Genève pourrait devenir l'une des premières villes de Suisse à interdire la publicité

Le conseil municipal de Genève a adopté une initiative visant à bannir la publicité commerciale de l'espace public. La mesure, qui fut au centre d'un feuilleton judiciaire, fait débat étant donné le manque à gagner que cela représenterait pour la ville.
Le conseil municipal de Genève a adopté l'initiative "Zéro pub" visant à bannir la publicité commerciale.
Le conseil municipal de Genève a adopté l'initiative "Zéro pub" visant à bannir la publicité commerciale. © Grégory YETCHMENIZA / LE DAUPHINE / MAXPPP

Les panneaux publicitaires pourraient bien disparaître des rues de Genève. Le conseil municipal de la ville s'est prononcé mardi 7 septembre en faveur de l'initiative "Zéro pub" visant à interdire la publicité commerciale sur le domaine public. Après plusieurs années de bataille devant les tribunaux, cette proposition citoyenne a été adoptée par les élus de gauche, rapporte la RTS.

L'idée est de "libérer" l'espace public des affichages publicitaires commerciaux pour laisser la place notamment aux associations et acteurs de la culture. Cette disposition permettrait également de "faciliter la mobilité (des) personnes en situation de handicap", avance la ville, les panneaux faisant "obstacle aux déplacements par leur emprise physique sur les espaces piétonniers".

L'initiative est née début 2017 lorsque la ville de Genève s'est retrouvée sans affichage pendant plusieurs jours en raison d'un changement de régie publicitaire. Les habitants se sont alors emparés des panneaux vierges pour y inscrire des messages ou y faire des dessins. Plusieurs organisations ont par la suite élaboré l'initiative "Zéro pub". Elle s'est toutefois heurtée à l'opposition d'un citoyen qui a contesté sa validité devant plusieurs juridictions.

 

Impact "réduit"

Après des années de procédure, la justice estime finalement que le texte ne porte pas atteinte à la liberté économique. Tous les signaux sont donc au vert après son adoption par le conseil municipal. Enfin presque, car l'exécutif doit élaborer un règlement d'application dans les trois mois suivant le vote. Et ce règlement pourrait lui aussi être attaqué. La décision reviendrait alors aux Genevois qui seraient consultés par voie de référendum.

Plusieurs points font toujours l'objet de débat, notamment l'impact jugé limité de cette mesure. Sur les 3 600 panneaux publicitaires que compte la ville, seuls 300 seraient concernés, les autres se situant dans le domaine privé, relève 20 Minutes. "L'impact réel sur le paysage sera réduit. En revanche, cela fera un manque un gagner certain pour la Ville", estime la conseillère administrative du Parti démocrate-chrétien Marie Barbey-Chappuis auprès du journal suisse.

Cela représenterait un manque à gagner de 4 millions de francs suisses par an pour la municipalité qui a déjà présenté un budget déficitaire de 42 millions de francs. En France, des villes comme Grenoble ont déjà franchi le pas en interdisant la publicité commerciale sur le domaine public.

 

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