Bébé empoisonné au Destop : des parents dénoncent des violences potentielles dans une autre crèche du même gestionnaire à Lyon

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Suite à la mort d'une petite fille dans une micro-crèche People & Baby, des parents lyonnais ont décidé de témoigner de leur histoire avec le même gestionnaire. En novembre 2021, ils ont retiré leur fille d'une autre crèche suite à des soupçons de violences physiques.

Les langues se délient quelques jours après le décès d'une petite fille dans une micro-crèche à Lyon. Emilie Grégoire revient sur son histoire avec People & Baby, qu'elle accuse de négligence ou de maltraitance physique sur sa fille. Elle est en "colère" contre ce gestionnaire qu'elle n'estime pas capable d'accueillir de jeunes enfants dans de bonnes conditions. 

Première alerte 

En octobre 2021, Louise, sa petite fille de 3 mois, est inscrite à la micro-crèche le Nido de Sévigné dans le 3ème arrondissement de Lyon. Tout se passe très bien jusqu'au 24 novembre.

Ce jour-là, Emilie, sa mère, vient chercher sa fille pour la pause méridienne. Louise est en pleurs. On la prévient alors qu'un petit garçon se serait assis sur sa tête dans la matinée. "Cela m'a inquiétée, mais je me suis dit 'bon, ce n'est pas très rassurant mais c'est la première alerte'".

Deuxième alerte

Emilie ramène Louise pour l'après-midi. Le soir, c'est son papa qui vient la chercher. Nous sommes fin novembre. Louise est la dernière dans la crèche, il fait sombre. Son père ne remarque pas tout de suite les marques sur son visage. Ce n'est qu'à la sortie que l'agente lui signale un incident : un petit garçon aurait mordu Louise durant l'après-midi.

De retour à la maison, les parents observent attentivement leur enfant. Louise est effectivement marquée au visage. Ils tombent des nues. Les traces peuvent être interprétées comme étant des coups donnés par une main adulte. 

Deux certificats médicaux

"Hasard de calendrier, Louise avait rendez-vous avez sa pédiatre le lendemain pour ses 4 mois", explique Emilie. cette dernière demande alors au médecin d'examiner les marques. D'après elle, il peut s'agir effectivement de traces de gifle. Elle délivre un certificat médical décrivant ses observations. Inquiète de l'état de sa fille, Emilie souhaite avoir un second avis. Elle consulte une neuropédiatre, qui tire les mêmes observations et conclusions.

Confrontation avec la direction

Très énervés, les parents de Louise écrivent alors un mail à la direction de l'établissement, faisant part de leurs inquiétudes et exigeant des explications. Un rendez-vous téléphonique leur est proposé le lendemain.

Lors de cet entretien, les parents de Louise demandent s'il aurait pu s'agir d'un geste inacceptable d'un adulte. "Je m'attendais à ce que la directrice défendent ses équipes, qu'elle dise que c'est impossible mais elle est restée évasive", explique Emilie. Cette absence de réponse les choque. 

Dépôt de plainte

Avec son mari, elle demande alors expressément à la direction de coucher par écrit ce qu'il s'est passé ce jour-là. Ce rapport écrit ne leur a jamais été transmis. La confiance étant rompue avec la micro-crèche, Ils décident de retirer Louise de l'établissement, sans préavis. Ils décident également de déposer une main courante le soir même au commissariat de leur arrondissement.

Quelques jours plus tard, le 9 décembre, ils déposent plainte auprès de la Brigade Départementale de la Protection des familles. "Peut-être qu'un enfant a simplement frappé ma fille avec un jouet en bois. Auquel cas, il y a négligence. Mais peut-être s'agit-il du geste inacceptable d'un adulte. Dans les deux cas ce n'est pas normal", témoigne Emilie.

Affaire classée sans suite

Le parquet de Lyon nous indique que l'enquête "n’a pas permis de caractériser des faits de maltraitance". L'affaire sera prochainement classée sans suite.
Contacté à de multiples reprises, People & Baby n'a pas donné de suite à nos demandes.

Que dit la loi ?

Les cas de maltraitance sur mineurs ne sont pas uniquement des violences physiques. Les violences psychologiques, sexuelles et les cas de négligence sont également punis par la loi. De même, être complice de ces actes expose à une condamnation.

En décembre 2021, deux agentes d'une micro-crèche du Loiret ont été condamnées pour maltraitance sur mineurs. Une troisième a été condamnée pour complicité, faute de les avoir dénoncées.