SPA : les adoptions d'animaux autorisées en confinement, les refuges soulagés en Paca

Samedi 11 avril, le gouvernement a annoncé que les adoptions animales faisaient désormais partie des déplacements dérogatoires autorisés en période de confinement. De quoi soulager les SPA et refuges de la région Paca, qui arrivaient à saturation.

A Salon-de-Provence, cet homme a pu adopter un chat sur rendez-vous,  malgré le confinement.
A Salon-de-Provence, cet homme a pu adopter un chat sur rendez-vous, malgré le confinement. © Philippe Adam
Depuis le confinement, les refuges de la SPA sont fermés au public. Aucune adoption n’y était possible jusque-là, alors même que les abandons pourraient avoir explosés sur cette même période.

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, plusieurs centres arrivaient déjà à saturation. Ils attendaient cette autorisation depuis plusieurs semaines. Aujourd'hui, la situation devrait s'améliorer pour la cause animale. Le gouvernement accorde désormais une dérogation au confinement pour les adoptions d'animaux en refuge.
 
Les centres animaliers vont pouvoir rouvrir en respectant des règles strictes : l'animal doit être choisi en amont, la réception doit se faire sur rendez-vous et le refuge doit délivrer aux nouveaux propriétaire une attestation indiquant l'horaire du rendez-vous.

Un soulagement pour certains...

Pour le refuge Saint-Roch de Marseille, cette tolérance est un soulagement. "Ces derniers-jours, je sentais qu'on allait vers une saturation inévitable de notre refuge. Il nous restait seulement deux box disponibles, qu'on a dû remplir pour soulager la SPA de Marseille, qui elle est déjà surchargée. Donc de toute façon, on aurait dû reprendre les adoptions à un moment. C'était la seule solution", explique l'ex-présidente Claude Rocchia.

Lui aussi soulagé, le président national de la SPA Jacques-Charles Fombonne s'est félicité de cette dérogation : "La cause animale fait bien partie des préoccupations essentielles".
 
A l'image du refuge marseillais, la situation devenait critique partout en France. Lundi 6 avril, le président de la SPA avait alerté : "On compte 5.000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6.800. Il nous reste 1.800 places ce qui correspond à 15 jours d'activité".

Attention au retour d'abandons...

Dans d'autres refuges, les représentants saluent l'initiative du gouvernement, mais restent sceptiques quant à sa faisabilité.

Marie-Claude Thomas, administratrice de la SPA Vauclusienne, s'interroge : "Dans le principe on est pour, mais on a moins de salariés en ce moment donc ça semble compliqué. Et puis même si tout peut se faire par Internet et sur photo, il faut bien que les gens finissent par venir au refuge chercher l'animal. En plus, entre la photo et la réalité, il peut y avoir des surprises".

Au-delà de cet aspect technique, la représentante redoute un retour de bâton. "Pendant le confinement, un animal tient compagnie et permet de faire des promenades. Mais s'il y a un déconfinement en juin, je pense qu’on va aller vers beaucoup d’abandons. Les gens vont vouloir partir en vacances, les animaux vont les gêner." 

Inquiète, elle ajoute : "En plus la crise économique actuelle va créer de la pauvreté, ce qui peut engendrer des vagues d'abandons."

Dans l'ensemble, les gérants de refuges accueillent tout de même cette dérogation avec joie. Pour eux, la situation se compliquait de jour en jour. 
 
Dans celui de Saint-Roch à Marseille, l'ex-présidente l'assume : elle comptait bien rouvrir prochainement, avec ou sans l'autorisation du gouvernement. 
 
Comme elle, d'autres présidents de refuges n'ont pas attendu le feu vert de Christophe Castaner pour reprendre les adoptions. 

Philippe Adam, président de la SPA de Salon de Provence et sa région, a pris les devants dès le début de la crise. 
 
a fait un mois qu’on a mis en place ce système. Depuis le 17 mars nous appliquons exactement les mêmes mesures que celles recommandées aujourd'hui. Notre centre est fermé au public, nos employés sont des volontaires avec attestations dérogatoires. Nous avons continué les adoptions sur rendez-vous téléphonique, avec une seule personne à la fois et uniquement les après-midi".

Pour ce refuge qui couvre 34 communes, cette entorse au règlement était vitale : "La situation n’était pas tenable autrement. Nous sommes l'une des plus grosses structures du département, on ne peut pas arrêter les adoptions sur une aussi longue période."
 
Dans ce refuge, les employés travaillent avec gants et masques depuis le début du confinement.
Dans ce refuge, les employés travaillent avec gants et masques depuis le début du confinement. © Philippe Adam
Chez Philippe Adam, les bénévoles travaillent avec des masques et des gants depuis plusieurs semaines. En maintenant les adoptions, il a pu faire tourner son chenil malgré tout : "Ça nous a permis de libérer quelques places, et réussir quelques adoptions." 

Des adoptions sélectives

A distance, sur internet ou par téléphone... la procédure d'adoption exceptionnelle peut sembler simpliste, mais le président assure qu'elle reste toujours aussi sélective et sérieuse.
 
"Bien sûr, on vérifie toujours la compatibilité des adoptants avec l'animal. On s'entretient longtemps avec les personnes, comme d'habitude."

Pour lui, cette mesure aurait dû être annoncée plus tôt : "Je suis très heureux de cette annonce, pour le plus grand intérêt de la défense animale. Mais ça me semble un peu hallucinant que ça n'ait pas été fait dès le départ". Depuis le début du confinement, plusieurs centres de la région avaient poussé des cris d'alerte. Ils se retrouvaient en surpopulation, comme à Flayosc, dans le Var. 

Laurence Houssa, agent animalier du refuge, s’inquiétait pour les 45 chiens, 47 chats, 2 lapins et 3 inséparables du refuge qui attendent de trouver une nouvelle famille. 

"Nous sommes bientôt pleins, et il est important de continuer notre activité pour éviter le manque de places."

« Nous sommes bientôt plein et il est important de continuer notre activité pour éviter le manque de place »

 Jusque-là, les associations étaient donc à flux tendu pour maintenir un fragile équilibre. Si l'arrivée d'animaux issus des fourrières avaient augmenté, l’accueil dans les refuges aurait été impossible et des euthanasies se seraient imposées.
Nicole Vallauri Déléguée Présidente du dispensaire du Cannet dans les Alpes-Maritimes, avait alors plaidé en faveur de cette dérogation. "Il est urgent d'avoir ces autorisations d'adoptions pour éviter des euthanasies injustifiées dans les fourrières"Aujourd’hui la SPA compte 62 refuges en France. 6 500 chats et chiens y sont à l’adoption.
 
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