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Chambéry : le Bastion social ferme son local mais promet que “le combat ne fait que commencer”

Le local du groupe identitaire, ouvert il y a près d'un an, a été fréquemment vandalisé. / © Bastion Social Chambéry / Facebook
Le local du groupe identitaire, ouvert il y a près d'un an, a été fréquemment vandalisé. / © Bastion Social Chambéry / Facebook

Groupuscule aux idées proches de l'extrême-droite, le Bastion social n'aura plus pignon sur rue à Chambéry. Les occupants ont quitté les lieux sans attendre une décision de justice mais promettent de "continuer le combat".

Par @F3Alpes

Le Bastion social de Chambéry n'est plus. Près d'un an après son ouverture, le local situé sur l’avenue de Lyon a été libéré par ses occupants qui ont rendu les clés au propriétaire sans attendre une décision de justice. Car de nombreuses voix se sont élevées en faveur de la dissolution de ce mouvement proche de l'extrême droite, jusqu'au sommet de l'Etat.

Emmanuel Macron avait notamment demandé, lors du dîner du CRIF en février 2019, la dissolution nationale de cette organisation qui se présente comme une association caritative. Une demande appuyée par Christophe Castaner, ministre de l'intérieur, le 20 mars en conseil des ministres. Le maire Les Républicains de Chambéry, Michel Dantin, avait auparavant écrit au gouvernement pour plaider la fermeture du local "au vu des risques [qu'il] fait peser sur l'ordre public".
 

Et pour "fêter" cette fermeture, les membres du Bastion social de Chambéry ont organisé une soirée vendredi 29 mars : la "noche de la dissolucion". Dans un communiqué, l'association prévient : "Vous pouvez dissoudre un mouvement, pas une communauté". "Un mouvement n'est rien d'autre qu'un outil. Un outil peut défaillir mais la cause qui l'anime reste intacte et trouve toujours de nouveaux moyens de s'exprimer", peut-on également lire dans ce document qui se conclue en promettant que "Le combat pour la libération du peuple Français (...) ne fait que commencer".
 

Le propriétaire du local loué par le Bastion social pensait faire affaire avec une association appelée "Les Petits Reblochons" quand il a signé le bail. Il s'était dit berné, affirmant vouloir saisir la justice : "Il y a eu tromperie pour dissimuler les véritables occupants". Mais les membres du groupuscule n'ont pas souhaité en arriver là et ont évacué les lieux sans attendre, affirmant ne pas "reconnaître la légitimité" de la justice en France.

Depuis son installation dans la capitale de la Savoie en février 2018, le local a fait l'objet de nombreux actes de vandalisme. Une manifestation réunissant près de 400 personnes avait également été organisée contre l'ouverture du local, surnommé "l'Edeilweiss".

 

Lutte contre le "grand remplacement"


Émanation du syndicat étudiant "Groupe union défense" (GUD), le mouvement se pose "en défenseur du droit fondamental pour chaque peuple de vivre dans sa patrie selon ses normes culturelles, religieuses, linguistiques, ethniques", selon son site internet. "Préférence nationale, usage de la violence, rejet de l’étranger et de l’ordre républicain, tel est le véritable visage du Bastion Social", déploraient 73 parlementaires dont Patrick Mignola, député de la Savoie, demandent au Premier Ministre de dissoudre le groupuscule en novembre 2018.
 

Bastion social s'inspire du mouvement italien CasaPound et adhère aux thèses du "grand remplacement", qui prophétise la disparition des "peuples européens". Il affirme également lutter contre le "capitalisme ultralibéral" et veut offrir son aide aux plus démunis, mais français seulement.

Très discret sur le nombre de personnes qui composent vraiment ce mouvement, il a tenté d'essaimer d'autres villes comme Strasbourg ou Aix-en-Provence. A Clermont-Ferrand, le groupuscule identitaire a jeté l'éponge en octobre quelques mois seulement après l'ouverture de son bar associatif, se disant "sous pressions policières, administratives et juridiques".

Et à Lyon, c'est la municipalité qui a fermé son "Pavillon noir" dans la vieille ville un mois plus tard. Plusieurs de ses membres ont été condamnés pour violences. Et son ancien leader national Steven Bissuel s'est retiré en septembre après une condamnation à 20 000 euros d'amende pour avoir notamment publié sur les réseaux sociaux un dessin d'une étiquette de bouteilles de jus de fruit détournée, avec l'inscription "Shoasis". Si le mouvement sera également privé de local à Chambéry, ses membres promettent (à demi-mots) de continuer à mener leurs actions.

 

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