publicité

Lumière sur Tévennec : une opération pour renouer avec la tradition des gardiens de phares en mer

Personne n'a séjourné sur Tévennec depuis 105 ans. A partir du mois d'octobre 2015, Marc Pointud devrait pourtant passer 60 jours, seul sur le phare. Derrière cette opération, l'envie de faire la lumière sur le patrimoine des phares en mer et la restauration de Tévennec. 

  • Par Emilie Colin
  • Publié le
Le phare de Tévennec © Charles Marion

© Charles Marion Le phare de Tévennec

Soixante jours, seul, et sur le phare de Tévennec, aussi appelé le "phare maudit", c'est le défi que relèvera Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des Phares et Balises (SNPPB) dès le mois d'octobre. Âgé de 64 ans, cet expert en patrimoine maritime se prépare pour cette expérience en solitaire, un projet qu'il nourrit depuis plusieurs années déjà. 

Rallumer la lumière...mettre en lumière.

Marc n'a pas choisi ce phare par hasard. Pour lui, il est le représentant le plus emblématique des patrimoines du Raz de Sein avec Ar-Men. Sauf que ce dernier, "c'est un cierge dans l'eau, pas du tout accessible" explique-t-il. "Tévennec, c'est difficile d'y arriver mais on reste en dehors des flots, on a un habitat." 

Il faut remettre de la présence humaine dans les phares, pour sauvegarder le patrimoine, matériel et immatériel, l'histoire de ces gardiens (M. Pointud)


Pour Marc, l'aventure commencera donc à l'automne, avec un seul ravitaillement avant d'entrer dans le phare "Je ne suis pas Robin Crusoé" plaisante-t-il. Il aura besoin de nourriture, d'eau, de dispositifs de sécurité car "on ne sait jamais ce qui peut arriver, les vagues passent parfois par dessus les toits !". Un ancien gardien, Louis Cozan lui a déjà prodigué quelques conseils comme de ne jamais placer les réserves d'eau au même endroit. Les images tournées en 2014 et pendant les tempêtes rappellent à quel point les vagues peuvent être "envahissantes". 


Pendant ces deux mois, Marc ne sera pas totalement déconnecté du monde. Grâce à un partenariat avec la presse et la télévision locale, il racontera ses journées, en vidéo et en photos. La solitude ne le dérange pas : "c'est un haut lieu de méditation, un endroit extraordinaire d'un point de vue personnel. J'en profiterais pour écrire un journal de bord mais aussi un livre. 60 jours, c'est le moment ! " 

Un phare plein de mystères

Le phare de Tévennec, construit entre 1869 et 1874, représente l'un des phares les plus mystérieux d’Iroise. Son feu a été conçu pour baliser le nord du raz de Sein. Situé en pleine mer, il incarne les aberrations administratives de toute une époque. Un seul gardien y était assigné, sans relève, impliquant des conditions de travail très difficiles. La plupart de ceux qui sont passés par Tévennec ont connu un sort tragique. Henri Guézennec, le premier devient fou. Harcelantes, des voix lui ordonnent en breton : "kers cuit, kers cuit… ama ma ma flag", ce qui signifie : "Va-t-en, va-t-en,ici, c’est ma place". Alain Menou, le second résiste pendant 7 ans (de 1878 à 1885) puis devient fou à son tour. Alerté, le curé de Plogoff bénit le rocher, intimant au diable de s’en aller. Plus tard, le gardien auxiliaire Miliner meurt sans que l’on puisse lui porter secours. Alexis Kerbiriou, du Conquet, rend l’âme dans les bras de son compagnon qui le veille 2 jours et 2 nuits jusqu’à la relève. Les malheurs s'y succèdent jusqu'en 1910, année pendant laquelle l'administration décide de transformer le phare en feu permanent à gaz. Aujourd’hui, le feu du Tévennec est alimenté par l’énergie solaire.

Le projet nécessite un budget de 6200 euros. Phares et Balises fait donc appel à la générosité des internautes via MyMajorCompany. Vous pouvez aussi croiser Marc pendant la Semaine du Golfe où il tient un stand ! 

L'actu de votre région en vidéo

Atelier de transformation de bonites séchées

Une coopérative japonaise vient d'investir près 2 millions d'euros pour ouvrir un atelier de transformation de filets de bonites séchées à Concarneau. L'usine est encore en rodage mais à terme, l'équipe espère travailler 2 à 3 tonnes de poissons par semaine. Ce produit de niche ( vendu autour de 100 euros le kilo) est destiné au marché européen très difficile à pénétrer à partir du Japon car les normes sanitaires ne sont pas les mêmes... Intervenants : Gwenaël Perhirin, directeur de Makurazaki France Katsuobushi - Yutaro Higashi, spécialiste découpe et fumage - Yves-Marie Cariou, responsable de production - Atsushi Kawazoe, formateur conditionnement

Reportage : C. Louet - V. Morzadec

les + lus
les + partagés