En Ardèche, les vendanges sont particulièrement affectées par l'épisode de gel d'avril

Le mois d'avril 2021 restera dans les mémoires des vignerons du Sud-Ardèche. En quelques heures, des centaines d'hectares ont été ravagés par le gel. A l'heure des premières vendanges, le constat est amer : la récolte est amputée au moins d'un "gros tiers", parfois plus.

C'est un premier jour de vendanges bien atypique en Sud-Ardèche. Sur les coteaux de Labeaume, Pierre Champetier, comme à son habitude, récolte les premiers raisins au petit matin, alors que les rayons du soleil n'ont pas encore réchauffé les précieuses baies. Mais la routine s'arrête là. 

Car cette année, la récolte est tardive,  plus de trois semaines de décalage par rapport à l'an dernier. Mais surtout les raisins se font rares. La faute au gel de début avril qui a "grillé" les bourgeons, en particulier sur les cépages précoces, blancs, comme le chardonnay et le muscari.

Une grosse baisse du rendement

"Hétérogène" c'est le mot choisit par Pierre Champetier pour décrire la récolte. Selon les ceps de vigne, plus ou moins exposé ou protégés du gel, les raisins sont plus ou moins rares et de petite taille. Pour lui, même si la campagne ne fait que commencer, la perte due au grand froid se chiffrera probablement en un "gros tiers" de la récolte attendue initialement.

Une calamité qui en rappelle d'autres. Ainsi, Pierre se remémore les "très grosses gelées" de 1991, puis les épisodes de 1994 et 1997. Une "décennie noire" de sinistre mémoire, mais qui avait touché des surfaces moins importantes que cette année.  

Des calamités de moins en moins exceptionnelles

Cette année, du côté de la cave coopérative de Ruoms, on redoute même une demi-récolte. Une configuration plus si exceptionnelle, concède Régis Ollier, gérant de la cave des vignerons du Sud-Ardèche. 

"Malheureusement, ça fait partie du métier, il faut faire avec. (...) Quand on suit l'historique de la cave coopérative, on a des années de gel qui se suivent, des années de plus en plus chaudes et après, on a une nuit froide en avril qui, en quelques heures, met tout le travail à plat" 

Régis Ollier, gérant de la cave coopérative des vignerons Sud-Ardèche

Moins de raisin, c'est en bout de chaîne moins de vin à vendre, un vrai problème pour les acteurs de la filière. Philippe Dry, directeur de l'Union des Vignerons Ardéchois, explique toutefois que la vente des millésimes 2019 et 2020, permettront d'amortir la baisse des volumes sur les millésimes 2021.

Une baisse dont on aura une idée beaucoup plus précise à la fin de la campagne de vendages, ce sera pour la mi-septembre en Sud-Ardèche.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vendanges agriculture économie viticulture vins culture gastronomie