Coronavirus : 4 décès en une semaine dans le Vaucluse, des lits supplémentaires en réanimation

La recrudescence des hospitalisations de patients Covid-19 touche l'hôpital d'Avignon comme les hôpitaux marseillais. Face à l'amorce d'une nouvelle vague, le centre hospitalier a déclenché le niveau 2 du plan Blanc. 13 lits de réanimation dédiés Covid sont disponibles dans le département.

Service réanimation du centre hospitalier d'Avignon pendant la 1re vague de Covid-19 en avril 2020.
Service réanimation du centre hospitalier d'Avignon pendant la 1re vague de Covid-19 en avril 2020. © SUAU Valérie/MaxPPP
L'accueil des patients Covid pourrait devenir rapidement problématique à l'hôpital d'Avignon, si l'afflux amorcé en cette fin d'été se poursuit.

Depuis la mi-aôut, la cellule de crise du centre hospitalier a été réactivée et se réunit quotidiennement pour surveiller de près la situation. On se prépare à adapter son dispositif en fonction de l'évolution épidémiologique. Et peut-être à devoir réorganiser les services pour créer des places.

13 lits Covid en réa pour le Vaucluse

"On a actuellement une unité de 21 lits en réa dont 8 lits étaient réservés aux Covid, explique le directeur de l'hôpital Jean-Noël Jacques, ils étaient tous occupés hier mais on a eu deux sorties et on a deux places de libre aujourd'hui." 

Le directeur, qui se dit "préoccupé comme tout le monde" par la situation, annonce : "Demain, nous allons augmenter cette capacité de 5 lits Covid au sein du service de soins intensifs cardiologiques".

Il faut savoir que l'hôpital d'Avignon est le seul établissement du Vaucluse à disposer de lits en réanimation, ces 13 lits en réa représentent donc toutes les capacités du département. 

Le service de médecine infectieuse est aussi dédié pour moitié dans la prise en charge de patients Covid et pour l'autre non-Covid. "C'est une organisation qui évolue en fonction des besoins", souligne Jean-Noël Jacques.

Pas de déprogrammation 

Depuis le 1er septembre, le niveau 2 du plan Blanc a été réactivé. Il permet de mobiliser des outils internes pour faire face à la circulation active du virus. 

Il ne prévoit pas, pour l'heure, de déprogrammation d'interventions chirurgicales ou hospitalisations de patients hors-Covid, comme ce fut le cas au plus fort de la crise au printemps.L'hôpital est sous tension. Comme à Marseille, le nombre des admissions est en forte hausse en réanimation. Depuis la fin du confinement, mi-mai, les lits sont occupés par des patients non-Covid, des accidentés ou des patients dont les opérations avaient dû être repoussées.

Je suis surtout inquiet à cause du comportement de nos concitoyens qui ne respectent pas les mesures barrières.

Jean-Noël Jacques, directeur Hôpital d'Avignon

"L'inquiétude, ajoute-il, c'est surtout que pendant la première vague, on avait un arrêt complet de l'activité parce que les patients ne venaient plus. Là, ils reviennent et on est sortis de cette épidémie avec des patients parfois dégradés avec des prises en charge lourdes derrière". 

"Pendant la crise, les urgences adultes qui faisaient d'habitude plus de 200 passages par jour sont tombées à 60 certains jours, note-il. Aujourd'hui, on est à 170-180 voire 200 par jour, on est revenus à des rythmes d'activité normaux".

Le Covid en plus... Les équipes doivent faire face sur tous les fronts. 

La difficulté pour augmenter les lits de réa, c'est le personnel.

Jean-Noël Jacques

"Pour faire tourner quatre lits de réa, ce n'est pas comme quatre lits de médecine".

La plus forte hausse du taux d'incidence de la région

Pendant la première vague, au plus fort de la crise, l'hôpital d'Avignon disposait de 30 lits dédiés Covid.

Ce mardi 8 septembre, l’Agence régionale de santé PACA publie son nouveau bilan hebdomadaire. Il montre une forte augmentation des patients hospitalisés en unité Covid : 31 contre 17 la semaine dernière. Huit personnes sont comptabilisées en réanimation contre 5 auparavant. 

"Ces cas graves sont des patients âgés", précise Caroline Callens-Ageron déléguée départementale de l'ARS dans le Vaucluse. Le plus jeune a 60 ans.

Surtout, un indicateur inquiète particulièrement les autorités sanitaires. Quatre personnes sont décédées en une semaine en milieu hospitalier. Cela porte à 45 le nombre des décès depuis le début de la crise. 

"Le nombre de cas a fortement augmenté au début parmi la population jeune, chez les 20-40 ans, mais quand ça se met à diffuser parmi les personnes plus âgées, on a des hospitalisations,  des réanimations et des décès", note la déléguée départementale de l'ARS.

Elle souligne également que le Vaucluse est le département de la région qui a connu la plus forte augmentation du taux d'incidence au cours de la semaine écoulée. Il est passé de 50 nouveaux cas pour 100.000 habitants à 89 pour 100.000.

1000 tests effectués par jour

"On a aussi un taux de positivité des tests qui est très important", indique Caroline Callens-Ageron. 

7 % des tests effectués sont positifs.

Caroline Callens-Ageron (ARS Vaucluse)

"On fait beaucoup plus de tests (1000 par jour), et ils sont beaucoup plus positifs", constate-elle.

Face à l'augmentation de la demande de tests, l'ARS a donné des consignes aux laboratoires pour "prioriser" les patients qui ont des symptômes et qui ont eu une prescription médicale, tout comme les patients qui sont "contacts à risque" confirmés par le contact-tracing de l'assurance maladie.

Caroline Callens-Ageron appelle chacun à respecter les gestes barrières. Au travail aussi.

"On constate pas mal de contaminations en entreprises, avertit-elle. Le port du masque est bien respecté en présence de clients ou en contact avec le public, mais il y a parfois un relachement entre collègues de travail et encore plus dans les moments de pauses et des repas. Ce sont des situations à risque." 
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