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Métropole de Lyon 2020 : les points essentiels du débat du second tour diffusé sur France 3 Rhône-Alpes

Le débat du second tour des élections pour la Métropole de Lyon réunit les 3 finalistes : François-Noël Buffet (Les Républicains), David Kimelfeld (Divers centre) et Bruno Bernard (EELV et gauche). 

Le débat du second tour à la Métropole de Lyon réunit les 3 finalistes : David Kimelfeld, Bruno Bernard et François-Noël Buffet.
Le débat du second tour à la Métropole de Lyon réunit les 3 finalistes : David Kimelfeld, Bruno Bernard et François-Noël Buffet. © FTV

Pour ce débat du second tour des élections métropolitaines à Lyon, les 3 finalistes François-Noël Buffet, David Kimelfeld et Bruno Bernard sont nos invités. Et pour la première fois en France, le conseil métropolitain du Grand Lyon va être élu au suffrage universel direct. Les électeurs de Lyon et des communes de la métropole vont glisser un bulletin dans 2 urnes différentes.

Les invités du débat

Ils sont interrogés par Olivier Michel pour France 3 Rhône-Alpes, et Francis Ziegelmeyer, directeur départemental du Progrès dans le Rhône.

 

► Le débat

François-Noël Buffet et David Kimelfeld se sont montrés très offensifs l'un envers l'autre, tandis que Bruno Bernard est resté globalement à l'écart de ces attaques frontales.


"Les alliances ont toujours été possibles"

La première question s'adresse à Bruno Bernard pour savoir avec qui il serait prêt à gouverner après une éventuelle victoire?

"Mon enjeu, c'est d'avoir une majorité absolue et nous sommes les seuls à pouvoir l'avoir et à donner une stabilité à cette agglomération. Nous ferons le nécessaire pour être majoritaires dimanche et ne pas avoir ce type de question à se poser. "

Mais il n'exclue pas d'éventuelles alliances: "Ce sera toujours autour d'un projet, donc ceux qui voudront travailler avec nous sur ce projet, nous ouvrirons au-delà si nécessaire. Les alliances ont toujours été possibles. Moi je fais le nécessaire pour être élu dès dimanche soir."

 

Les Verts sont-ils diabolisés?

Le 11 juin dernier, lors d'une conférence de presse, Gérard Collomb critiquait le "péril vert" sur Lyon, et François-Noël Buffet expliquait de son côté ne pas vouloir d'un "baratin dogmatique" en critiquant "l'écologie père fouettard" et en critiquant les "menteurs".

Sur le plateau de notre débat, il dément pourtant avoir tenu de tels propos: "J'espère que avez vérifié ce que vous venez de dire, parce que je n'ai jamais tenu de tels propos. En tout cas personnellement je ne crois pas avoir tenu de tels propos, en tout cas ça me paraît tout à fait incertain. 'Menteurs' sans doute, mais pour le reste non. J'ai toujours respecté mes contradicteurs en politique."

En face de lui Bruno Bernard sourit jaune. François-Noël Buffet se dit sûr de gagner cette élection. Il affirme également que David Kimelfeld reprendrait "beaucoup de (ses) idées."

► Pour rappel, sur France 5, dimanche 21 juin, Christophe Marguin, un soutien de Pascal Blache, maire du 6e arrondissement de Lyon et d'Etienne Blanc (Les Républicains), déclenchait une première polémique à Lyon avec cette petite phrase, en parlant du parti écologiste: "Ceux qui me font de la peine, c'est les connards qui votent pour eux".

 

Comment amortir les effets de la crise économique et sociale ?

► Dans son programme, David Kimelfeld propose un fond de 200 millions d'euros pour prendre des parts dans les entreprises en difficulté, comme une forme de "nationalisation" locale.
Est-ce possible, légalement et juridiquement?
"Oui" répond-il. "Le gouvernement peut nous donner l'autorisation d'expérimenter ces nationalisations locales" précise le candidat. Il explique que cela servirait à accompagner des entreprises "stratégiques pour notre territoire." Il souhaite un effort de "relocalisation industrielle". 

 

"C'est plus un effet de plateau"

► "En ce qui concerne les nationalisations, c'est aujourd'hui impossible, c'est une promesse faite pour l'avenir. C'est plus un effet de plateau qu'un effet de réalité" rétorque François-Noël Buffet.
"C'est le retour à 1981, les grandes nationalisations de François Mitterrand. On a vu le résultat ça a été arrêté." François-Noël Buffet souhaite investir et aider "les filières d'excellence" comme les bio-techs, la sécurité, et les petites entreprises avec la préemption des fonds de commerce. Il plaide pour la rénovation énergétique des bâtiments, et pour 20% de logements de plus "à construire". Il affirme que l'activité économique a baissé de 34 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Il plaide pour que l'emploi soit "au coeur de l'action publique."

 

"Je n'accepte pas de votre part d'être mis en cause"


François-Noël Buffet et David Kimelfeld s'écharpent un court instant.

Le premier se demande pourquoi le second n'a pas déjà réalisé ces "nationalisations" locales quand il était en poste ?
"Il y avait la crise M. Buffet" répond le président de la Métropole. "Vous l'avez peut-être vécue d'un peu loin, du Sénat, mais nous, nous l'avons vécue sur le terrain." Il évoque un consensus à la Métropole avec tous les groupes pour des mesures d'urgence pour les entreprises.
"Je crois sincèrement M. Kimelfeld qu'il faut modérer le propos et la façon de dire les choses. Le parlementaire que j'étais a travaillé, sur son mandat de parlementaire mais aussi sur le territoire. Je n'accepte pas de votre part d'être mis en cause de quelque manière que ce soit, que les choses soient claires."

François-Noël Buffet affirme qu'il a demandé depuis des années la réalisation de ces préemptions foncières pour aider des entreprises. "Pendant des années la Métropole m'a dit non. Pas question. Nous n'avons pas besoin." Il précise lui-même que cela a été mis en place il y a un an et demi, mais que David Kimelfeld "faisait partie de l'exécutif" quand la mesure n'était pas en place.
 

Bruno Bernard, lui, veut accélérer les processus de commande publique, "dès le mois de juillet". Il évoque des projets "qui traînent un peu pour des raisons de PLUH, d'élections municipales." Il souhaite "transformer les commandes publiques" vers des dispositifs d'aides pour les entreprises respectant l'environnement et leurs salariés.
Il souhaite aider le secteur du tourisme, de l'évènementiel et de la culture par des fonds d'urgence.


► Bruno Bernard souhaite finir "les constructions qui sont en cours" dans le quartier de la Part-Dieu. Mais sur le long-terme, il veut en finir avec les constructions de bureaux dans ce même quartier, "pour mieux répartir les activités sur Lyon et l'ensemble de la Métropole."
Il souhaite 10.000 logements isolés par an: "C'est bon pour le climat, c'est bon pour la facture des habitants." Il évoque 200 millions d'euros de travaux pour les entreprises locales du bâtiment. "Quand on fait 450 km de réseau express vélo, c'est du travail pour les travaux publics. Une démarche zéro déchets, c'est 5.000 emplois créés.
Il appelle à un "cycle plus vertueux" pour les entreprises concernées par les 700 millions d'euros par an d'achat de la Métropole. 


Comment mieux se déplacer dans la Métropole et à Lyon ?

► Le transport "de surface" est privilégié par Bruno Bernard.

Il se justifie: "Le métro c'est 10-15 ans pour le faire. La dernière station de métro ouverte, c'est Oullins en 2013. On a fait 7 km. de tram, là où on aurait pu en faire beaucoup plus. On veut passer à 20 km de tram., c'est 20% de bus de plus. C'est des télécabines. C'est aussi lancer un métro. Tout cela est complémentaire." 

Sur la ligne E du métro de Lyon (de la Part-Dieu à l'étoile d'Alaï): "C'est ce que j'appelle une ligne politique, une promesse de Gérard Collomb en 2014, qui est maintenant avec M. Buffet et qui était à l'époque avec M. Kimelfeld, et qui n'a pas été faite."
Il affirme qu'il faudra choisir entre la ligne E, le prolongement de la ligne A à Meyzieux, la B à Rillieux - Caluire, ou la ligne D. "On fait une ligne de métro sur ce mandat, il faut faire un choix."
Selon lui, un métro entre la Part-Dieu et la place Bellecour coûterait 4 à 500 millions d'euros avec la ligne E, sur 10 ou 15 ans, contre 30 millions d'euros avec un tramway "en quelques années".


► David Kimelfeld pense que "sauver la planète" n'est pas la priorité première des usagers des transports, qui penseraient plus à la régularité et aux horaires des bus et métro: "On ne va pas mettre toutes les personnes âgées sur un vélo dès demain.
Il souhaite des "parkings relais importants, avec des lignes de bus express et des voies réservées. On a vu dans la dernière période qu'on était capables de déployer cela de manière extrêmement forte pour relier les lignes fortes de transports."

François-Noël Buffet plaide pour des "RER à la lyonnaise".

Il se dit pour des pistes cyclables, des déplacements piétons, des transports en communs, et la limitation de la place de la voiture. "Depuis 10 ans, la place de la voiture a baissé de 40% au sein de Lyon et Villeurbanne. Le problème c'est les 250.000 véhicules jour qui essayent de rentrer à l'intérieur de la Métropole tous les matins de la semaine. Il faut aller chercher avant 30 kilomètres les habitants pour qu'ils laissent leurs voitures, qu'ils prennent plutôt le train pour ensuite être rabattus sur des lignes de métro ou des transports en commun." Il veut desservir le Val-de-Saône avec une navette fluviale.
Coût du projet: 4 milliards d'euros sur la mandature, avec des co-financements.
En passant il critique les dernières pistes cyclables installées à Lyon: "La Métropole a rétropédalé" dit-il.  

 
Bruno Bernard se dit favorable à l'idée des "RER à la lyonnaise" de son adversaire. "Le problème, c'est que la Région a enlevé des moyens au train. J'espère que ça va changer très vite." Il insiste sur la marche à pied: "Il faut sanctuariser les trottoirs, (...) élargir et végétaliser la ville."


► David Kimelfeld critique le plan de son adversaire François-Noël Buffet: "ça sera à 10 ou 15 ans, donc celles et ceux qui aujourd'hui le vendent ne seront pas les comptables de ce qui sera fait ou pas fait".

- "C'est un procès d'intention" répond François-Noël Buffet.

- David Kimelfeld le tacle à nouveau, en évoquant le fait que son adversaire ne voudrait pas "sécuriser les transports en commun à travers la création d'une police métropolitaine".

François-Noël Buffet: "Pas du tout! La sécurité c'est un sujet prioritaire. Tolérance 0. On donne aux communes des moyens d'investir, de la vidéo-surveillance. On crée un centre de supervision urbaine. Embaucher 300 policiers à la Métropole c'est dépenser 12 millions d'euros par un trait de plume, immédiatement, peut-être même plus."

- David Kimelfeld: "C'est 0,5% du budget de la Métropole. Quand on est à ce niveau-là de pourcentage on peut l'assumer."

- François-Noël Buffet: "Pour vous rien n'a de prix !"

- David Kimelfeld: "Si monsieur. Je gère cette Métropole, et vous avez voté avec nous je crois le compte administratif, et il était extrêmement bon".

- François-Noël Buffet: "On s'est abstenus".

- David Kimelfeld: "François-Noël Buffet est un peu court sur la sécurité. Il l'était moins pour soutenir le programme d'Etienne Blanc qui voulait doubler les effectifs de la police municipale."


► Bruno Bernard se dit contre l'idée d'une troisième police "métropolitaine". Il veut doubler les effectifs des éducateurs de rue, "pour faire de la prévention", et maintenir les caméras de vidéo-surveillance à Lyon.
 

 

Quelle serait la toute première mesure pour les transports ?

François-Noël Buffet veut augmenter les horaires des transports en commun, débloquer des fonds pour l'extension du métro, et lancer immédiatement une négociation avec la Région pour les "RER".

Bruno Bernard veut immédiatement améliorer la desserte du parc de Miribel-Jonage, "parce que beaucoup de personnes ne pourront pas partir en vacances, qu'on est en période de canicule". Selon lui le parc est "sous-utilisé" à cause d'une mauvaise desserte.
Il promet une aide financière pour ceux qui devraient abandonner leur voiture: 500 euros pour l'achat d'un vélo électrique, ou un abonnement d'un an aux transports en commun. 
Dans son programme, il y a aussi le projet d'équiper de nombreux jeunes en vélos. L'idée est de récupérer d'abord les vélos inutilisés chez les particuliers, pour faire travailler des "ateliers de réparation", et les offrir à 10.000 jeunes selon des critères à définir en fonction des bourses, et avec des associations étudiantes.

David Kimelfeld veut lancer la construction des parkings relais en périphérie avec des bus express, "et lancer la police métropolitaine".
 

Comment mieux respirer en ville ?

François-Noël Buffet veut privilégier les transports en commun, rénover le patrimoine public et privé, aider la recherche et l'innovation et lutter contre les ilôts de chaleur de façon systématique.

David Kimelfeld plaide pour la végétalisation, pour les "îlots de fraîcheur". Il rappelle qu'il a doublé le budget de la rénovation thermique des bâtiments. 

Bruno Bernard: "Depuis 10 ans on sait tout cela. Aujourd'hui l'enjeu c'est de passer aux actes."

Pour revoir l'intégralité du débat diffusé sur France 3 Rhône-Alpes:

Le débat du second tour pour la Métropole de Lyon oppose David Kimelfeld, Bruno Bernard et François-Noël Buffet, diffusé sur France 3 Rhône-Alpes.



Le mode d'emploi du scrutin

Entre les élections municipales et métropolitaines, il y a quelques points communs:

 

► Le découpage électoral 

Pour les municipales, les 59 communes qui composent la Métropole de Lyon doivent élire leur maire.Pour les métropolitaines, le territoire est découpé en 14 circonscriptions.
Le nombre d'élus de chaque circonscription varie selon son poids démographique.  Le nombre de conseillers métropolitains va de 7 à 17. Villeurbanne est celle qui en compte le plus.

Les circonscriptions de Rhône Amont (Décines-Vaulx-en-Velin), Lônes et Côteaux (Givors, Oullins, Girgny) et Val-de-Saône, comptent 12 à 14 sièges chacun. Les circonscriptions de l’Ouest lyonnais, Lyon centre et Lyon Ouest comptent 11 sièges chacune.

Il y a donc, pour les métropolitaines, 14 élections, pour désigner 150 conseillers. Et c'est en additionnant les élus de ces 14 élections que l'on obtient au final la couleur politique majoritaire pour toute la métropole.

 

Les résultats du 1er tour 

(NB: les investitures ont pu changer depuis le 1er tour.)

L'abstention a atteint 60 à 70 % selon les circonscriptions.
Les écologistes sont arrivés en tête dans 8 circonscriptions, surtout urbaines.

 

Déceptions - fusions - trahisons

► Gérard Collomb pensait au départ réunir une vaste équipe gagnante autour de lui et de sa candidature à la Métropole. Au 1er tour c'est la douche froide avec une 4e position. Le maire de Lyon annonce officiellement sa fusion avec François-Noël Buffet lors d'une conférence de presse le 28 mai.

Est-ce la fin d'une ère politique pour celui qui était maire de Lyon pendant 3 mandats depuis 2001, et président de la Métropole depuis sa création en janvier 2015 ?

En tout cas sa décision a surtout provoqué le retrait de l'investiture de sa liste par le parti présidentiel LREM.

► L’alliance entre EELV, le Parti Socialiste et la France Insoumise a été plus rapide.

► Le président sortant de la métropole David Kimelfeld n’a noué aucune alliance.

 

Quelle abstention au second tour ?

Faire son marché et croiser des politiques, c'est un peu la grande tendance des semaines pré-élection.

Mais dans 34 communes de la Métropole, le maire a été élu dès le 1er tour, le 15 mars dernier, juste avant le confinement général. Il va donc falloir retourner aux urnes uniquement pour les élections métropolitaines dans 25 communes. Dans ces bureaux de vote, le taux d'abstention sera scruté de près par les observateurs politiques.

Ainsi à Fontaine-sur-Saône, le maire a été élu dès le premier tour le 15 mars dernier.

Quelques jours avant le second tour, les élections Métropolitaines n'étaient pas vraiment au coeur des discussions des habitants. "On vote dimanche aux Métropolitaines? Ah d'accord, je ne savais pas. Je n'ai pas suivi. J'étais persuadé qu'il n'y avait pas de second tour" nous dit cet habitant interrogé sur le marché, et un peu déboussolé.

"Je n'ai pas trop suivi, mais je pense que oui je vais voter" nous affirme une autre habitante. "Je me tâte, j'ai pas réellement suivi la campagne" nuance un autre habitant.

 

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