvrent la voie d’une mode chic plus éthique, qui produit moins et gaspille moins. Il faut rappeler que l’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante après le secteur pétrolier. 73% des vêtements fabriqués sont jetés et éliminés dans les décharges. La fast fashion aggrave ce phénomène.

Dans ce secteur, les marques renouvellent leurs collections toutes les semaines. Résultats : des stocks colossaux d’invendus brûlés dans les décharges.
En France, chaque année, 2,6 milliards de TLC (textiles, linges de maison et chaussures) sont mis sur le marché. Ce qui représente 9,5 kg par an et par habitant. Et la moitié est jetée en moins d’un an. Un enjeu environnemental XXL.

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