Soupçons "d'emplois fantômes" : retour sur une journée de tension pour Laurent Wauquiez

Selon les informations de la cellule investigation de Radio France, quatre salariés du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, basés à Paris, ne travailleraient pas sur des dossiers régionaux. Une enquête qui a perturbé l'assemblée plénière de la Région.

C'est une enquête de Radio France publiée ce jeudi 19 octobre qui a mis le feu aux poudres. Quatre proches de Laurent Wauquiez sont soupçonnés d'occuper des emplois fantômes au Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Selon la cellule investigation de Radio France, installées à Paris ces personnes ne travailleraient pas sur des dossiers régionaux. 

Une enquête qui s'invite dans les débats

L'assemblée plénière de ce jeudi à la Région Auvergne-Rhône-Alpes avait déjà un planning bien rempli : expérimentation de l'uniforme, candidature des Alpes aux Jeux Olympiques et paralympiques d'hiver 2030, soutien au peuple israélien...

L'enquête de Radio France s'est invitée à la réunion. Fabienne Grebert, a profité des débats sur l'orientation budgétaire pour tacler le président de région :  "Vous utilisez notre région comme marchepied de votre supposé destin national, avec des moyens financiers qui ne sont pas les vôtres".

"On ne peut plus tolérer ça dans une période d'austérité budgétaire !"

Fabienne Grebert, présidente des Ecologistes à la Région

L'opposition demande des comptes

Au micro de Tifany Konate pour France 3, Najat Vallaud-Belkacem, présidente du groupe SED (Socialiste, écologiste et démocrate), a exprimé son indignation. "Après l'affaire des diners des sommets, après les frais de communication totalement exorbitants de cette région, cette affaire d'emplois fictifs est une illustration de plus de l'absence de transparence de la façon dont Monsieur Wauquiez gère les finances de cette région et montre à quel point il est complètement obsédé par son avenir politique."

L'élu de gauche fait ainsi référence aux ambitions nationales du président de région, qui vise les élections présidentielles de 2027. "Il dépouille la région de moyens qui devrait être mis au service de la région ", conclut Najat Vallaud-Belkacem

L'homme à abattre ? 

Dans un communiqué de presse de quatre pages, la Région dément les affirmations de l'enquête de Radio France. "C'est une enquête qui est menée à la hâte, assure Nicolas Daragon, maire (LR) de Valence et vice-président délégué au personnel, à l'administration générale et aux finances.

"On ne vise pas la région, mais Laurent Wauquiez, parce qu'il monte dans les sondages."

Nicolas Daragon, Vice-président en charge du budget

 "Comme beaucoup de collectivités locales, la région a une antenne à Paris, où il y a des employés de la Région qui travaillent, parce que nous avons des missions à accomplir auprès des institutions parisiennes et parce que le président va régulièrement à Paris pour rencontrer les ministres, les parlementaires, les chefs d'entreprise", justifie-t-il.