Aux urgences de Fréjus, "on a des gens qui attendent parfois plusieurs jours avant d’avoir une place en hospitalisation"

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Les urgences de l'hôpital Bonnet, à Fréjus dans le Var font face à une situation de crise avec un afflux supplémentaire de 70 patients par jour.

Épidémies de Covid et de grippe, grève des médecins généralistes... De quoi donner la fièvre aux urgences de Fréjus, situées à l'Hôpital Bonnet. L'établissement de santé connait une recrudescence de patients en ce début d'année.

Il accueille quelque 70 patients supplémentaires par rapport à d'habitude. 

Au coeur de ce service vital pour les habitants du bassin raphaëlois de l'ouest varois, les patients ne peuvent prendre que leur mal en patience. 

"C’est apocalyptique"

Pour Didier Houdeletk, patient diabétique venu effectuer une prise de sang, ne peut que constater la situation. "C’est apocalyptique, apocalyptique. Je plains les infirmières, il y en a une qui m’a déclaré tout à l’heure ‘j’ai fait dans la journée 17 kilomètres".  Entre le personnel soignant qui s’affaire et multiplie les va et viens d’un bout à l’autre du service, il lui aura fallu attendre 4 heures pour obtenir les résultats d’une prise de sang qui lui apprend qu’il est victime d’une infection.

Dans cette partie du service des urgences, où les malades sont à quelques centimètres les uns des autres, ce senior n'en crois pas ses yeux : "Je suis où là, c’est la cour des miracles ?" s'étonne-t-il.

Une situation digne d'une fiction. "Je n'ai jamais vu cela, on ferait une série TV, on ne croirait pas que ça puisse se passer comme cela" explique un autre homme qui attend les résultats d'une prise de sang avant de devoir passer un scanner. Lui salue les personnels soignants présents sur place ce jeudi 5 janvier, avec "beaucoup de respect pour les infirmières, les infirmiers, les internes parce que... Chapeau. Conditions inadmissibles. Tout mon soutien" conclut-il d'une voix tremblotante. 

Des moyens dévolus aux crises engagés

Dans ce qui est supposé être un hall de passage, les brancards et les patients s'entassent. Le docteur Gabriel Moncheaux est le responsable adjoint des urgences de l'hôpital de Fréjus Saint-Raphaël.

Il nous fait découvrir, ce jeudi 5 janvier, l'amoncèlement de personnes en souffrance qui attendent en silence. "On a des gens qui attendent parfois plusieurs jours avant d’avoir une place en hospitalisation" explique-t-il au micro d'Alexandre Dequidt et de Maxime Meuneveaux.

Du matériel dévolu en cas d'activation du plan blanc, tel que des civières provenant de la réserve, sont aussi engagés dans ces couloirs saturés. De quoi, simplement, permettre aux patients de pouvoir se poser dans l'attente de leur prise en charge. "là on est à court de brancards conventionnels, pour installer les gens qui en ont besoin, on les installe sur ces civières". 

Une situation de crise pour ce service éprouvé par les la recrudescence des maladies hivernales, conjuguée à une grève exceptionnelle des médecins généralistes qui durent depuis des semaines.

Déjà au début du mois de décembre, ce sont 20% de patients supplémentaires qui étaient enregistrés dans les hôpitaux azuréens. Une courbe qui n'est pas prête de décliner avant la fin de l'hiver.

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