Puy-de-Dôme : comment le champignon joue un rôle important dans l'écosystème

A l’automne, les champignons pointent le bout de leur nez. Mais si ces organismes sont précieux dans les assiettes, ils le sont tout autant, pour l'environnement. C’est ainsi le cas dans la forêt de Saint-Germain-l’Herm dans le Puy-de-Dôme.
 
Les champignons jouent un rôle important dans l'écosystème de la forêt.
Les champignons jouent un rôle important dans l'écosystème de la forêt. © Stéphane Trentesaux / FTV
Dans la forêt de Saint-Germain-l’Herm, près d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme, les champignons s'épanouissent pleinement. Ces organismes ont un rôle clef dans l’écosystème. En effet, sans les champignons, pas de décomposition. Sans décomposition, pas de régénération. Les champignons sont, en somme, les garants de l'équilibre de l'écosystème forestier. Christian Hurtado, chercheur de la Société Mycologique, Botanique et Lichénologique d'Auvergne, explique : « On a un arbre qui est tombé il n’y a pas tellement longtemps, il y a 3-4 ans. Il va bien falloir le décomposer. Le début du processus se fait ».

Le rôle des micelles

ll s’agit d’un processus complexe. Ces excroissances colorées ne sont que la partie émergée du champignon. Chacun d'eux pénètre jusqu'au cœur du tronc de l'arbre par un système de ramification de fines racines, appelées micelles. Sous ce champignon, plusieurs mètres, voire plusieurs kilomètres de micelles d'entrelacent et se déploient. Christian Hurtado indique : « Elles ont déjà fait un travail, on voit que le bois commence à être décomposé ».

L'importance des insectes

Ces micelles se nourrissent de la lignine, c'est la biomolécule qui donne au bois sa rigidité. La lignine est indigeste pour les insectes. Les champignons la détruisent, les insectes n'ont plus qu'à finir le travail pour venir à bout du tronc d'arbre. Christian Hurtado poursuit : « On voit que les insectes xylophages, c’est-à-dire ceux qui se nourrissent du bois, commencent à faire leur travail, après le champignon. C’est ce qui va permettre de dégrader tous les arbres de la forêt qui sont tombés, toutes les branches, toutes les feuilles. Ici c’est bien avancé, c’est très tendre, on pourrait même ouvrir l’arbre ».

Le réchauffement climatique et ses conséquences

Mais il s’agit d’un équilibre fragile, menacé par la sécheresse, qui s'accentue d'année en année. Le chercheur raconte : « J’ai constaté depuis une vingtaine d’années qu’il y avait vraiment une baisse de quantité de champignons. Je ne parle pas que des comestibles, je parle des champignons en général. Il ne faut pas oublier qu’il y a 35 000 espèces de champignons, qui incluent 3 000 espèces de lichens ». Le lichen, lui, ne s'enracine pas dans les déchets organiques, il s'étend sur leur surface et se nourrit de ses propres composantes. Contrairement aux autres champignons, il est donc autosuffisant. Il est aussi plus résistant grâce ses substances, des acides aux nombreuses vertus thérapeutiques. Christian Hurtado indique : « Ces acides ont des propriétés anti-inflammatoires, anti-fongiques. On a même sur certains lichens dans les monts du Forez des lichens qui ont des substances actives contre l’hépatite C ». Les chercheurs explorent les propriétés du lichen depuis seulement deux siècles, le champ des possibles reste vaste et prometteur.
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Puy-de-Dôme : le rôle du champignon dans l’écosystème
                                
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