524 malades du Covid-19 hospitalisés à Grenoble : "On n'a pas encore passé le pic", prévient un infectiologue

Alors que la seconde vague n'a pas encore atteint son pic, 524 patients atteints du Covid-19 sont hospitalisés dans les établissements de santé de Grenoble. C'est quatre fois plus qu'au plus fort de la première vague.
Le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint dans le bassin grenoblois, selon un infectiologue. (Illustration)
Le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint dans le bassin grenoblois, selon un infectiologue. (Illustration) © ALAIN JOCARD / AFP
Si l'épisode du printemps dernier était une première vague, c'est une déferlante qui arrive cette fois dans les hôpitaux de Grenoble. Au 10 novembre, 524 patients atteints du Covid-19 étaient hospitalisés dans les établissements de santé du bassin grenoblois. Soit quatre fois plus que le plus haut niveau atteint lors du premier confinement, alors que l'Isère avait été moins touchée par l'épidémie. Le département affiche aujourd'hui la sixième incidence la plus élevée de France - 854 cas positifs pour 100 000 habitants sur une semaine glissante.

En un mois, 132 patients Covid supplémentaires ont été admis dans les hôpitaux grenoblois. Et la tendance à la hausse se poursuit. "On constate une augmentation moins forte que les semaines d'avant mais qui reste importante", a expliqué la directrice générale du CHU Grenoble-Alpes, Monique Sorrentino, lors d'une conférence de presse jeudi 12 novembre. "On n'a pas basculé dans la saturation, on arrive encore à s'adapter, mais on s'y approche" malgré l'ouverture de 25 lits supplémentaires au CHU, a-t-elle ajouté.

"En début de semaine, on se demandait mais maintenant, on se dit qu'on n'a pas encore passé le pic. L'infection circule toujours", a ajouté le Pr Olivier Epaulard, infectiologue au CHU. Le plateau tant attendu par les professionnels de santé pourrait arriver à partir du 15 novembre, soit quinze jours après le début du confinement. Ils espèrent aussi ressentir l'effet du couvre-feu, entré en vigueur le 17 octobre dans la métropole de Grenoble.

 

Demande de transferts de patients


En attendant une stabilisation des admissions, le CHU de Grenoble a fait une demande de transfert de patients de réanimation vers d'autres établissements "pour disposer d'une marge suffisante de lits capables d'accueillir les besoins de santé pour les autres personnes hospitalisées", a fait savoir Mme Sorrentino. Ce week-end, l'Agence régionale de santé (ARS) a annoncé que 200 patients de la région allaient être transférés dans les 15 jours à venir pour réduire la tension hospitalière sur les établissements les plus touchés.
 
L'objectif pour ces hôpitaux est de continuer à accueillir des patients dits non-Covid. Ceux qui viennent se faire soigner pour d'autres pathologies ou les victimes d'accidents. Un équilibre qui reste "compliqué à tenir", selon la directrice du CHU.

Le Samu constate lui aussi "une marée qui monte" avec entre 3 000 et 3 500 appels reçus chaque jour, a indiqué son responsable, le professeur Guillaume Debaty. Si les appels pour des cas de Covid-19 sont en hausse, il note une "forme d'autocensure sur les autres causes", appelant ces malades à décrocher leur téléphone. L'épidémie de coronavirus mobilise 22% des capacités du CHU et 30% de celle du Groupe hospitalier mutualiste (GHM). Mais "le reste continue de tourner", rappelle Monique Sorrentino.

 

"Du jamais-vu"


"C'est du jamais-vu sur le territoire", a commenté pour sa part le Dr Guillaume Richalet, directeur général de la clinique des Cèdres à Echirolles qui arrive "quasiment à saturation". Contrairement à la première vague, tous les établissements de santé du bassin grenoblois accueillent des patients Covid pour juguler la forte hausse des contaminations. Et du côté des Ehpad en Sud-Isère, plus de 800 résidents ont été testés positifs au coronavirus en début de semaine.
 
Si les professionnels de santé espèrent entrevoir le bout du tunnel, ils appellent la population à respecter le confinement et les gestes barrières. "Personne ne peut baisser la garde", a estimé le Pr Epaulard, alors que le personnel hospitalier grenoblois garde les yeux rivés sur la Savoie, département voisin qui enregistre désormais le plus fort taux de nouvelles contaminations.

 
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