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Migrants de Calais : le directeur se dit "satisfait" du démarrage du camp en dur

Le directeur de la "Vie active", qui gère le nouveau Centre d'accueil provisoire (CAP) au sein de la "Jungle" de Calais, s'est dit jeudi "satisfait" de ce nouveau camp en dur, avec une augmentation progressive des migrants hébergés.

  • avc AFP
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© MAXPPP

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"On a eu tout à fait logiquement lundi 144 personnes inscrites et une quarantaine d'hébergées le soir, mardi un peu plus et ce soir on devrait approcher les 200 personnes hébergées", a déclaré Stéphane Duval, directeur de la Vie active. "On commence à avoir des listes d'attente d'inscription, le bouche à oreille entre migrants fonctionne. Il y a une cinquantaine de migrants de plus qui arrivent chaque jour, c'est le rythme que l'on avait prévu", s'est-il félicité.

Le nouveau centre d'accueil provisoire (CAP), composé de 125 conteneurs de 12 places, a été ouvert lundi et peut accueillir jusqu'à 1.500 migrants. Dans ce CAP clos par un grillage, les migrants hébergés peuvent entrer librement, jour et nuit. Pour s'identifier, ils ont chacun un code d'accès et doivent se prêter à une analyse morphologique 3D de la main.


Déménagement de la "Jungle"

Près de 4.000 clandestins se trouvent à Calais, selon le dernier décompte de la préfecture "Pour l'instant, il n'y a pas trop de monde qui va dans les containers mais quand il y a quelque chose de nouveau, il faut toujours du temps pour que les gens l'apprivoisent", a déclaré le président d'une autre association, l'Auberge des migrants, Christian Salomé.

Parallèlement à cette mise en route du CAP se déroule progressivement le déménagement d'une partie de la Jungle, celle qui est la plus proche de la rocade et d'une route où habitent des riverains. En effet, la préfecture veut mettre en place une bande de 100 m jouxtant la rocade portuaire et les maisons, qui doit libérer cet emplacement appelé à devenir une zone plane et déboisée permettant une meilleure visibilité aux forces de l'ordre pour éviter les intrusions des migrants sur l'autoroute.

"Actuellement tout est mis en oeuvre par les autorités, avec l'aide des associations d'aide aux migrants, pour que ces derniers acceptent par eux-mêmes la proposition qui leur est faite d'être accueillis au CAP", a indiqué jeudi la préfecture du Pas-de-Calais. Selon plusieurs observateurs présents sur place, plusieurs migrants avaient commencé à déplacer mercredi leur tente et ce déménagement se poursuivait bon an mal an jeudi.

En effet, certains semblaient plus réticents, comme Barwali, migrant afghan, gérant d'un "restaurant" à l'entrée de la "Jungle", près de la rocade. "Pour le moment on attend, car on n'a reçu aucune consigne. On entend dire qu'ils vont détruire tout ça demain, je ne sais pas exactement, mais on continue à attendre. Pour l'instant rien, aucun véhicule, ne nous force à partir d'ici", a-t-il dit.

Certains bénévoles britanniques aident des migrants à déménager comme Larry. "On déménage tous les abris que l'on peut atteindre et on les amène dans un endroit plus sûr du campement", a-t-il expliqué. Quelques migrants déplaçaient sur leurs épaules des tentes de la bande située à 100m de la rocade portuaire à l'intérieur du camp. "Je ne sais pas trop où on va aller, peut-être derrière l'église. On n'a pas le choix", confie, résigné, Hafaza,
Afghan qui tenait son restaurant au coeur du quartier commercial depuis quatre mois.
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