"Ces annonces font du bien au moral" : le gouvernement soutient le projet d'ascenseur valléen à l'Alpe du Grand Serre

La ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, Dominique Faure, a indiqué, ce jeudi 18 avril, soutenir le projet d'ascenseur valléen porté par la station de ski de l'Alpe du Grand Serre. En difficulté ces derniers hivers, le domaine skiable isérois espère développer un tourisme "quatre saisons" avec cette remontée mécanique.

En visite ce jeudi au salon Mountain Planet de Grenoble, rendez-vous annuel des professionnels de la montagne, la ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, Dominique Faure, a annoncé à nos confrères de France Bleu Isère que le gouvernement soutenait un projet d'ascenseur valléen porté par la station de ski de l'Alpe du Grand Serre (Isère).

"Le projet de diversification de la station de l'Alpe du Grand Serre doit permettre d'adapter son modèle au changement climatique. Ce (jeudi) matin à Grenoble, j'ai réuni les acteurs locaux avec Marie-Noëlle Battistel (députée PS de la 4e circonscription de l'Isère, NDLR) pour travailler sur le projet. Je les réunirai de nouveau dans un mois pour faire un nouveau point d'étape sur le financement. D'ici là, nous allons travailler avec la région Auvergne-Rhône-Alpes à la mobilisation de fonds européens", a-t-elle indiqué sur le réseau social X dans la foulée.

"Le ski est au cœur du dispositif touristique de montagne : il ne s'agit pas de s'en débarrasser mais de le soutenir pour le faire évoluer vers des pratiques plus durables. Devant l'ensemble des acteurs de la montagne, j'ai eu l'occasion de rappeler l'engagement total de l'État à leurs côtés, pour le territoire et l'économie nationale", a poursuivi la ministre déléguée.

Un projet à 24 millions d'euros

"Ce sont des annonces qui font du bien au moral. Elles remettent du dynamisme dans ce projet, s'est réjoui Arnaud Chattard, vice-président de la communauté de communes de la Matheysine délégué au tourisme. On l'a vu dans le dernier rapport de la Cour des comptes : la montagne doit envisager sa transition. L'enjeu est de ne pas avoir une rupture. Le ski nous ramène de l'argent sur notre territoire. Cet argent doit être réinvesti dans la diversification."

"L'enjeu est d'arriver à finaliser ce plan de financement", indique-t-il avant de préciser que des collectivités et des partenaires privés avaient déjà fait part de leur volonté de participer au projet. La ministre compte également trouver des financements européens, au titre de son statut "expérimental". Au total, près de 24 millions d'euros sont à trouver, précise Arnaud Chattard.

Que ce soit l'hiver ou l'été, ça donne des perspectives beaucoup plus grandes.

Raymond Maslo, maire de La Morte

La station de l'Alpe du Grand Serre peine à survivre ces dernières saisons, à cause notamment du déficit de la régie des remontées mécaniques, d'une fréquentation fluctuante et des chutes de neige de plus en plus occasionnelles en moyenne montagne.

Cet "ascenseur" devrait permettre de rallier la station de l'Alpe du Grand Serre, à près de 1 700 mètres d'altitude, depuis la Matheysine. Il devrait également devenir le seul "porteur" et remplacer toutes les remontées mécaniques. L'objectif : tendre vers un projet "toute saison". Du moins, c'est ce qu'espère Raymond Maslo, maire de La Morte, commune en contrebas de la station : "Ça va apporter énormément d'ouverture sur de la diversification quatre saisons. Aujourd'hui, on se cantonne à une face de montagne à 1 500 mètres d'altitude. Avec cette remontée mécanique, on aurait accès à d'autres domaines. Que ce soit l'hiver ou l'été, ça donne des perspectives beaucoup plus grandes, comme le VTT, la randonnée..."

"L'objectif est aussi de ne pas transformer notre montagne en un parc d'attractions. Il faut qu'elle reste un espace de découverte, de nature", nous indiquait Caroline Saurat, présidente de la communauté de communes de la Matheysine, mi-mars. Alors qu'un groupe de travail, mené par la députée Marie-Noëlle Battistel, doit se former dans les prochains jours, les attentes sont grandes de la part des professionnels locaux : "On sait que le chemin est encore long. Maintenant, nous attendons des actes. Mais l'espoir est là", conclut Arnaud Chattard.