Avignon : les policiers posent leurs menottes au sol contre Christophe Castaner

Après Nice, Marseille, et de nombreuses villes en France, c'est au tour de la cité des Papes de voir ses policiers s'indigner. Ce vendredi, il se sont rassemblés sur la place du Palais.

Les policiers d'Avignon ont déposé leurs menottes au sol.
Les policiers d'Avignon ont déposé leurs menottes au sol. © Fréderique Poret - FTV

C'est à leur tour de jetter leurs menottes au sol. Les policiers avignonnais ont eux aussi reproduit ce geste symbolique, contre les propos de Christophe Castaner.

Lundi 8 juin dernier, le ministre de l'Intérieur a prôné la "tolérance zéro" envers le racisme dans les rangs de la police et l'interdiction d'une technique d'interpellation dite "clé d'étranglement", sans proposer d'autre méthode.

De quoi provoquer la colère des forces de l'ordre, qui se défendent. Ce vendredi après-midi devant le palais des Papes, ils sont environ 80 policiers vauclusiens à se tenir alignés, menottes à terre. En uniforme ou en civil, plusieurs unités de la DDSP 84 sont représentées.

Le rassemblement se veut "spontané, apolitique et hors syndicats", selon un participant. Il s'agace : "L'exaspération des policiers est à son comble".

 

Pas de drapeaux de syndicat lors de cette manifestation de policiers. Plusieurs unités du Vaucluse étaient représentées.
Pas de drapeaux de syndicat lors de cette manifestation de policiers. Plusieurs unités du Vaucluse étaient représentées. © Frédérique Poret - FTV

Alors que les mouvements contre les violences policières éclatent partout dans le monde, il regrette un manque de soutien du gouvernement : "Pour ce qui est de la confiance,  elle ne peut être que réciproque, ce qui n'est plus le cas".

L'Avignonnais tient à rappeler le rôle régalien et protecteur de la police : "Nous sommes une Police Républicaine, à l'image de la diversité de la société."

Pas de revendication précise n'a été détaillée à Avignon, si ce n'est une plus grande reconnaissance de l'État. "Nous ne demandons pas à être au dessus des lois, mais nous ne voulons pas être en dessous des lois", réclame un agent.

 

Autour des agents de polices, les véhicules étaient eux aussi mis à l'arrêt, le temps de la protestation.
Autour des agents de polices, les véhicules étaient eux aussi mis à l'arrêt, le temps de la protestation. © Fréderique Poret - FTV

Pour ce dernier, la violence est dans les deux camps : "Aux propos de notre Ministre, nous lui rappelons le visage de notre collègue Ahmed Merabet, allongé au sol, blessé et suppliant les frères Kouachi de lui laisser la vie sauve....avec pour seule réponse d'être abattu comme un chien sur un trottoir parisien...." (Ahmed Merabet était un policier tué lors des attentat de Paris en janvier 2015, NDLR).

Les protestations de la police se sont tenues dans de nombreuses villes cette semaine. Ce vendredi 12 juin,  le syndicat Alliance défilait dans les rues autour de l'Elysée. Le secrétaire général du syndicat Fabien Vanhemelryck y a clamé : "La police n'est pas raciste, la police est républicaine (...), elle ne choisit pas sa délinquance, elle ne choisit pas la couleur de la délinquance (...) et elle sauve des vies quelle que soit la couleur de la peau de l'individu".

 

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