Trois jeunes renvoyés en procès pour l'agression de Zhang Chaolin à Aubervilliers

Des proches rendent hommage à Zhang Chaolin (portrait) le 14 août 2016, quelques jours après sa mort. / © ALAIN JOCARD / AFP
Des proches rendent hommage à Zhang Chaolin (portrait) le 14 août 2016, quelques jours après sa mort. / © ALAIN JOCARD / AFP

Après l'agression de ce couturier chinois à Aubervilliers en août 2016, trois jeunes avaient été interpellés. Il ont été renvoyés en procès jeudi pour "vol avec violences ayant entraîné la mort". Le caractère raciste de l'attaque a été retenu. 

Par France 3 Paris Île-de-France avec AFP.

Le 7 août 2016, trois hommes attaquent Zhang Chaolin et un de ses amis alors qu'ils marchent dans la rue à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et lui volent sa sacoche. Cet immigré chinois de 49 ans décède cinq jours plus tard. Un an après les faits, trois jeunes ont été renvoyés en procès pour son agression, a appris l'AFP jeudi de source proche du dossier.

Deux d'entre eux, 17 et 19 ans au moment des faits, sont renvoyés devant la cour d'assise des mineurs. Le dernier, alors âgé de 15 ans, devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle. Ils sont tous les trois poursuivis pour des faits de "vol avec violence ayant entraîné la mort".

Un crime raciste qui avait choqué la communauté


Dans l'ordonnance de renvoi, la juge d'instruction a retenu comme circonstance aggravante le fait que l'agression a été commise en raison de "l'appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une nation". Pour l'avocat de l'ami blessé, Vincent Fillola, c'est une "première victoire judiciaire". 

Arrêtés quelques semaines après l'agression, les trois jeunes avaient expliqué pendant l'enquête avoir pris pour cible Zhang Chaolin et son ami car ils étaient "susceptibles de détenir de l'argent" en espèces, simplement car ils étaient chinois. Le sac dérobé ne contenant en fait qu'un chargeur de portable et des bonbons. 


Le décès de Zhang Chaolin avait choqué la communauté chinoise d'Aubervilliers, qui représente 10 000 personnes, et provoqué des manifestations dans la commune et dans la capitale. Les manifestants dénonçaient la fréquence des agressions les touchant et l'inaction des autorités. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, avait alors promis"de renforcer davantage les effectifs de police" dans la ville, première plateforme d'import-export de textile d'Europe. 

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