REPLAY. Débat départementales 2021 à Carpentras dans le Vaucluse, enjeux, social et mobilité, ce qu’il faut retenir

 Le président actuel du département, Maurice Chabert, a été élu en 2015 et n'est pas candidat à sa propre succession. Le débat du jour concerne le Vaucluse et plus particulièrement le canton de Carpentras, remporté en 2015 par le Rassemblement National. Le débat est à retrouver ici. 

Sur le terrain, les différents candidats ont déploré "peu d’intérêt pour ce scrutin " des départementales, à l'inverse des élections régionales
Sur le terrain, les différents candidats ont déploré "peu d’intérêt pour ce scrutin " des départementales, à l'inverse des élections régionales © Clara LALANNE/FTV

Le département de Vaucluse comprend 34 conseillers départementaux, issus des 17 cantons ancrés majoritairement à droite. Son président, Maurice Chabert a été élu en 2015, il n'est pas candidat à sa succession les 20 et 27 juin prochain.

C’est à l’issue d’un troisième tour que Maurice Chabert (LR) a décroché la présidence du département. Il avait obtenu 12 voix à égalité avec Max Raspail (PS). A 71 ans, il l’avait emporté au bénéfice de l’âge, succédant ainsi à Maurice Haut (PS), élu depuis 2001 à la tête du département.

 Le débat du jour, concerne plus particulièrement le canton de Carpentras, très représentatif de la vie politique vauclusienne, et qui regroupe les communes d'Aubignan et de Loriol.

Qui sont les candidats ?

A Carpentras cette année, quasi tous les partis politiques sont représentés, cinq binômes se présentant à l'élection. 

La gauche s'est unie avec les écologistes et avec pas moins de huit mouvements rassemblés, cette liste est représentée par Victorine Surtel et Franck Meseguer Salvador. "C'est une union forte et historique que nous portons", annonce la candidate présente sur le plateau de France 3.

Les républicains, eux, entendent bien rester aux manettes de ce département remporté en 2015, grâce à un bilan qu'ils estiment plutôt positif. Les candidats Marc Jaume et Corinne Vendran se présentent au scrutin pour la 2ème fois.

Le binôme sortant à Carpentras, candidat à sa propre succession, est celui d'Hervé de Lépineau et de Marie Thomas de Maleville du Rassemblement national. Un duo bien implanté, qui compte surfer sur la dynamique lancée par le parti qu'incarne Thierry Mariani pour les régionales.

Cette élection voit aussi le retour de Francis Adolphe, l'ancien maire de Carpentras, qui replonge dans l'arène politique associé à Astrid Jourdan. Il revient après une condamnation pour des faits de violences conjugales et une peine d'inégibilité, et se présente sans étiquette après avoir quitté le PS en 2012.

"Il y a un premier jugement que j'assume, et un dernier jugement du 14 janvier 2021 m'a réhabilité dans mes droits. C'est pour cela que je suis là et que je peux me présenter. Les carpentrassiens ne m'ont jamais abandonné et je ne les ai jamais abandonné non plus", précise-t-il. 

Autre binôme à se présenter à Carpentras : Denis Morandeau et Nathalie Mus pour La République en Marche. Ils ne sont pas en mesure de briguer la présidence, mais se poseront volontiers en arbitres du troisième tour.

Les enjeux politiques

Le débat s’est ouvert sur un constat : ce scrutin des départementales ne passionne guère les électeurs. 

"Il est éclipsé par celui des régionales", regrette Marc Jaume (LR), notamment en région Paca, marquée par le psychodrame entre Renaud Muselier et le parti des Républicains. Et pourtant, le budget du département de Vaucluse est un budget conséquent, à hauteur de 673,4 millions d’euros.

Le représentant de la majorité sortante regrette que ces élections restent discrètes, "peu relayées par les médias". Face aux régions, "le département est devenu le parent pauvre des politiques locales, et c’est bien dommage", s'est agacé le représentant du RN, Hervé de Lépinau. 

"Notre rôle et de faire comprendre aux citoyens que le département est très important", précise Francis Adolphe (SE), avec des prérogatives comme celles du logement, du travail et du handicap, des collèges ou de l’éducation.

Quelques joutes verbales ont eu lieu entre Denis Morandeau et Hervé de Lépineau. Le premier réclame des comptes sur le bilan dans le canton de Carpentras, le second s’est défendu de ne pas être à la tête du département et de ne pouvoir apporter plus de résultats. "Nous avons pu contrer une hausse de la fiscalité", se satisfait toutefois le candidat du RN.

En face, Marc Jaume est longuement revenu sur le fait que la mandature actuelle bénéficiait, selon lui, "d’une bonne image sur sa gestion du département ".

Les enjeux sociaux (insertion, vieillesse, handicap)

La politique sociale est l’un des principaux postes de dépenses du département, à hauteur de 295 millions d’euros dans le Vaucluse. 

Victorine Surtel, qui représente l’alliance des partis de gauche et des écologistes, propose une "expérience RSA" pour les 18-25 ans. Un revenu qui leur permettrait de se former dans des secteurs d’avenir comme le numérique ou le développement durable, afin de les aider à trouver du travail.

Pour cette tranche d’âge, le candidat LR Marc Jaume propose une prise en charge intégrale du permis de conduire pour les jeunes en recherche d’emploi.

Pour Hervé de Lépineau (RN), l'insertion passe avant tout par la création d'un environnement économique favorable. Il espère bénéficier d’une “dynamique” de son parti sur le territoire afin d'attirer des entrepreneurs dans le Vaucluse. 

Autre élément central : l'accompagnement des personnes âgées. D’ici 2030, en effet, un vauclusien sur trois aura plus de 60 ans. La plupart des candidats se positionnent en faveur du maintien à domicile, proposant une revalorisation de l’allocation personnalisée d’autonomie.

Marc Jaume (LR), souhaite favoriser les structures de "familles d’accueil" où cohabitent des jeunes et des personnes âgées. Sur un terrain similaire, l’ancien maire Francis Adolphe propose un programme "Un jeune, un senior", pour faciliter l’accès au numérique pour les personnes âgées et créer du même coup des emplois jeunes.  

Le binôme LREM, pour sa part, plaide pour renforcer les droits des aidants, notamment ceux des personnes en situation de handicap. "Ils n’ont pas d’aide ou très peu d’aides, avec un salaire qui ne leur permet pas de vivre décemment", ajoute Denis Morandeau, s'appuyant sur la stratégie annoncée par le gouvernement en 2019.

Pistes cyclables, routes et mobilité

Victorine Surtel, qui représente la liste des gauches et écologistes, s'engage à favoriser le développement des mobilités douces sur le territoire, en particulier le vélo pour aller au travail. Comme Marc Jaume (LR), elle propose aussi de "protéger les agriculteurs du changement climatique", en améliorant les sytèmes d'irrigation dans certains secteurs du Vaucluse, menacés par la sécheresse. 

La limitation à 80 kilomètres/heures sur les routes départementales est un sujet qui mobilise particulièrement les candidats du canton de Carpentras. Pour Hervé de Lépineau (RN), cette mesure "fait tourner la machine à fric" de l'Etat avec de nombreuses amendes, pénalisant les automobilistes. Denis Morandeau, de son côté, estime qu'il ne s'agit pas d'une "priorité" sur ce territoire, marqué par de nombreux accidents de la route. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
débats interactifs société élections départementales 2021 politique élections rassemblement national europe écologie les verts la france insoumise la république en marche les républicains parti communiste parti socialiste élections régionales 2021 élections cantonales