Les pompiers du Vaucluse s'équipent de caméras pour éviter les agressions dont ils sont victimes

© Nicolas Chaix-Bryan / FTV
© Nicolas Chaix-Bryan / FTV

Les sapeurs pompiers des casernes d'Avignon, Carpentras, Orange et Cavaillon vont désormais porter des petites caméras sur leur uniforme. Cet équipement a pour but de limiter les risques d'agressions physiques ou verbales dont ils sont de plus en plus victimes.

Par Louise Beliaeff

Elle ne mesure que quelques centimètres. Une petite caméra, dite "caméra-piéton", est désormais fixée au-dessus de l'uniforme des sapeurs-pompiers des casernes d'Avignon, Carpentras, Orange et Cavaillon dans le Vaucluse.

Cette nouveauté, testée pendant trois ans, a pour but de prévenir les agressions physiques et verbales dont sont victimes les sapeurs-pompiers, et ce de plus en plus.

Des agressions en hausse

En 2019, 57 agressions ont été recensées dans le Vaucluse, pour 28 en 2018, soit une augmentation de 103% en un an. 

Au niveau national, 3.411 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d'une agression en 2018, contre 899 en 2015 selon une note de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée mercredi 18 décembre dernier.

Sur les 3.411 pompiers ayant été agressés en 2018, 2.241 ont déposé plainte, soit 66 % d’entre eux, et 450 véhicules de pompiers ont été endommagés.

En mai dernier, un fourgon du SDIS 13 a été caillassé par une dizaine d'individus alors qu'il intervenait pour un feu de poubelle. 

L'ONDRP constate une hausse globale des agressions de 280% sur dix ans.
D'après les statistiques de la DGSCGC (Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises), 50% des agressions sont verbales, 35% sont dites "simples", 11% avec jets de projectile et 4% avec armes.

Dans un rapport rendu public le 11 décembre, plusieurs sénateurs ont appelé le gouvernement à agir contre ces agressions en hausse. Les caméras sont une des réponses.

Une proposition de loi portée par le sénateur PS du Nord Patrick Kanner a été adoptée par le Sénat le 6 mars dernier. L'objectif : faciliter le dépôt de plainte des pompiers en leur permettant de garder leur anonymat. 

Les trois rôles de ces caméras

Le lieutenant-colonel Philippe Chaussinand, responsable des opérations du SDIS 83, de développer les trois principaux intérêts de cette expérimentation : "Dissuader les personnes qui voudraient commettre l'irréparable, utiliser l'enregistrement à des fins judiciaires pour des poursuites éventuelles (...), ou permettre la formation du personnel"
Testées depuis trois mois à Lyon, les caméras embarquées semblent porter leurs fruits. Le nombre d'agressions a diminué. 

Un encadrement strict

L'utilisation de images produites par ces caméras est encadrée de façon stricte par une loi et un décret (n° 2019-743). 

Les caméras ne filment pas en permanence. Le déclenchement est décidé par un pompier "que lorsque se produit ou est susceptible de se produire un incident de nature à mettre en péril l’intégrité physique des sapeurs-pompiers", précise le ministère de l'Intérieur. 

Par ailleurs, les images captées ne peuvent pas être visionnées par l’utilisateur de la caméra, ni transmises en temps réel à distance. "Seul un nombre très limité de personnes y auront accès", assure le ministère. 

Les sapeurs-pompiers peuvent utiliser ces caméras dans n'importe quel contexte, à l'extérieur ou à l'intérieur d'un domicile. Ils sont dans l'obligation de prévenir la personne qui est filmée... mais cette dernière ne peut s'y opposer. 

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