Un retraité de Toulon condamné pour avoir tué et revendu des milliers de rouges-gorges

Publié le Mis à jour le
Écrit par Anne Le Hars .

Ce 26 septembre, le tribunal correctionnel de Toulon a tranché : un braconnier écope d’une lourde peine après avoir piégé, tué et vendu des milliers de rouges-gorges. One Voice se réjouit de cette décision mettant fin à des années de sévices contre une espèce protégée.

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Prison ferme, amendes sévères, les condamnations pour braconnage d'oiseaux protégés, en particulier de rouges-gorges se succèdent dans le Var.

L'an dernier, un braconnier avait écopé de 12.000 euros d'amende pour avoir tué ces petits oiseaux.

Ce 26 septembre, le tribunal correctionnel de Toulon a de nouveau condamné un pratiquant de cette chasse.

Aux termes de ses propres déclarations, l'homme braconnait 20 à 25 rouges-gorges par jour, soit selon la projection de l’Office Français de la Biodiversité́, 5000 oiseaux tués par saison annuelle.

L'homme, un agriculteur retraité était poursuivi pour destruction et vente de rouges-gorges à Revest-les-Eaux, ainsi que détention d’armes sans autorisation.

 

 25 000 euros d’amende

Ces oiseaux étaient vendus  8 euros la douzaine.

Le Procureur a requis 5.000 euros d’amende, l’interdiction de détenir une arme et la publication du jugement dans le Chasseur Français.

Le tribunal correctionnel est allé plus loin.

Il l’a condamné à :

  • 6 mois d’emprisonnement avec sursis,
  • 25 000 euros d’amende,
  • La confiscation de tous les scellés,
  • L’interdiction de détenir une arme,
  • L’indemnisation de toutes les parties civiles à hauteur de 3000 euros de préjudice moral chacune,
  • La publication de sa décision dès son caractère définitif dans le Chasseur Français.

Le prévenu possédait plusieurs pièges, des mâchoires d’acier qui se refermaient sur le cou des victimes. Une fois décapitées, il les consommait ou les congelait pour les écouler sous le manteau.

Une pratique traditionnelle dans le Var.

One Voice ainsi que l’ASPAS-Association pour la protection des animaux sauvages, France Nature Environnement PACA et la LPO se sont toutes quatre portées parties civiles dans cette affaire.

Dans un communiqué, One Voice a salué la décision. 

Mais où étaient les chasseurs ce lundi, pour défendre la biodiversité, eux qui touchent des millions d’euros pour cette mission ? On ne les a ni vus ni entendus évidemment. Sans l’OFB et nos associations, les rouges-gorges déjà si fragilisés continueraient de périr braconnés ou piégés à la glu. Qu’on ne s’y trompe plus, les seuls défenseurs de la biodiversité, c’est nous !  

Muriel Arnal, présidente de One Voice.

 

Une espèce protégée 

La loi de 2009 fixe la liste des oiseaux protégés , son nom "Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)" est inscrit dans les espèces dont "la destruction, la mutilation intentionnelles, la capture ou l'enlèvement des oiseaux dans le milieu naturel sont interdit". Mais depuis 1976, la loi relative à la protection de la nature encadre la préservation des espèces animales et végétales. "La biodiversité constitue un patrimoine d’avenir pour l’humanité" explique la LPO.

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