publicité

Najat Vallaud-Belkacem piégée par un salafiste : polémique sur Facebook

Najat Vallaud-Belkacem s'est-elle laissée piéger lors d'une émission dimanche sur Canal + par un salafiste se réclamant d'une organisation humanitaire ? La polémique enfle sur Facebook et rebondit maintenant sur la scène politique. Christian Jacob l'accuse de "s'être laissée humilier".

  • Par Philippe Bette
  • Publié le , mis à jour le
Najat Vallaud-Belkacem © Max PPP

© Max PPP Najat Vallaud-Belkacem

La ministre de l'Education a été très critiquée sur les réseaux sociaux pour ne pas avoir réagi plus vivement dimanche, sur le plateau de l'émission de Canal+ "Le supplément", aux propos du fondateur de Baraka City, Idriss Sihamedi, qui ne "serre pas la main aux femmes" et s'est montré louvoyant sur la question de savoir s'il condamnait l'organisation EI.
Manifestement très attentive aux déclarations de Mr Sihamedi, elle est restée silencieuse tout au long de son intervention, ne l'interrompant jamais. Quand le journaliste lui a demandé si elle souhaitait réagir, voici ce qu'elle a répondu :En guise de réponse, elle s'est donc dite simplement "mal à l'aise" et a répondu qu'elle ne rajouterait rien... 

La réponse ne s'est pas fait attendre sur Facebook :  

"Vous n'avez rien dit sur le plateau TV. vous avez fait preuve d'une lâcheté confondante voire d'une complicité malhonnête" - Philippe Verger (Facebook)






"Quand je pense à vos répliques cinglantes, souvent fallacieuses et méprisantes lors de débats avec des croyants ou religieux lors de votre ancien mandat....." Monique Dorel (Facebook) 







Très sévèrement mise en cause, Najat Vallaud-Belkacem a publié lundi un communiqué sur sa page Facebook qui dit ceci :

"À la suite des réactions suscitées par l’intervention inacceptable du président d’une association lors de l’émission « Le Supplément » diffusée hier sur Canal+, je tiens à ne laisser subsister aucune ambiguïté.Au-delà de la sidération provoquée par le refus inadmissible, et inédit à ma connaissance dans ce type d’émission, de condamner clairement Daesh, les propos de cet individu mettent en cause les principes fondamentaux de notre République, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est la raison pour laquelle j’ai non seulement exprimé mon profond désaccord, mais aussi refusé d’engager un débat avec un individu qui se situe en dehors du champ républicain.

En tant que ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, j’ai engagé une mobilisation inédite de l’école pour transmettre et faire vivre les valeurs de la République, avec une exigence : ne laisser prospérer aucune atteinte à ces valeurs. C’est le sens des efforts sans précédent consacrés à la formation des enseignants, à la production de ressources pédagogiques nouvelles, à la création d’un enseignement moral et civique et à l’affirmation de règles claires pour faire respecter pleinement le principe de laïcité.

Notre pays tout entier est aujourd’hui mobilisé dans la guerre que lui livrent le terrorisme et l’obscurantisme. Les propos scandaleux tenus dans cette émission rappellent l’exigence de toujours opposer la pensée à la barbarie, sans jamais la rabaisser à la polémique."


Des explications qui n'ont pas convaincu les internautes qui jugent que Najat Vallaud-Belakacem réagit à contre-temps  :

Réaction très tardive. C'était sur le plateau qu'il fallait lui répondre à ce misogyne moyenâgeux, raciste et antisémite. - Philippe Petelot - (Facebook) 



"Vous avez raté une excellente occasion de vous distinguer et d'inspirer le respect. Le message que vous envoyez n'est pas très convaincant"- Eber Addad - (Facebook)






"Une belle régression pour la France cette soumission !!! "- Crabinette Espana (Facebook)



 





La polémique s'est invitée mardi après-midi à l'Assemblée nationale, où le député de la Loire Yves Nicolin (Les Républicains) a reproché à la ministre "de ne pas être à la hauteur" et son attitude "passive".

Le président du groupe politique des Républicains à l'Assemblée Nationale a lui aussi réagi : "Najat Vallaud-Belkacem ne peut pas se laisser humilier comme elle s'est laissée humilier. Non seulement elle est humiliée, mais c'est le gouvernement, c'est la France qui est humiliée par son attitude.La République ne peut pas être humiliée par l'attitude d'un de ses ministres", a dit M. Jacob à l'AFP en marge de ses voeux à la presse.

"L'association Baraka City représente un véritable danger et la question n'est pas de savoir si la réaction de Najat Vallaud-Belkacem avait été la bonne", a de son côté relevé le Premier ministre Manuel Valls lors d'une réunion avec le bureau national du Parti Radical de gauche.
les + lus
les + partagés