Femme droguée par son mari et violée par 50 inconnus pendant dix ans : le procès hors norme se tiendra en septembre à Avignon

Un procès hors-norme de quatre mois se déroulera au palais des expositions à Avignon pour juger une cinquantaine d'hommes accusés d'avoir participé aux viols organisés par un retraité sur son épouse droguée.

Le palais de justice d'Avignon sera trop petit pour accueillir toutes les parties de ce procès hors norme. C'est donc au palais des Expositions qu'il se tiendra du 2 septembre au 20 décembre 2024, a indiqué l'un des avocats de la défense, confirmant une information du Parisien ce jeudi 7 mars. La cour criminelle de Vaucluse jugera 51 hommes, mis en examen dans le dossier tentaculaire des viols de Mazan, orchestré par un retraité sur sa femme droguée.

Le procès est prévu sur quatre mois, à raison de quatre jours par semaine. Le temps nécessaire pour éplucher les trois ans d'enquête et entendre les hommes poursuivis dans cette affaire. 

Le mari encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle

Au cœur de ce procès, Dominique P., un septuagénaire installé depuis 2010 avec son épouse dans le petit village de Mazan. L'homme est accusé d'avoir drogué sa femme avec des substances médicamenteuses, entre 2011 et 2020, pour la livrer à des inconnus recrutés sur internet. Des viols organisés au sein même du petit pavillon familial et qu'il filmait. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

L'affaire a éclaté en septembre 2020, quand le retraité s'est fait prendre en flagrant délit dans un hypermarché de Carpentras en train de filmer avec son téléphone sous les jupes des clientes. Au domicile, les enquêteurs découvriront deux téléphones portables, un caméscope, trois cartes mémoires, et un appareil photo, qui révèleront des centaines de vidéos et photos à caractère pornographique.

83 agresseurs, 50 poursuivis

Au total, 83 agresseurs ont été dénombrés à partir des vidéos, mais tous n'ont pas été identifiés. L'un des accusés étant décédés. Ce sont 50 hommes, qui comparaîtront devant la cour criminelle de Vaucluse. Parmi eux, 41 sont originaires du Vaucluse ou y résidait au moment des faits. Ils sont âgés de 22 ans à 70 ans. Ils encourent jusqu'à 20 ans de prison.

Début mai 2023, Le Parisien a dévoilé le réquisitoire du procureur d'Avignon, un document de 350 pages. Le 20 juin 2023, Le Monde a détaillé le profil de plusieurs des agresseurs, leurs âges et leurs professions notamment. Pour la grande majorité, ce sont des hommes bien insérés dans la société, pompier, infirmier, militaire, entrepreneur, chauffeur routier ou encore plombier. 

"Stop à la soumission chimique"

La victime principale souhaite garder l'anonymat. Elle refuse que soit étalé publiquement des éléments sur sa vie privée, et "va demander le huis clos le jour de l'audience. De droit, la personne l'obtient", a expliqué l'un de ses avocats, Antoine Camus. "Ma cliente attend que la justice passe, pour comprendre. Elle essaie de se reconstruire, surtout après avoir pris cette espèce de TGV en pleine figure", a-t-il indiqué à l'AFP.

Sa fille, Caroline Darian, s'est portée partie civile lors de ce procès et souhaite à l'inverse le médiatiser pour dénoncer la soumission chimique, combat qu'elle dénonce avec son association "M'endors pas". La soumission chimique consiste en l'administration à des fins criminelles de substances psychoactives à l'insu de la victime ou sous la menace, pour commettre un crime ou un délit.

Poursuivi pour meurtre en région parisienne

Ecroué dans l'attente de son procès, le principal accusé est par ailleurs poursuivi par le parquet de Nanterre dans deux autres affaires antérieures, pour tentative de viol, viol et meurtre. Des faits qui remontent au début des années 1990, à l'époque où le couple vivait en région parisienne. La première victime, âgée de 23 ans, a été droguée à l'éther, frappée avec une arme blanche, ligotée et violée avant d'être tuée. L'autre affaire concerne une tentative de viol sur une jeune femme, qui a réussi à échapper à son agresseur qui tentait de l'endormir à l'éther. Dominique P. a été confondu dans cette affaire par son ADN, mais il nie le meurtre à Paris.

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