TEMOIGNAGES. Des étudiants infirmiers de Clermont-Ferrand mobilisés face au COVID 19

A Clermont-Ferrand, les étudiants de l'IFSI, l'école d'infirmiers, sont sollicités pour faire face à la pandémie de COVID 19 et interviennent en renfort à l'hôpital ou dans des EHPAD. Mardi 17 novembre, certains ont pû échanger avec le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez rencontrait mardi 17 novembre les élèves de l'école d'infirmiers de Clermont-Ferrand mobilisés face au COVID.
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez rencontrait mardi 17 novembre les élèves de l'école d'infirmiers de Clermont-Ferrand mobilisés face au COVID. © J.Teiller / FTV
Les étudiants de l'IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) de Clermont-Ferrand sont mobilisés face au COVID 19. Ils n'en sont qu’à la moitié de leur formation, mais sont déjà en première ligne. Pour ces étudiants infirmiers de Clermont-Ferrand, en deuxième année, le stage s'est transformé en un travail d'aide-soignant, en renfort dans des services COVID 19. « Être renfort ça veut dire faire le travail d'une aide-soignante et non pas d'une étudiante infirmière comme cela devrait être le cas. C'est aider le personnel qui est déjà bien fatigué, il y a des arrêts maladie, ils ne peuvent pas travailler 7 jours sur 7, donc c'est pour leur donner des repos et venir les aider de temps en temps », explique Gabrielle Moret, étudiante en 2ème année.

Se "débrouiller tout seul"

« A la base, je suis stagiaire en chirurgie digestive, mais maintenant je suis aide-soignant en service COVID. Les stagiaires qui devaient aller au CHU ont été rappelés, pour aller aider dans les services où on manque d'effectif. Ça a été assez compliqué, car, en 24 heures, il a fallu passer de la position de stagiaire à la position d'aide-soignant, c'est-à-dire un agent à part entière qui doit se débrouiller tout seul dans des équipes qui sont assez tendues », constate Samuel Jorge, lui aussi en 2ème année. Une mission utile, mais qui inquiète ces étudiants : « C'est bien car pour être un bon infirmier il faut être un bon aide-soignant mais malheureusement au niveau des soins plus techniques et précis, je n'ai pas beaucoup appris », regrette Samuel Jorge. « On s'interroge aussi sur notre avenir, on ne sait pas si on sera des infirmiers aussi compétents que ceux qui n'ont pas vécu cette situation », ajoute Gabrielle Moret.

Mobiliser plus de 5 000 renforts

A l'IFSI de Clermont-Ferrand, ils sont près de 100 à avoir été réquisitionnés. Au total pour l'Auvergne, ce sont 1000 soignants que souhaite trouver le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez pour les hôpitaux et maisons de retraites. Le plan régional prévoit de renforcer les effectifs des soignants. L’objectif est de mobiliser 5 000 soignants, parmi lesquels des élèves infirmiers de 2e année, avec un contrat à durée déterminée qui peut aller jusqu’à 1 mois, ainsi que les élèves masseurs-kinésithérapeutes. Les formations continues seront suspendues, pour une durée de 2 mois, pour 600 professionnels. « Par ailleurs, avec Pôle Emploi, la Région a identifié 3 000 infirmiers et 500 médecins inscrits à l’assurance-chômage. Parmi eux, 500 infirmiers et 50 médecins peuvent être mobilisables immédiatement en renfort », précise la région dans un communiqué.

Certains étudiants découragés

Laurent Wauquiez, en visite à l'IFSI ce vendredi 17 novembre, promet que ces missions seront rémunérées. L'agence régionale de santé aussi a confirmé qu'une prime serait versée aux étudiants mobilisés, une centaine d'euros par semaine pour les étudiants de 2ème année : «  Les temps sont difficiles. Par exemple, moi, je travaille le week-end mais là je ne peux pas le faire parce que je suis réquisitionné à l’hôpital », explique Samuel Jorge. Malgré le coup de pouce financier, cette période très dure décourage certains étudiants : « Il y a pas mal d'étudiants qui veulent arrêter mais on s'entraide, on en parle, la cohésion est là. Cette année je pense quand même qu'il y en aura plus d'un qu'ils feront une démission ou un report », craint Morgan Bernard, étudiant en 2e année. L'engagement de ces étudiants fait la fierté de leurs formateurs, qui promettent que ces heures données à l'hôpital seront prises en compte dans l'obtention de leur diplôme.
 
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