Le port du masque obligatoire en Savoie, y compris dans les espaces naturels : une "mesure idiote" pour les promeneurs

Depuis le 3 novembre, l'obligation du port du masque a été étendue à tout l'espace public de la Savoie, y compris en pleine nature. Une mesure que les promeneurs ne comprennent pas. 

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Impossible désormais pour les Savoyards de tomber le masque dans l'espace public. De 6 heures à 21 heures, son port a été rendu obligatoire dans tout le département, y compris dans les espaces naturels, depuis le 3 novembre. Au grand dam des promeneurs, qui peinent à comprendre cet arrêté préfectoral visant à lutter contre la pandémie Covid-19, qui touche durement le département
 
La mesure fait une exception pour les personnes handicapées, les conducteurs de deux-roues et les sportifs. La marche n'est cependant pas considérée comme une activité sportive par la préfecture. 

Pour Jean-Luc Petit-Gas, président de la fédération de randonnée pédestre de Savoie, le problème vient de l'imprécision des consignes. "Personne n'est d'accord avec ce qu'il se passe en ce moment. Le virus ne se promène pas dans les parcs naturels s'il y a peu de monde. Lorsqu'on y est tout seul, on ne porte pas de masque. Il y a moins de risque de s'y faire contaminer que dans un supermarché. Il faut être raisonnable. C'est une mesure idiote : elle n'est pas logique, mais administrative. Donc les gens ne la respectent pas", avance-t-il.
 
Eric Charamel, président de la compagnie des guides de la Vanoise, temporise : "La montagne est un espace public, on doit donc y respecter les décrets. Mais il y a du bon sens à avoir : dans un jardin public, où il y a beaucoup de monde, il faut respecter les gestes barrières. Mais lorsqu'on est en face de personne, haut dans la montagne comme c'est le cas pour nous, professionnels, le port du masque n'a pas de raison d'être. Mis à part faire peur aux chamois !"
 

Une demande "d'accès responsable à la nature" durant le confinement

L'obligation du port du masque dans les espaces naturels vient s'ajouter à une autre mesure déjà contestée par de nombreux montagnards : l'interdiction de se déplacer à plus d'un kilomètre de son domicile pendant plus d'une heure pour exercer une activité physique. Une pétition, recueillant plus de 180 000 signatures, a été lancée pour demander "un accès responsable à la nature" durant le confinement.
 
"Il y a tout autant de risque de se blesser pour un marcheur en forêt que pour un cycliste qui se rend au travail. Bien sûr, il ne faut pas se lancer dans de l'escalade par exemple, mais l'argument selon lequel un accident survenu lors d'une sortie encombrerait les secours, c'est n'importe quoi. C'est aberrant !" souligne Jean-Luc Petit-Gas. 

Des dérogations ont été mises en place pour les guides de haute-montagne ou les chasseurs, dans certaines situations. Mais pour le promeneur lambda habitant à plus d'un kilomètre des espaces naturels, il faudra attendre la fin du confinement. "Il faut faire preuve de responsabilité individuelle et collective, exhorte Eric Charamel. Car si on continue sur les tendances actuelles, nos stations de ski ne pourront pas ouvrir."
 
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